Truffaut, Charles, Adrien

Biographie


Né vers 1804 à Chef-du-Pont (Manche). Menuisier. Le 28 juillet vers midi, au Musée d’artillerie, il trouva cinq à six cents carabines, fusils et sabres, contenus dans six caisses, cachées dans un cabinet dont la porte était masquée et fermée par trois cadenas, sous la tenture de papier du premier étage. Il en fit la distribution aux combattants, à Saint-Thomas-d’Aquin. Lui-même armé jusqu’aux dents, participa à l’attaque de la caserne Babylone. Un peu plus tard, il réussit à désarmer un gendarme à cheval, distribua les armes qu’il avait et garda pour lui la carabine et le sabre du gendarme ; il conduisit le cheval à la caserne de la rue de Tournon. La chronique des premiers jours de la révolution rapporta ainsi son activité : « M. Truffaut, menuisier, […] parvint à obtenir d’un Suisse la confidence du lieu où se trouvait un dépôt d’armes, s’y rendit ; on en distribua plus de six cents aux citoyens. » Peu après la révolution, ayant quitté Paris faute d’ouvrage, il ne demanda la décoration de Juillet qu’en novembre 1831, « trompé dans la confiance d’une personne restée à Paris, qui devait faire valoir les droits qu’il a à la récompense du gouvernement ». Il présentai à l’appui de sa demande trois témoignages qui attestaient sa conduite. Le premier celui d’Hyppolite, demeurant chez M. de Vasseur, 7, rue Taranne, et ainsi rédigé : « Je déclare avoir vu le 28 juillet au Musée d’artillerie, le sieur Trufffaut, acharné à ouvrir la porte d’un petit caveau qui contenait plusieurs caisses d’armes ; il s’est armé jusqu’aux dents. Aussitôt se rendant au Louvre, dès qu’il vit que tout était fini, il s’est transporté de suite à la caserne Babylone. Dans le combat le plus meurtrier, il montra son courage intrépide. Je peux dire qu’il s’y est comporté avec prudence et qu’il s’est rendu digne de tout éloge. » Le second témoignage, de Gondret, électeur, marchand de nouveautés, caporal à la XIe légion de la garde nationale, demeurant 7, rue de Vaugirard en 1830, était ainsi rédigé : « Je soussigné, certifie avoir vu distribuer aux combattants à Saint-Thomas-d’Aquin environ cinq à six cents fusils, carabines et sabres, contenus dans six caisses qui ont été trouvées par le nommé Truffaut, menuisier, restant rue du Dragon, n° 8, dans un cabinet dont la porte était cachée et fermée par trois cadenas sous la tenture en papier au premier étage. C’etait le 28 sur les midi. Je certifie en outre qu’il a couru de grands dangers lorsqu’il a voulu enfoncer la susidte porte. Je certifie encore d’avoir rencontré toujours ledit Truffaut partout où il y avait du danger, n’ayant jamais les mêmes armes car étant de retour de Babylone il avait un fusil à piston, deux poignards et un sabre. Par son intrépidité ordinaire, il est parvenu à blesser un gendarme et à le désarmer. Il a aussitôt distribué aux combattants les armes qu’il avait, pour s’emparer de la carabine et du sabre du gendarme et du cheval, que je l’ai vu conduire sur les environs de 3 heures le même jour dans la cour de la gendarmerie, rue de Tournon. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il demeurait 8, rue du Dragon en 1830 ; à Bayeux en 1830-1832. Le Constitutionnel, 12 août 1830 (sous le seul nom de Truffaut) ; Archives nationales F/1dIII/77.

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