Uscant, Pierre, François
Biographie
Né le 29 mars 1788 à la paroisse de Saint-Sulpice, d’Uscant, Pierre, et Prottier, Marguerite, son épouse. Pharmacien aux armées durant huit années, établi marchand grainetier ou herboriste. Il se trouva « dans plusieurs endroits, en combattant au milieu des braves défenseurs de la liberté, revêtu de son uniforme de garde national, […], notamment dans les différentes positions du faubourg Saint-Germain, des places de l’Abbaye, de l’Odéon et de la caserne de Babylone ». Il contribua à la réorganisation de la garde nationale et fut élu sergent à la 2e compagnie du 4e bataillon de la Xe légion. Il mourut le 20 octobre 1830, des suites des fatigues causées par une hémorragie pulmonaire. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de sa mort : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, chirurgien du collège royal de Saint-Louis et du 4e dispensaire de la Société philanthropique, médecin titulaire du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement, etc., atteste que M. Pierre, François Uscand (sic), âgé de quarante-deux ans, marchand grainetier, demeurant rue Mazarien n° 53, a succombé le 20 octobre dernier à une désorganisation des poumons et du foie, maladie à laquelle l’avaient prédisposé huit ans de service qu’il avait fait précédemment aux armées et qui a été réellement déterminée par les fatigues qu’il a éprouvées dans les trois journées de Juillet, tant en combattant pour la cause de la liberté que pour contribuer ensuite à la réorganisation de la garde nationale, dont il fut en effet, à cause de la belle conduite qu’il avait tenue dans ces circonstances, nommé sergent. M. le professeur Andral, qui a donné conjointement avec moi des soins au malade, est également convaincu, ainsi qu’il l’a déjà attesté une fois avec moi, que la mort de M. Uscand n’a pas eu d’autre cause. » Signé, le 20 avril 1831 : Moulin, Etienne, médecin, demeurant 15, rue de Bussy. Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Giacomasci, Jean-Jacques, dit Massy, peintre-vitrier, demeurant 52-54, rue Mazarine ; Lemasson, Pierre, Auguste, marchand de verre à vitre, demeurant 35, rue Mazarine ; Astruc, Louis, Jean-Baptiste, marchand épicier, demeurant 51, rue Mazarine. Ils attestèrent savoir que Uscant, Pierre, François était « mort des suites des fatigues éprouvées les 28 et 29 juillet 1830 ». Le 11 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Clément, Lambert, Alphonse, directeur de la monnaie des médailles, ancien capitaine de la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion, actuellement chef de bataillon de la Xe légion, demeurant 8, rue Guénégaud ; Monin, Claude, Vincent (voir ce nom), géographe, capitaine en second à la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 47, rue Mazarine ; Giacomasci, Jean-Jacques, dit Massy, peintre-vitrier, lieutenant de la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 52, rue Mazarine ; Duffay, Pierre, Honoré, teinturier, demeurant 39, rue Mazarine ; Courtois, Etienne, limonadier, demeurant 82, rue Mazarine ; Martin, Edme, Marie, rentier, sous-lieutenant de la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 10, rue Mazarine ; Gilon, Pierre, serrurier, sergent de la 2e compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 10, rue Mazarine ; Escroignard, Pierre, teinturier, demeurant 49, rue Mazarine ; Quenet, Jean-Louis, coiffeur, demeurant 84, rue Mazarine ; Lefebvre, Jacques, Marie, André, Eloi, charcutier, demeurant 43, rue Mazarine ; Combez, Jean-Baptiste, boulanger, demeurant 78, rue Mazarine ; Aumont, Joseph (voir Marie dit Aumont, Joseph, Bonaventure), boucher, capitaine des grenadiers à la 1re compagnie de chasseurs du 4e bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 55, rue de Seine. Ils attestèrent que Uscant, Pierre, François « s’est trouvé dans plusieurs endroits en combattant au milieu des braves défenseurs de la liberté, revêtu de son uniforme de garde national, dans les mémorables journées de juillet 1830, et notamment dans les différentes positions du faubourg Saint-Germain, des places de l’Abbaye, de l’Odéon et de la caserne de Babylone ; que par sa présence et ses paroles, il a contribué efficacement à rallier la garde civique, à exciter le zèle patriotique de ses concitoyens et s’est fait remarquer aux premiers rangs dans les postes les plus périlleux ; que bien qu’il n’ait pas reçu de blessures, il a éprouvé de nombreuses contusions et de nombreuses secousses et qu’on doit attribuer et qu’ils attribuent à l’agitation, à l’exaltation dans laquelle il s’est trouvé et aux grandes fatigues qu’il a essuyées la maladie qui est venue le frapper peu de temps après et dont il est mort le 20 octobre même année ». Il laissait une veuve, Breton, Anne, Félicité, née le 27 pluviôse an VII à Montrouge (Seine), qu’il avait épousée le 23 août 1817 à Montrouge ; sur l’acte de mariage, Uscant, Pierre, François est indiqué comme le fils de feu Uscant, Pierre, décédé le 11 octobre 1814 à Paris, et de Prottier, Marguerite, et comme étant marchand grainetier ; Breton, Anne, Félicité est indiquée comme la fille de Breton, Valentin, Grégoire, marchand grainetier, et de Mouflé, Rose (parfois Moussé, Rose ou Moullé, Rose), son épouse. Il laissait quatre enfants, tous nés à Paris : Louise, Grégoire, le 28 août 1819, Angélique, Augustine, le 3 juin 1821, Victor, Marc, le 2 octobre 1822, Emile, Auguste, le 6 août 1826. La Commission des récompenses nationales rejeta, en date du 13 octobre 1831, la demande de pension présentée par la veuve, les causes de la mort d’Uscant n’ayant pas été attribuées aux suites des combats de Juillet. La veuve reçut cependant un secours de quatre mille francs (mille francs pour elle et mille francs pour chacun de ses enfants auprès de la mairie du Xe arrondissement (six cent soixante-deux francs et quarante-cinq centimes ; et aussi quarante et un francs et soixante-cinq centimes ; et aussi quatre-vingt-trois francs et trente centimes apparaissent dans Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement). Une note de la mairie est ainsi rédigée, peu après la révolution : « On demande également si les inscriptions de 5 % de soixante-quinze francs qui sont à la mairie peuvent être accordées à madame Uscant […] rejetée […] par la Commission des récompenses nationales. » La veuve et les enfants reçurent cependant de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (mais peut-être s’agit-il des sommes citées plus haut ?). En 1832, la veuve « restée chargée de dettes depuis la mort de son mari », et qu’elle ne pouvait payer sans nuire absolument à son commerce, dont le produit, expliquait-elle, suffisait à peine à nourrir sa nombreuse famille, elle sollicita l’autorisation de négocier l’inscription de sa rente qu’elle avait reçue. Il demeurait 47, rue Mazarine en 1817 ; 53, rue Mazarine en 1830-1832. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de veuves et liste nominative des cas exceptionnels d’orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, feuille volante et Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem souscription de 1830, instructions préfectorales ; Archives nationales F/1dIII/36 Veuves décompte du 8 octobre 1830 au 1er septembre 1831 et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (cité deux fois et deux fois pour quatre orphelins) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, cas exceptionnels de veuves et cas exceptionnels d’orphelins.