Van Cuttem, Catherine
Biographie
Né vers 1794. Cuisinière de l’ambulance de la rue des Pyramides, elle adressa au roi la lettre suivante afin de solliciter une place de concierge : « Connaissant la bonté de Votre Majesté pour la classe ouvrière et sachant que vous ne désirez que le bonheur de vos sujets, je vous adresse cette pétition avec la confiance qu’elle ne sera pas rejetée de Votre Majesté et que vous ne m’ôterez pas l’espérance que je me plais à mettre dans votre généreuse bonté. Je suis entrée à l’ambulance des Pyramides, non pour le gain que je pouvais y trouver mais pour les secours que je pouvais y apporter. Je n’ai pas regardé si ma santé serait compromise en restant continuellement auprès des blessés. J’y suis restée jours et nuits, en leur prodiguant tous les soins qu’il était en mon pouvoir de leur donner. Comme il sera facile à Votre Majesté de le voir par la copie du certificat que je mets dans l’adresse que j’ose lui offrir. J’ai appris que l’on donnait des récompenses à toutes les personnes qui, comme moi, se sont vouées au service de nos braves. Je suis pauvre, sans moyen d’existence et j’ai une famille à soutenir ; je désirerais pour récompense pouvoir obtenir une place de concierge ou de surveillante dans une maison du gouvernement pour mon frère, moi et sa famille. J’ose assurer que nous serons en état de remplir une place dans le genre de celles que je demande à Votre Majesté car nous y mettrons tout le zèle possible. […]. » Elle joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné Ch. Dégenétais (voir ce nom), pharmacien, rue Saint-Honoré, n° 309, certifie avoir pris connaissance des bons certificats que possède la fille Catherine Van Cutten, âgée de trente-six ans ; ayant alors la certitude de sa capacité pour faire une excellente cuisine aux blessés que je me suis proposé de recevoir, j’ai pris engagement de lui donner soixante francs par mois vu la besogne que je prévoyais devenir considérable (ce qui est arrivé). Mais je dois aujourd’hui non seulement me féliciter de son service comme bonne cuisinière mais aussi la recommander à la générosité des personnes philanthropes comme ayant aidé nuits et jours au service d’un grand nombre de blessés, qui ont pour elle la plus vive reconnaissance. » Cette recommandation était cosignée par les médecins attachés à l’ambulance, les docteurs Fellis Dem. illisible, et …isher et par de la Boullaye Marrillas du bureau de charité, demeurant 11, rue Neuve-des-Petits-Champs. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Elle demeurait 11, rue Percée-Saint-André en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 (sous le nom de Van Cuttem ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 16 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Van Cutem).