Vallière, François, Joseph
Biographie
Né en 1813 à Paris. A l’occasion d’une lettre qu’il écrivait à ses parents, le 26 janvier 1831, il donnait de nombreuses informations sur la conduite qu’il avait tenue pendant les événements de juillet 1830 : « Mes chers parents, je suis satisfait d’apprendre que vous vous portez bien, ainsi que mon frère et ma sœur. Je vous envoie le détail qu’on vous a demandé. Le 27 juillet, je me suis joint au peuple outragé, par la prise des armes chez les armuriers. Nous nous sommes emparés de plusieurs postes que nous avons désarmés. J’ai conservé pour moi quatre livres de poudre et un plein sac de balles. Je suis rentré chez nous sur les 11 heures du soir. Le 28 à 4 heures du matin, j’ai pris le fusil à mon père et je me suis en allé tout le long de la rue Saint-Jacques jusqu’aux rues adjacentes des quais et des ponts, où je me suis mis en embuscade pour nous défendre de nos ennemis à coup sûr. Plusieurs fois, j’ai avancé sur le pont de la Grève, où j’ai fait quelques décharges ; en me retirant, j’ai emporté un blessé. Sur les 3 heures, je mourrais de soif et de chaud, je suis descendu à la pointe de l’île Saint-Louis ; j’ai bu et me suis avancé dans la rivière, entre les bateaux à charbon ; j’ai fait quelques décharges sur des Suisses et j’en ai fait rouler quatre. A 4 heures, j’avais perdu dans l’eau un paquet de poudre et le dé à ma mère, avec quoi je la mesurais. J’ai quitté l’eau et me suis transporté rue Saint-Antoine, où j’ai combattu jusqu’à 7 heures ; ensuite, j’ai été chercher d’autres munitions. A 11 du soir, je me suis couché dans un bateau et, le lendemain 29 à 4 heures du matin, j’étais à la prise du Louvre par la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Sitôt après la prise des Tuileries, je n’ai pas voulu m’enivrer ; je m’en revenais chez nous par le pont Saint-Michel lorsqu’on réclama mon assistance pour décombrer les morts entassés à la morgue. J’ai employé tout mon courage pour faire cette bonne œuvre, ce qui me rendit malade ; je me baignai et tout fut fini. Maintenant je suis chasseur au 19e léger, 2e bataillon, 3e compagnie. Votre etc. » Il reçut un total de cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Actuellement soldat au 19e de ligne, âgé de seize ans et demi, cinq pieds trois pouces, s’est battu avec bravoure pendant les trois journées malgré les instances de sa famille un goût décidé pour l’état militaire l’a fait engager. Il demande en récompense de sa belle conduite à être admis gratuitement soit à Saumur soit à Saint-Cyr (la mère et les voisins). » Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Depuis le 27 jusqu’au 29 n’est pas rentré chez lui. Le 28, s’est mis dans les bateaux à charbon à la pointe de l’île Saint-Louis, tirant sur la Grève. Le 29, au Louvre. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 janvier 1830, pour un report du vote, Vaillière n’étant pas présent et étant représenté par sa mère, puis, dans sa séance du 25 janvier 1830 et suite à la relation écrite qu’il fit des événements auxquels il avait participé, à aucune voix pour la croix, sept voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, il était soldat au 19e léger, 2e bataillon, 3e compagnie et fut sans doute nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 228, rue Saint-Jacques (mais 288, rue Saint-Jacques in Archives nationales F/1dIII/33 ; bien 228, rue Saint-Jacques in Archives de Paris VK3 29 et in Archives de Paris VK3 33) en 1830-1831 ; 70, rue de Sèvres en 1849 ; 58, bd du Montparnasse en 1850 ; 31, rue de la Croix-Nivert en 1851 ; 7, rue Fondary à Grenelle en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, séances des 17 et 25 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Vaillière, François, Joseph), idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 17 janvier 1831 (sous le nom de Vaillière, François, Joseph), dans sa séance du 25 janvier 1830 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (où il est indiqué Voir procès-verbal du 25 janvier fin de la séance ; Archives de Paris VK3 54 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Vallière, François, Joseph), idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188 (sous le nom de Vallière, François, Joseph), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Vallière, François, Joseph).