Truck, Charles, Ferdinand
Biographie
Né (bien sous le nom de Truc dans l’acte de naissance) le 8 pluviôse an XIII (28 janvier 1805) (par erreur le 8 pluviôse an XI in Archives nationales F/1dIII/34) (mais le 28 janvier 1810 in Archives de Paris VK3 27, sur le registre qu’il signe ; le 28 janvier 1809 in Archives de Paris VK3 28) à Durbuy (Sambre-et-Meuse ancien département de Belgique) dans le Luxembourg, de Truc, Noël, et de Thonet, Marie, Françoise son épouse. Menuisier. Il était, le 29 juillet vers 9 heures du matin, à une fenêtre du second étage de la maison du 3, rue Thiroux, armé d’un pistolet et, après avoir épuisé ses munitions, lançait des bouteilles sur un détachement de la garde royale qui passait dans la rue, quand il fut blessé d’une balle qui lui traversa la main droite. Il fut soigné à partir du 1er août à l’hôpital Beaujon jusqu’au 29 octobre. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Nous, soussignés, habitants du quartier de la Chaussée-d’Antin et notamment de la rue Thiroux, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Truck, Charles, Ferdinand, menuisier, demeurant rue Saint-Lazare, n° 142, a vaillamment combattu dans les journées à jamais mémorables des 27, 28 et 29 juillet, pour la cause de la liberté. Il reçut, le 29 juillet, dans la rue Thiroux, à 10 heures du matin, une balle qui lui a coupé un doigt et fracassé entièrement le poignet. Il ne reçut cette blessure qu’après avoir épuisé les cartouches qu’il possédait. Alors il s’est servi des bouteilles qui se trouvaient sur la fenêtre de la chambre où il était pour en assommer la garde royale. C’est au moment où il voulait renverser sur la troupe la caisse qui ne contenait plus que des bouteilles cassées par les balles des soldats, qui firent plusieurs feux de peloton sur lui que cette catastrophe lui est arrivée. Quarante-cinq balles sont encore dans la chambre où il s’est défendu. Cette blessure le met pour sa vie hors d’état de travailler. Sa bravoure est au-dessus de tout éloge et c’est pourquoi nous lui délivrons le présent pour lui servir au besoin. » Signé le 27 octobre 1830 : Andrey père et fils, demeurant 3, rue Thiroux ; Gaveaux, propriétaire, demeurant 3, rue Thiroux ; Barre, demeurant 4, rue Thiroux ; Silvestre fils, libraire, demeurant 8, rue Thiroux ; illisible, pâtissier, demeurant 9, rue Thiroux ; illisible, chapelier ; Traversier, J., « locataire de la chambre mentionnée ci-dessus », demeurant 3, rue Thiroux ; Bouchez, propriétaire, demeurant 41, rue Caumartin ; Ouin, demeurant rue Thiroux ; Jullienne, marchand faïencier, demeurant 12, rue Thiroux. Le deuxième : « Je, soussigné, certifie à tous qu’il appartiendra que le sieur Charles Truck, menuisier, a été blessé sous mes yeux le 29 juillet dernier vers 10 heures du matin, dans une maison rue Thiroux, n° 3, au moment d’une fusillade très vive dirigée sur la croisée de ladite maison de laquelle il vivait. » Signé, le 27 novembre 1830 : Bucquet, A., propriétaire, capitaine commandant la 1re compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 8, rue Thiroux. Le troisième : « Je, soussigné, capitaine au 53e de ligne, certifie que le 29 juillet dernier, lorsque je me retirai vers la barricade du côté de la rue des Mathurins, un jeune homme qui était au nombre des combattants et qui se conduisait avec bravoure, se présenta devant moi, armé de pistolets, croyant sans doute que je voulais faire feu sur le peuple ; mais, comme je n’y était nullement disposé, je lui représentai que les Français ne devaient pas s’entretuer. Alors ce jeune homme disparut dans la mêlée au moment où il survint dans une rue voisine un peloton de la garde royale, où une action assez vive s’engagea et où probablement ce jeune homme fut blessé. J’ignorai son nom mais comme il vient de m’écrire pour me réclamer le présent certificat je sais qu’il se nomme Truck, Charles, Ferdinand. