Vanderbeck, Jacques, Ghislain

Biographie


Né vers 1781 à Brenelaleu (Pays-Bas). Serrurier. Il était présent le 28 juillet sur la place de Grève et fut sans doute renversé par une charge de cuirassiers et foulé aux sabots des chevaux. Il aida aussi peut-être à transporter des blessés. Peu de temps après, atteint d’une fluxion de poitrine ou d’une péritonite, il se mit au lit, avant d’être admis à l’Hôtel-Dieu le 14 août. Le docteur Borel, qui le soigna, délivra le certificat médical suivant qui constatait les douleurs qu’il éprouvait : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant rue Savoie n° 4, (ancien) XIe arrondissement, quartier de l’Ecole de médecine, certifie donner des soins depuis quinze jours à M. Jacques Vanderbeck, âgé de quarante-neuf ans, serrurier en bâtiment, pour des douleurs rhumatismales aiguës de toutes les articulations, par suite des combats des 27, 28 et 29 juillet et ensuite le voyage de Rambouillet. L’excessive fatigue que le dénommé ci-dessus a éprouvé pendant cette funeste époque a nécessairement donné lieu à la maladie qui le retiendra encore longtemps. » Signé, le 23 août 1830 : Borel. Il mourut le 9 septembre 1830 (mais le 6 septembre 1830 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à l’hôpital Beaujon. Cet hôpital délivra le certificat suivant, qui constatait les circonstances de la mort de Vanderbeck : « Entré le 31 août 1830 pour des douleurs rhumatismales générales ; a été affecté successivement de plusieurs érysipèles phlegmoneux, qui ont dégénéré en abcès très étendus au dos, aux hanches et aux cuisses. La multiplicité de ces abcès, leur volume considérable, l’énorme quantité de pus qu’ils fournissaient ont peu à peu épuisé le malade, qui a terminé sa carrière le 9 septembre suivant. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Plusieurs certificats attestaient de sa participation aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, Leroy, Auguste (voir Leroy, Auguste ou Pierre Auguste), demeurant rue Grenetat n° 55, blessé d’une balle à la cuisse gauche, déclare avoir vu le sieur Jacques Vanderbeck, serrurier, combattre dans les journées des 27, 28, 29 juillet 1830. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Moi, soussigné, Alexandre Henri (voir Alexandre, Henry), certifie avoir vu Jacques Wanderbeck (sic) sur la place de Grève le 28 juillet, lequel était renversé parterre lorsque les cuirassiers sont arrivés, se plaignant d’avoir les reins criblés. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent que je déclare sincère et véritable. » Signé, le 9 octobre 1830 : Alexandre, Henri (sic, voir Alexandre, Henry), demeurant 128, rue de la Mortellerie. Le troisième certificat, ainsi rédigé et signé du même : « Nous, soussigné, Alexandre Henri (voir Alexandre, Henry), demeurant à Paris, rue Mortellerie n° 128, blessé à la cuisse d’un coup de feu que je reçus aux affaires de Juillet, en combattant pour la cause nationale, atteste avoir vu le sieur Jacques Vanderbeck (sic), serrurier, sur la place de Grève, se battre au rang des citoyens qui se dévouaient à la défense de la liberté. » Signé, le 1er octobre 1830 : Alexandre, Henyi (sic, voir Alexandre, Henry), demeurant 128, rue de la Mortellerie. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir vu sur la place de Grève le nommé Jacques Wanderbeck, le 28 juillet, défendant la patrie, armé. » Signé : Allamand (voir Allemand, Jules, César), demeurant 4, rue des Coquilles. Le cinquième certificat, ainsi rédigé et signé du même : « Je certifie avoir vu Jacques Wanderbeck, le 28 juillet sous les armes sur la place de Grève. » Signé : Blais... Armant sic et illisible, demeurant 34, rue de la Mortellerie ou 36, rue de la Mortellerie illisible. Il avait reçu un secours de quarante francs le 24 août, et un autre de la même somme le 6 septembre 1830 auprès de sa mairie. Il laissait une veuve, Denis, Marie, Joseph, Ghislaine, née le 5 novembre 1779 à Nivelle (Brabant-Méridional), journalière, et un fils, sans doute nommé Vanderbeck, Denis, qui prit une part très active aux combats de Juillet. La demande de pension présentée par sa veuve fut rejetée, la Commission des récompenses nationales n’ayant pas attribué le décès de Vanderbeck à la participation qu’il avait prise aux événements de Juillet mais à une fluxion de poitrine, et un rapport de l’administration ayant informé des faits suivants : « N’a nullement pris part aux événements de Juillet. Il y avait longtemps que cet homme se plaignait de douleurs rhumatismales. Pendant les trois journées, il sortait assez souvent ; le troisième jour, il paraissait plus fatigué qu’à l’ordinaire et il dit en rentrant à une demoiselle Thérèse [pourquoi Thérèse, N.D.A.] qui vivait alors avec lui et qui demeure actuellement rue de la Grande-Truanderie, n° 48, qu’il avait transporté quelques blessés dans la rue Saint-Martin et ses maux de reins étaient plus violents. Il se mit au lit et vit un médecin des environs de la place Saint-Sulpice qui lui remit sur ses propres déclarations un certificat ensuite duquel il s’est présenté à la mairie du XIe arrondissement où il a obtenu deux secours, l’un de cinquante francs, l’autre de trente-trois francs. Tels sont les aveux de la femme avec laquelle il vivait. Il est entré à l’Hôtel-Dieu le 16 août et en et sorti le 21 ; il y a été traité pour une péritonite (inflammation du bas-ventre). Il est entré à Beaujon le 31 août ; il était alors couvert d’abcès énormes ; la personne avec laquelle il vivait demanda au chirurgien en chef de cet hospice un certificat constatant que ces abcès avaient été occasionnés par une chute faite pendant la révolution. Il voulait aussi que l’on constatât qu’il avait été à Rambouillet ; on lui refusa cette pièce attendu que la déclaration était fausse. Il la réclama de nouveau en avouant qu’il n’avait rien fait mais disant qu’il n’avait fait cette demande que parce qu’il pensait être utile à ses successeurs. » La veuve, Denis, Marie, Joseph, reçut deux cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, et cependant, à titre de cas exceptionnel, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes, que sans doute elle ne toucha pas puisqu’elle apparaît dans la liste nominative du VIIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance. Elle déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir une pension. Elle était indiquée sur sa fiche comme étant « dans le plus grand besoin ». Elle avait sans doute retiré son acte de naissance, son acte de mariage et l’acte de notoriété constatant les circonstances de la mort de son mari, conservé dans son dossier à la Commission des récompenses nationales, le 23 janvier 1832. Vanderbeck demeurait 12, rue Bailleul en 1830 ; sa veuve, 6, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Martin (mais 7, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Martin in Archives de la préfecture de police AA 416) en 1831 ; 14, rue Maubuée en 1832. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de veuves auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement, p. 104, liste nominative du VIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées (sous le nom de Vanderbeck, Jacques ; c’est sût ce Ghislain qui vient après ? et comme sa femme ?) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Bastelica et in dossier Jean dit Badès ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, cas exceptionnels de veuves et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de Denis, Marie, Joseph, veuve Vandenberck) ; Archives de la préfecture de police AA 416 (sous le nom de Venderbeck veuve, Marie, Josèphe, Denise).

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