Vanesse, Antoine, Joseph

Biographie


Né vers 1791 à Wavre (Belgique), fils de Vanesse, Jean, Joseph et de Pierre, Jeanne, Joseph. Ancien militaire de 1805 à 1814 au 9e léger, le corps couvert de cicatrices. Corroyeur, cambreur dans le quartier du Palais-Royal. Le certificat suivant constatait sa participation très active à la révolution de juillet : « Nous, soussignés, certifions [sur] le nommé Antoine Vales (sic). Le 29 juillet 1830, à 5 heures du matin, il découvrit, seul, dans la caserne Poissonnière six cent fusils qui étaient cachés dans la troisième cave, et qui après les avoir distribués aux gardes nationaux qui demandaient des armes, est venu combattre pour la cause de la liberté dans le quartier du Palais-Royal, où le maître pour lequel il travaillait demeure. Que là, à 1 heure après-midi, voyant qu’il n’y avait plus que quelques gardes royaux qui occupaient les chambres du premier étage de la mercière, rue Saint-Honoré n° 261, et qui faisaient feu sur le peuple et tuaient un grand nombre, il résolut de s’en emparer. Pour y parvenir, il s’adossa aux maisons attenantes et parvint à la boutique de la mercière, en enfonça la porte, monta au premier, où il trouva cinq gardes royaux et un lieutenant, qui faisaient feu. A l’instant, il sauta sur le lieutenant, le désarma, ainsi que les cinq gardes, jeta leurs armes dans la rue, ensuite détacha les épaulettes, le hausse-col et l’épée de l’officier. Celui-ci, se croyant perdu, lui offrit sa bourse remplie d’or, qu’il refusa, disant “Je ne suis point un voleur ; je défends ma liberté et mon pays.” Il lui promit qu’il ne lui serait fait aucun mal mais qu’il fallait qu’ils viennent avec lui à l’état-major. Mais, au moment où il donnait le bras à l’officier pour descendre, un coup de feu partit du café Pic, situé vis-à-vis au coin de la rue du Rempart, dirigé sans doute sur l’officier atteignit le malheureux Vales, lui fracassa l’épaule et la balle resta dans la poitrine. Il reçut les premiers secours de M. Filiol, médecin rue Saint-Louis-Saint-Honoré, et fut ensuite transporté Hôtel de la Louisiane, rue du Rempart-Saint-Honoré, où il reçut tous les soins que réclamait son état. De là, on le transporta rue Saint-Marc, où on lui a extrait la balle de la poitrine, et, le lendemain, il fut conduit à l’hospice Saint-Louis, où il est en ce moment. Sa femme, mère de famille, n’a que lui pour la faire subsister ainsi que son enfant âgé de cinq ans. Le sieur Valet, malgré la gravité de son mal, n’a point quitté les épaulettes non plus que le hausse-col dont il s’était emparé au moment où il fut blessé. » Signé : Delon (voir Delon, François), marchand corroyeur, demeurant 52, rue d’Argenteuil, qui ajoutait : « Je, soussigné, avoir vu le dernier fait d’armes du nommé Antoine Valée (sic) dans la journée du 29 juillet 1830, où il a reçu la blessure qui si elle ne lui coûte pas la vie le privera de l’usage de son bras. » Drigny, architecte, demeurant , hôtel de la Louisiane, 4, rue du Rempart-Saint-Honoré, qui ajoutait : « Je déclare avoir reçu le sieur Valès (sic) chez moi et lui avoir donné les premiers secours et que j’ai pleine connaissance et certitude des faits ci-dessus dits. » Filhol, médecin ; Lemière, marchand d’estampes, demeurant 4, rue du Rempart-Saint-Honoré, qui ajoutait : « Je certifie le présent, comme l’ayant reçu dans ma boutique et ayant été cherché le médecin. » Il reçut (sous le nom de Vallet, Ant.) un secours de soixante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il mourut, le 8 décembre suivant, des suites de sa blessure à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il laissait une veuve, Thyrion, Marie, Josèphe (Thirion, Marie, Josèphe in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23)), née le 12 juin 1795 à Wavre (Belgique ou Pays-Bas), qu’il avait épousée le 20 avril 1814 à Wavre ; sur l’acte de mariage, Vanesse, Antoine, Joseph est indiqué comme le fils de feu Vanesse, Jean, Joseph, décédé le 26 septembre 1807 à Wavre, et de Pierre, Jeanne, Joseph ; Thyrion, Marie, Joseph (sic) est indiquée comme la fille de Thyrion, Pierre, boucher, et de Matthieu, Catherine. Elle fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et un enfant, Alphonse, Joseph, né le 21 août 1824 à Paris, qui fut pensionné et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère et de Delon, François (voir ce nom), marchand corroyeur, subrogé-tuteur, demeurant 52, rue d’Argenteuil en 1831. Alphonse, Joseph fut placé en pension dans l’établissement de M. Maniette 60-62, grand-rue à Vaugirard, dont une visite faite dans l’établissement par le sous-surveillant de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Vanesse, Alphonse, Joseph et de Lavigne, François, autre pensionnaire et orphelin de Juillet : « Je les crois parfaitement bien ; ils se louent beaucoup des soins qu’on leur donne. J’ai vu les classes et les dortoirs : c’est parfaitement tenu. L’éducation de ces enfants s’y fera tout entière si la Commission les laisse dans cette pension. […] Cette pension me semble réunir toutes les conditions exigées. Le maître va faire une demande à M. le sous-préfet de Sceaux pour obtenir dans son établissement le placement des orphelins des communes de cet arrondissement. » Alphonse, Joseph reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831. En août 1832, son bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « Il a de la bonne volonté ; il commence à lire et à écrire passablement. » En septembre 1832 : « Cet enfant a fait quelques progrès dans la lecture et l’écriture depuis le mois dernier. Je pense que son imagination va se développer et qu’il profitera des excellents conseils de M. Maniette. » En octobre 1832 : « Cet enfant est fort dissipé. On a beaucoup de peine à lui faire entendre raison. Il n’écrirait pas trop mal mais a la plus grande difficulté à apprendre à lire et ne peut parvenir à assembler ses lettres et à former des mots. Peut-être cela tient-il à son caractère pétulant. » Il était encore dans l’établissement de Maniette en 1836, puis entra par la suite à l’école des Arts et Métiers de Chalons. Vanesse demeurait à Wavre en 1814 ; 42, rue du Faubourg-Montmartre (mais par erreur 44, rue du Faubourg-Montmartre in Archives nationales F/1dIII/78 dossier Valès, Antoine) ; sa veuve, même adresse en 1831-1832. Le nom de Vanesse (A.-J. Vanesse) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 47 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 (sous le nom de Vallet, Ant.) ; Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 25 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins, auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 94 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives nationales Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 15 juin 1831 du parquet du tribunal de première instance de Paris (relative à la rectification de l’acte de naissance d’Alphonse, Joseph) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IIe arrondissement et état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (état des orphelins du IIe arrondissement, qui, aux termes de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, ont droit à l’indemnité de trois cents francs pour acquisition de trousseau de 300 francs ; année 1833, IIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IIe arrondissement ; année 1839 IIe arrondissement); Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes; Archives nationales F/1dIII/78 (deux dossiers dont un à Valès, Antoine) ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement et (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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