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent certificat pour lui procurer tous les avantages qu’il mérite. » Signé, le 20 novembre 1830 : pas de nom apparent. Ses démarches furent appuyées par plusieurs personnes, comme le témoigne cette lettre (dont on ne connaît pas le destinataire) : « J’eus l’honneur ce matin de présenter à notre bien aimé général (Lafayette ? N.D.A.) un nommé Truck, dont ci-joint la pétition et les certificats, dont l’un a été revêtu d’une apostille de monsieur votre père, qui a bien voulu nous combler de bontés lors de notre visite et nous dire qu’il parlerait de l’affaire du jeune blessé, auquel tous les marchands de ma rue prennent un grand intérêt, à cause de la bravoure qu’il a montrée devant nos magasins pendant les journées mémorables. Je vous prie donc, Monsieur, d’après les vœux de tous les commerçants de la rue Thiroux et encouragé par les glorieux témoignages dont notre bon général a bien voulu nous honorer de prendre sa demande en considération. Il n’a pas pu l’adresser plus tôt parce qu’il a été retenu par sa blessure, qui a manqué de le faire mourir. » Signé le 29 novembre 1830 : Silvestre fils, libraire, grenadier de la 3e compagnie du 2e bataillon de Ire légion de la garde nationale, demeurant 8, rue Thiroux. On trouve aussi dans son dossier un certificat qui atteste le soutien qu’il procurait à sa mère : « Nous, soussigné, Augustin Duchesne, premier échevin de la Régina de la ville de Durbuy (Luxembourg, ND.A.), déclarons en faveur de vérité que Marie, Françoise Thonet, domiciliée en cette ville, veuve de Noël, Truc (sic), depuis nombre d’années, est mère de six enfants, tous vivants, que l’aîné de ses garçons, Charles Truc (resic), demeurant à Paris, est le seul qui ait un état qui le mette à même de la secourir dans la malheureuse position où elle se trouve depuis son veuvage, que nous ne lui connaissons pas assez de ressources pour pourvoir à son existence sans les secours de son fils Charles et qu’en conséquence nous engageons toute personne à même de la secourir de lui prêter aide et assistance. » Signé à Durbuy, le 20 octobre 1830 : Duchesne. Il reçut un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de vingt-cinq francs le 31 juillet 1830 (mais un total de quatre cent quatre-vingt-dix in Archives de Paris VK3 28), un secours de quatre-vingts francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de cent quarante francs en novembre, un secours de quatre-vingt-dix francs en décembre, un secours de quatre-vingt-dix francs en janvier 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs en mars, un secours de quatre-vingt-dix francs en avril, un secours de quatre-vingt-dix francs en mai, un secours de quatre-vingt-quatre francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et un secours de vingt-cinq francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Le 2 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement. comparurent : Gaveau, Etienne, né vers 1785, salpêtrier, demeurant 3, rue Thiroux ; Andrey, Hyacinthe, né vers 1801, chaudronnier, demeurant 3, rue Thiroux ; Ouin, Jean, Charles, Louis, né vers 1791, menuisier, demeurant 1, rue Thiroux. Ils attestèrent parfaitement connaître Truck, Charles, Ferdinand et « savoir qu’étant à une croisée au second étage d’une maison rue Thiroux n° 3, le 29 juillet dernier à environ 9 heures du matin, il a été atteint dans la main droite d’une balle qui lui a traversé cette main et dont il n’est pas encore guéri ; que le coup de feu a été tiré par un détachement de l’ex-garde royale, qui passait alors dans la rue ; que ce jeune homme était armé d’un pistolet, dont il avait déjà tiré plusieurs coups sur cette troupe, en se défendant contre cette troupe ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 14 décembre 1830, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la main droite, de l’extrémité du médius, qui a été détruit, à la paume et au dos de la main en traversant la carpe, blessure non encore cicatrisée et qui doit laisser après elle une incapacité durable de la main. Est dans le cas des blessures qui ont entraîné des infirmités ou des déformations qui équivalent à la perte d’un membre et doit être rangé dans la 8e classe des blessés. » En mai 1831, souffrant de ne pouvoir travailler et d’être sans ressources suffisantes, il signa, avec Frétigny, Gavot, Moreau, Leporcher, Joly, Raout, Hauchecorne, Burtaire, Leblond et Thénadey une pétition afin de faire activer les décisions de la Commission des récompenses nationales sur la fixation des pensions. Il fut admis dans la 8e classe des blessés et pensionné de huit cents francs (sous le nom de Truc, Charles, Ferdinand, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il lui fut accordé, à titre de blessé de cette 8e classe, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Truck , qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François , Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste à Palbra, Armand, Pierre) de la pétition qui, le 9 mai 1831, protestèrent contre les conditions dans lesquelles s’était faite la réunion du passage Saumon et réaffirmaient sa fidélité à Louis-Philippe. