Valpinson, Jules

Biographie


Né le 3 mars 1794 à Mayenne (Mayenne). Négociant en toiles. Poirier, Adolphe, Joseph (voir ce nom) lui délivra le certificat suivant : « M. Valpinçon (sic) […], le 28 juillet, à 8 heures du matin, est allé à la mairie du (ancien) IVe arrondissement, pour prévenir le maire que les habitants du quartier allaient prendre les armes et le prier de se mettre à leur tête, ce qu’il ne put obtenir. Plus tard, parti de la mairie avec la colonne que je commandais, il parcourut divers quartiers et fut du nombre de ceux qui fraternisèrent avec le poste des diligences de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Arrivé à la rue des Prouvaires, il essuya le feu du 15e léger. Le lendemain 29, aussitôt la prise du Louvre, il est allé sous les ordres de M. Olive pour protéger ce monument et a contribué à faire respecter cette propriété nationale. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Valpinson sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut avec Déhors, Pierre, Ambroise (voir ce nom) le protagoniste d’une affaire qui fut rapportée par ce dernier. Ils avaient sauvé les jours d’un jeune homme que le peuple se disposait à jeter à l’eau lors des troubles de Saint-Germain-l’Auxerrois, le 14 février 1831. » Le jeune homme, que les manifestants avaient pris pour un prêtre déguisé et qu’ils voulaient jeter à la Seine, s’appelait Belon, fils d’un officier supérieur de l’armée ; Le Constitutionnel du 25 février 1831 (à consulter) rapporta la scène. Belon, en tout cas, lui adressa, ainsi qu’à Déhors la lettre suivante, en date du 27 février 1831, imprimée en 1848 : « M. Dehors, officier de la garde nationale de Paris, et M. Jules Valpinson, grenadier. Avant de quitter la France, j’éprouve dans mon cœur le vif sentiment de la reconnaissance et le besoin de vous donner le témoignage que mérite votre généreuse action, pleine de sagesse et d’un rare dévouement. Le lundi 14 courant, revenant de la préfecture faire viser mon passeport et vaquer à l’achat de graines chez M. Vilmorin, je me suis arrêté devant l’église Saint-Germain-l’Auxerrois pour examiner ce qui se passait. Quelques ouvriers ont cru voir dans la chevelure que j’avais l’habitude de porter un peu longue, les indices d’un prêtre déguisé, échappé de l’église, ou d’un carliste. Ces propos m’ayant offensé, je cherchais à justifier par mon passeport qu’il n’en était pas ainsi ; au lieu de recevoir cette justifications, on me saisit au corps, déchira mes vêtements, m’enleva tout ce que j’avais sur moi, et le groupe qui m’entourait et me pressait demandait que je fusse jeté à l’eau, ce qu’on se préparait à exécuter. C’est dans cette circonstance périlleuse que, dans le noble élan de votre cœur, et faisant abnégation de vous-même, vous avez, avec un même et généreux concours, volé à mon secours, lutté avec une valeur exemplaire contre la foule qui nous entourait. Vos généreux et constant efforts sont parvenus, comme par miracle, à préserver mes jours jusqu’au moment où la garde nationale est venue pour nous délivrer. Je ne saurais assez vous témoigner, mes chers pères sauveurs, les sentiments de la plus profonde admiration et de la reconnaissance, dont je suis pénétré en la considération du courage et de la prudence dont vous avez fait un usage si remarquable dans ce singulier événement. Je dois rendre hommage à ces braves gardes nationaux qui, par leur persuasion et leur sagesse, ont su calmer un torrent impétueux d’une foule, que les événements qui venaient de se passer sur les lieux mêmes devaient irriter naturellement à un tel point. Vous pouvez, mes chers pères sauveurs, vous applaudir d’avoir, dans cette haute circonstance, empêché de commettre un crime affreux sur un vrai patriote ; car mes principes sont tels, et à l’épreuve, ce qui eût fait une tache à notre belle révolution. J’apprends aussi, mon cher M. Dehors, avec la plus grande joie, que vous étiez à la tête des héros libérateurs de Juillet qui ont combattu vaillamment dans les immortelles journées. Vous êtes resté en tout temps et en toute circonstance inséparable et fidèle à la liberté et à l’ordre public ; vous renouvelez les vertus des immortelles journées ; vous en rendez un glorieux témoignage, et vous êtes le noble caractère de la garde nationale. Je désire ardemment qu’il n’y ait jamais lieu à ce que la précipitation, l’erreur et la violence puissent affliger les amis de la liberté. Votre souvenir vivra à jamais dans mon cœur, et votre vue, lorsque j’aurai de nouveau ce bonheur, fera toujours battre dans moi les plus vives émotions d’affection et de reconnaissance. Je vous dois la vie, tout à vous ! » Signé, Henry Belon de Besançon, logé chez M. Bayer, 6 bis, rue Richer. Le nota suivant était imprimé en bas de la page : « Le citoyen Henry Belon était fils d’un officier supérieur de l’armée. Il était alors chargé par le général Lafayette de la gestion des propriétés du général dans les Florides à Tallahasser (Amérique). Il emmenait avec lui une vingtaine d’hommes, ouvriers de diverses professions. Le départ pour Le Havre devait se faire le 20 février 1831, et, vu l’événement, n’eut lieu que le 20 mars. » Sa médaille lui fut délivrée le 14 juillet 1831, et son brevet le 16 janvier 1832. Selon Déhors, il serait le beau-frère de Berger, sénateur de la Seine en 1859. Il demeurait 11, rue des Deux-Boules en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Valpinson) ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Déhors, Pierre, Ambroise.

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