Truelle, Alphonse

Biographie


Né le 19 juillet 1794 à Troyes (Aube). Négociant. Il était juge au tribunal de commerce en 1830 et siégeait en audience, le 28 juillet 1830, avec Lemoine-Tacherat (voir Lemoine-Tacherat, Jean-Baptiste, Joseph), Gisquet (voir Gisquet, Henri, Joseph), Ganneron (voir Auguste, Victor, Hippolyte) et Lafond (voir Lafond, Antoine, Narcisse) quand le tribunal prononça la nullité des ordonnances royales du 25 juillet et autorisa les imprimeurs à poursuivre leurs travaux de parution des journaux. Il faisait partie avec Lavocat Gaspard, Guinard Joseph Auguste, Tonnet Renaud Olive, Chevallier, et Payen Anselme (voir ces noms) des six membres de la Commission des récompenses nationales nommés par arrêté du préfet de la Seine, chargé quant à lui de représenter la banlieue nord. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il était commissaire de la Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Un rapport, en date du 18 mars 1831, de la division des gardes nationales et adressé au ministre de l’Intérieur, à l’effet de faire décerner la décoration de la Légion d’honneur à Truelle et à Benoist, Jacques, Gabriel (voir ce nom), était ainsi rédigé : « J’ai l’honneur de mettre sous vos yeux les demandes de deux croix d’honneur, qui ont été faites par M. Le préfet de la Seine, par M. le sous-préfet de Saint-Denis, par le corps des officiers de la IIe légion de la banlieue et enfin par M. Evariste Dumoulin (voir ce nom), capitaine de la IIe légion de la banlieue, en faveur de MM. Benoist, colonel de la Ire légion de la banlieue, et de M. Truelle, lieutenant-colonel de la IIe légion du même corps. Les titres de ces deux officiers à cette heureuse récompense sont constatés par de nombreux et recommandables témoignages. […] M. Truelle a des titres non moins réels à la bienveillante justice du roi. Aucun sacrifice ne lui a coûté pour assurer dans les précédentes élections le triomphe des opinions constitutionnelles. Membre du tribunal de commerce de Paris au moment de la révolution de Juillet, il signa, sous le feu de l’ennemi, l’arrêt de ce tribunal qui protestait contre les ordonnances du 25. M. Truelle a fait partie de la Commission centrale des secours aux blessés et, depuis, il a été nommé membre de la Commission des récompenses nationales. Les faits précédents me dispensent, je crois, monsieur le ministre, de parler des services que M. Truelle a pu rendre depuis comme lieutenant-colonel de la IIe légion de la banlieue. La démarche que fait en sa faveur le corps des officiers de cette légion les démontrent suffisamment […]. » Truelle fut fait chevalier de la Légion d’honneur par ordonnance du 22 mars 1831. En novembre 1830, tenant un lavoir de laines à Suresnes, il adressa comme membre de la commission de secours pour les combattants de Juillet, la lettre suivante concernant la femme Latour (voir ce nom) : « La femme Latour, son mari et Batault, leur cousin, tous trois ouvriers employés dans mon établissement, se trouvant le 29 juillet à Neuilly, furent assaillis par des soldats de la garde royale. Batault fut tué sur la place, Latour fut blessé de plusieurs coups de baïonnette et sa femme, qui elle-même lutta contre ces forcenés, reçut des coups violents, principalement dans les reins. Ces blessures et la révolution qu’elle éprouva lui occasionnèrent des attaques d’épilepsie qui, depuis ce moment, se renouvellent plusieurs fois par semaine. Cette affreuse maladie la met dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail, son seul moyen d’existence. Sa santé, qui avant était des plus robustes, se trouve aujourd’hui dans un état déplorable. Cette malheureuse mérite le plus grand intérêt car il est probable que toute sa vie il lui soit impossible de pourvoir à ses besoins. Comme membre de la commission de secours, je lui ai déjà alloué une première indemnité. Je la recommande, maintenant, d’une manière toute particulière à la bienveillance des personnes qui sont chargées d’acquitter la dette que l’Etat a contractée envers les malheureuses victimes des événements de Juillet. » En 1830, il était membre du tribunal de commerce et lieutenant-colonel de la IIe légion de la banlieue. Il fut, le 1er décembre 1833, avec vingt-six autres officiers de la garde nationale parisienne, curieusement nommé officier de l’ordre de Léopold, par le nouveau roi des Belges, qui voulait, expliquait-il de manière quand même un peu compliquée « donner à la garde nationale de Paris un témoignage public de notre estime pour l’appui constant qu’elle a prêté au bon ordre dans un pays dont les destinées sont étroitement liées à celle de la Belgique ». Il demeurait 21, rue des Petites-Ecuries en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives nationales F/1dIV/B/6 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/1dIV/L/13 Récompenses honorifiques in dossier Lemoine-Tacherat, Jean-Baptiste, Joseph ; Pasinomie ou collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique, troisième série, Bruxelles chez Tarlier, 1834, p. 306.

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