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, considérant qu’ils doivent à leur conscience de manifester leur opinion sur le résultat de la séance tenue au passage du Saumon, le 6 mai dernier, ont arrêté de rendre publique la déclaration suivante. Les hommes de Juillet, dévoués avant tout à leur pays ont combattu pour renverser l’arbitraire, secouer le joug qu’on voulait imposer à la liberté, renverser du trône le roi parjure. Déposant les armes immédiatement après leur victoire, ils accompagnèrent de leurs acclamations le lieutenant-général du royaume à l’Hôtel de ville et bientôt après reconnurent en lui le roi des Français, le roi citoyen. Fidèles à leur dévouement, ils ne demandèrent, ils ne sollicitèrent aucune faveur ; la loi du 13 décembre 1830 décerna des récompenses nationales à ceux qui dans les grandes journées de Juillet avaient sauvé la patrie, versé leur sang pour elle et mérité par leur conduite de voir leurs noms inscrits aux tables de nos lois. Une commission dont les membres choisis parmi les citoyens qui avaient pris la part la plus glorieuse aux événements de la grande semaine fut instituée ; un travail long et consciencieux fut le résultat de recherches et d’investigations pénibles ; le zèle des commissaires et des jurés quoique toujours à l’épreuve ne se ralentit pas ; enfin 1528 citoyens furent désignés par la Commission pour recevoir la décoration spéciale que leur accordait la loi. Immédiatement un rapport présenté au roi par le président du Conseil des ministres lui proposa de décerner lui-même ces récompenses au milieu des trophées de notre gloire militaire, sous les yeux de nos héros mutilés, dans le temple même où Napoléon voulut rehausser l’éclat de l’ordre qu’il avait fondé, par la vue de nombreux étendards conquis par le courage français, au nom de la patrie et de la liberté. Le rapport du ministre fut suivi d’une ordonnance qui apporte deux modifications dans la proposition de la Commission, l’une repose sur la couleur du ruban, l’autre sur l’inscription ajoutée à la décoration ; l’ordonnance prescrit en outre la formule suivante du serment que doit prêter chaque décoré : “Je jure fidélité au roi des Français, à la charge constitutionnelle et aux lois du royaume.” Les soussignés n’entreprendront point de combattre les motifs qui ont engagé leurs camarades à repousser les dispositions qui viennent d’être énoncées, ils se contenteront seulement de manifester leur opinion quant à ces dispositions. Les soussignés auraient vu avec satisfaction que l’ordonnance du roi maintînt la couleur du ruban proposé par la Commission, attendu que celui adopté est identiquement semblable aux deux ordres espagnols créés en 1808 et 1809 (Voyez la Collection historique des ordres de chevalerie par Perrot, Paris, 1820, deux volumes in 4° n° 42 et 45). Ils déclarent que ces mots Donné par le roi ne changent pas à leurs yeux la nature de la récompense, qui est et ne peut être qu’une récompense nationale et non une faveur royale ; qu’ils ne voient dans ces mots Donné par le roi que l’expression manifeste du désir de Sa Majesté d’associer son nom aux événements glorieux de Juillet, attendu que le roi ne peut aux termes mêmes de la loi ajouter ni retrancher aux noms inscrits par la Commission des récompenses nationales. Quoique, selon eux, aucune disposition législative ne les contraigne à la prestation du serment déterminé par l’ordonnance du 30 avril dernier, ils déclarent qu’ils prêteront serment de fidélité au roi des Français, gardien de la liberté, à la charte constitutionnelle qui la consacre, aux lois du royaume qui la présenteront enfin dans tout son éclat ; ils ne voient dans ce serment ni un acte de féodalité, ni un souvenir du Moyen Age, ni un lien de vassalité. Ils ont trop de franchise pour ne pas déclarer qu’armés pour la liberté, ils ont déposé les armes lorsqu’elle fut reconquise et