Vanborre, Léonard, François, Benoît

Biographie


Né le 26 octobre 1792 à Bailleul (Nord). Ancien militaire, ayant eu deux frères morts sous les drapeaux, lui-même devenu bridier-harnacheur (un de ses autres frères était militaire au 62e de ligne, en garnison à Lille en 1830). Il relata ainsi sa participation aux combats de Juillet : « […] Dès le 27 juillet, voyant la liberté sur le point d’être ensevelie, il allé armé d’un fusil et de deux pistolets se réunir aux braves et a aidé à désarmer le poste des gendarmes de la Bourse. Au point du jour du mercredi matin, réuni à ses concitoyens, il a cherché l’ennemi, s’est battu sur plusieurs points et particulièrement contre les lanciers de la garde près la porte Saint-Denis. Le 29, à la tête d’une soixantaine de tirailleurs, s’est battu contre un peloton de gardes royaux qui s’était posté au coin de la rue de la Paix. Ensuite sont entrés dans ladite rue et ont marché contre les deux régiments de ligne, qui avaient en tête le commandant de place, lequel proposa un armistice de deux heures, que lui et ses braves compagnons d’armes refusèrent d’accepter et exigèrent que les deux régiments missent les armes bas et fraternisassent avec eux. Cette proposition étant accueillie, il s’est rendu chez M. Casimir Perier, député, pour l’engager à venir recevoir la parole d’honneur du commandant, comme quoi il ferait exécuter sa promesse, ce qui n’a pas été effectué. S’étant rendu au Carrousel, il a empêché qu’un capitaine de la garde royale, déjà prisonnier et ayant une balle au travers de la cuisse, ne fût fusillé, en publiant hautement qu’il n’appartenait qu’aux lâches et aux barbares d’ôter la vie à un prisonnier ; ensuite, il le fit transporter en lieu de sûreté. Pendant les trois journées, il s’est porté avec ses nombreux concitoyens sur les points menacés, où l’amour de la liberté appelait la valeur des vrais Français, pour vaincre les soldats du roi prévaricateur. Tous ces faits sont attestés dans la pièce ci-jointe. Dans cette circonstance et pour d’autant mieux établir ses droits à la récompense nationale, il rappellera ici les services antérieurs dont il justifie. En 1810, le réclamant est entré au 3e régiment de hussards et a fait la campagne d’Espagne. A l’affaire de Salamanque, il eut son cheval tué sous lui et reçut un coup de lance dans l’épaule droite ; après l’affaire de Vitoria, il partit pour l’Allemagne. Après l’affaire d’Hanau, il a été désigné pour l’un des six qui devaient recevoir la croix d’honneur. A la suite de cette affaire, une autre eut lieu contre un corps de cosaques, dans laquelle son cheval a été tué sous lui et sa jambe gauche cassée. Il resta sur le champ de bataille, où, abandonné des siens qui le crurent mort, il fut fait prisonnier, transporté à l’hôpital de Francfort et retenu là pendant huit mois. A la distribution des six décorations, dont l’une était pour le réclamant, que son colonel avait reçues, celle qui lui avait été destinée fut donnée à un autre. Rentré en 1814, il est allé rejoindre son régiment, alors dans la Vendée, a fait la campagne de 1815, après laquelle il a été licencié, sans autre récompense que sept blessures, dont plusieurs sont graves et dont il se ressentira toute sa vie. En conséquence des faits dont il vient de faire l’analyse, lesquels sont justifiés par les pièces à l’appui, il a recours à vous, Messieurs, pour qu’il vous plaise d’appuyer sa juste réclamation afin qu’il obtienne de l’autorité royale la décoration qui lui était destinée, à laquelle ses services comme militaire et son dévouement comme Français, défenseur de nos libertés, lui donnent des droits incontestables. » Sa lettre était apostillée ainsi par illisible, chef d’escadron à l’ex-3e régiment de hussards, commandant la 4e compagnie de sous-officiers sédentaires : « C’est avec un vif intérêt que je m’empresse de rendre hommage à la vérité en déclarant que M. Vanborre, Chl, Bt. (sic), qui a servi sous mes ordres depuis 1810 jusqu’en 1815 était l’un des sous-officiers le plus brave et le plus distingué de ce régiment et que sans sa captivité il eut indubitablement reçu la récompense des braves. A ces titres, il mérite la bienveillance de messieurs les membres de la Commission des récompenses nationales. » Il joignait les certificats suivants à sa lettre : « Nous, soussignés, habitants de Paris, certifions et attestons que le sieur Vanborre, Léonard, Benoît, demeurant rue de la Chaussée-d’Antin, n° 27, fabricant de sellerie, s’est comporté comme un vrai Français, en défendant nos libertés et en donnant l’exemple de la bravoure, en combattant à la tête d’un peloton et à nos côtés contre les soldats du roi et que les faits exprimés dans sa demande quant aux trois journées sont tels qu’il les a énoncés. » Signé, le 12 novembre 1830 : Perrault, demeurant 5, rue de Joubert ; Poirier, demeurant 14, rue Saint-Nicolas-d’Antin ; Badet, demeurant 9, rue de la Paix ; Goison, demeurant 48, rue de Provence ; Goetz, demeurant 24, rue du Mont-Blanc ; Batté, demeurant 30, rue du Mont-Blanc ; George, demeurant 50, rue du Faubourg-Poissonnière ; Hébert, demeurant 17, rue Saint-Florentin ; Peltier, demeurant 9, rue de la Paix ; Le Bouteux, demeurant 46, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta son serment de décoré de Juillet, en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 23 juin 1831, et son brevet le 15 septembre de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était grenadier à la Ire légion de la garde nationale. Il demeurait 27, rue de la Chaussée-d’Antin (ou 27, rue du Mont-Blanc, c’est la même rue…) en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (où l’ordre de ses prénoms est ainsi rectifié : François, Léonard, Benoît) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 54 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Van Borre) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement.

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