Valleray, Narcisse, René

Biographie


Né le 7 avril 1790 à Chateaugiron, fils de Valleray, André, chirurgien, et de Cherbonnel, Perrinne, son épouse Avocat et docteur en droit. Sa participation aux événements fut relatée ainsi, dans la chronique de l’époque : « Pendant que nos intrépides amis se rendaient maîtres du Louvre, une colonne venue du faubourg Saint-Germain […] et dans laquelle se trouvait notre ami Valleray jeune, n’a pas craint de s’avancer au pas de charge sur les Tuileries, par le Pont-Royal, d’entrer dans le Carrousel, en bravant les canons de la garde royale, et de faire le siège du château que défendait l’élite de la même garde. » In Esquisse du mouvement héroïque du peuple de Paris, dans les journées immortelles des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 ; ou Lettre adressée au lieutenant-colonel Boyer, l’un des soldats de la Grande Armée, par son ami, Fabré-Palaprat, médecin à Paris, Paris, 1830, chez A. Guyot, éditeur, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 37 et Amyot, libraire, rue de la Paix, n° 6 (à noter que la mention complaisante de Valleray par Fabré-Palaprat n’étaient sans doute due qu’au fait qu’ils étaient membres de la même loge maçonnique et amis, N.D.A.]. Le 17 novembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Tant qu’il n’a point été déterminé de quelle manière le gouvernement témoignerait sa satisfaction à ceux qui ont cherché à se distinguer dans les trois journées de notre glorieuse révolution, je me suis abstenu de vous adresser aucune demande. Aujourd’hui qu’il est reconnu en principe qu’une honorable distinction, seule récompense dont je sois jaloux, sera accordée à ceux qui ont pris part à notre régénération politique, je sollicite avec confiance la nouvelle décoration mentionnée dans le projet de loi présenté aux Chambres par le gouvernement. Père de famille, sous-chef de division à la direction générale de l’Enregistrement et des Domaines, je ne me souvins plus que ma vie et ma place étaient nécessaires à ma famille quand je vis mes concitoyens tomber sous les coups dirigés par un ministère odieux. Je pris les armes à 10 heures du matin dans la journée du mercredi 28 juillet. Pendant toute cette journée, secondé par des citoyens dévoués, nous échangeâmes nos balles de la rive droite à la rive gauche de la Seine, depuis la rue Dauphine jusqu’à la rue de Seine et plus spécialement contre les Suisses sur le péristyle et aux deux ailes du palais de l’Institut. Il ne fallait pas moins que la patience et la persévérance de citoyens sûrs de la sainteté de leurs droits pour continuer un semblable combat sans guide et sans direction. Mais le lendemain 29, notre courage s’accrut quand nous apprîmes que le général Lafayette, dont le nom est si cher à la liberté, consentait à prendre le commandement de forces dix fois suffisantes pour vaincre pourvu qu’on sût en régler l’emploi. A 6 heures du matin, j’allai me concerter avec M. Aumont (voir Marie dit Aumont, Joseph, Bonaventure), mon voisin, domicilié rue de Seine, n° 55, et j’appris par lui qu’on attendait des ordres chez M. Brissot-Thivars (voir Brissot-Thivars, Louis, Saturnin), libraire, rue de l’Abbaye. Je m’y rendis de suite et j’y trouvai une dizaine d’honorables patriotes. Notre premier soin fut de faire une collecte pour donner du pain aux ouvriers qui s’étaient battus la veille et devaient se battre encore avec nous dans la journée. Nous fîmes ensuite confectionner des drapeaux aux trois couleurs. Je surveillai la fonderie de balles établie devant le corps de garde de l’Abbaye et qui fournissait la colonne qui se formait sur la place de l’Odéon et celle qui allait se former devant l’église de l’Abbaye. Je fis mettre en réserve des munitions pour cette dernière et je reçus du chef des fondeurs un morceau de plomb coupé de manière à ce que les deux bouts pussent se rejoindre et servir de reconnaissance car il importait de ne pas s’exposer à faire tomber dans des mains infidèles des munitions précieuses. Rentré un instant chez moi je donnai au sieur Ledoux, mon portier, ancien militaire, les moyens de se pourvoir d’armes, afin qu’il pût nous accompagner et il est entré en effet aux Tuileries avec nous. Je partis ensuite à 11 heures et demie avec la colonne de l’Odéon, qui traversa le pont Royal sous les balles et la mitraille et força l’entrée des Tuileries. Ce ne fut qu’à 4 heures, et lorsque la cause du peuple avait triomphé que je me déterminai à rentrer chez moi et à rendre la joie à ma famille, qui m’attendait avec anxiété. Voilà mes titres, messieurs, j’y ajouterais si vous n’étiez pas une commission spéciale, vingt années de services administratifs, dont quinze en qualité de sous-chef, chef de bureau et sous-chef de division, services qui n’ont point été récompensés par la croix d’honneur, que tant d’autres ont obtenue mais sur laquelle mes opinions trop soupçonnées me défendaient de compter. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Vallercy, Narcisse sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et aussi in Archives nationales F/1dIII/39). Chef de bureau à l’admiistration de l’enregistrement et des domaines, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 10 février 1855. Il mourut le 9 janvier 1862. Il demeurait 57, rue de Seine puis 2, rue Monsieur-le-Prince en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Vallerey, Narcisse), idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet (sous le nom de Vallerey, Narcisse, René) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/2666/9. Il signe bien son nom comme Valleray.

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