qu’ils sauraient les reprendre de nouveau si jamais elle était menacée. » Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 16 août 1831, et son brevet le 17 août de la même année. En 1831, il lui fut délivré un chapeau et un habillement complet de la part de la Commission du (ancien) Ier arrondissement. En date du 13 septembre 1830, le bourgmestre de la ville de Durbuy (Luxembourg) avait délivré le certificat suivant : « Nous, bourgmestre et échevin de la ville de Durbuy, certifions et attestons à tous qu’il appartiendra que Marie, Françoise Thonet, domicilié ici avec un de ses fils en bas âge, est restée veuve de feu Noël Truc, en son vivant menuisier, depuis l’an 1820 ; qu’à cette époque se trouvant obérée de dettes par maladie et privée de ressources ce n’a été qu’au moyen de l’aliénation d’un jardin qui lui était d’une nécessité absolue qu’elle est parvenue à élever ses enfants et pourvu à leur sustentation ; que depuis trois à quatre ans que son fils Charles Truc, ouvrier menuisier, actuellement à Paris, n’a cessé de lui remettre une forte partie du produit de ses journées, ce qui nous pense à le regarder pour seul et unique soutien de sa mère et de son jeune frère ; certifions au surplus que ladite veuve est âgée de cinquante-neuf ans ; qu’elle est d’une conduite irréprochable à tous égards, étant issue d’honnêtes et responsables parents. » Il était célibataire en 1830. Il demeurait 142, rue Saint-Lazare en 1830-1831 (par erreur 52, rue Saint-Lazare sur les listes du Constitutionnel et in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1 mais bien 142, rue Saint-Lazare in même référence liasse 7). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65, (sous le nom de Truck), liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement, p. 94 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des blessés pensionnaires, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet, idem Etat nominatif des blessés, veuves, orphelins, etc. qui ont reçu pour le mois d’octobre 1831 des secours sur le fonds de 4 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 26 juillet 1831, idem Etat des secours accordés pour le mois de septembre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur les fonds de 2 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 1er août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet, pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, (ancien) Ier arrondissement, liasse 1, liste des blessés qui ont été classés (sous le nom de Truck, Charles, Frédéric), idem liasse 2, état des dépenses du 31 juillet au 31 août inclus 1830, idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés) , idem liasse 7 liste des secours aux blessés ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 (sous le nom de Truck) ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des ascendants, veuves et blessés de Juillet qui ont reçu par les soins de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement les certificats d’inscriptions au grand livre de l’indemnité qui leur a été accordée par la Souscription nationale et dont le récépissé desdites inscriptions est envoyé à M. le préfet de la Seine conformément à sa lettre du 23 avril 1832, idem Souscription nationale, bordereau nominatif des inscriptions au grand livre dont les noms sont inexactement écrits et qui sont renvoyés à M. le préfet conformément à sa lettre du 26 novembre (pour changer le nom de Truc en celui de Truck), idem un billet, en date du 16 août 1831, pour un chapeau, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés 8e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 13 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates (sous le nom de Truc), idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 8e classe, idem même référence un registre de pensionnés (blessés pensionnés) ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/33, état nominatif des blessés pensionnés présumés non naturalisés français ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Frétigny, Cyr, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris (sous le nom de Truck) et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, blessés de la 8e classe (sous le nom de Truc, Charles, Ferdinand) ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166.