Vassal, Alexandre

Biographie


Né le 29 novembre 1798 à Moret (Seine-et-Marne). Négociant. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il fut nommé commissaire de police. On trouve dans la dépostion de Bicheroux, Pierre, Denis, Nicolas (voir ce nom), à l’occasion du procès fait aux artilleurs de la garde nationale pour les troubles qui accompagnèrent le procès des ex-ministres de Charles X, de nombreuses informations le concernant. Cette déposition était ainsi faite : « Je ne connaissais aucun de ces messieurs avant les journées de Juillet ; je pris une part active à ces journées, et je fus blessé. En novembre, je sortis de chez moi, je boitais encore. On avait nommé des commissaires pour instruire sur les faits de Juillet ; M. Bastide se trouvait parmi ceux du (ancien) VIIe arrondissement ; je m’adressai à lui, je lui communiquai les certificats des personnes qui m’avaient vu combattre, et lui présentai les journaux qui mentionnaient quelques-uns de mes actes. M. Bastide fit pour moi plusieurs démarches ; mais aucune n’a réussi. Un jour il me dit : “Je suis dégoûté de ne pouvoir rien obtenir pour tant de braves gens ; je suis d’ailleurs très occupé à ma batterie”, et il m’adressa à M. Tonnet. On forma dans chaque arrondissement un jury chargé d’examiner les titres de chacun de ceux qui prétendaient avoir droit à des récompenses. M. Tonnet m’offrit de faire partie d’un de ces jurys, j’acceptai. Je le voyais souvent. Dans l’intervalle, un de mes amis, M. Vassal, qui allait souvent chez le général Rumigny, vint me voir un jour et me dit : “J’ai appris que tu faisais partie d’un des jurys ; j’ai aussi combattu en Juillet, et je te prie de m’appuyer.” Je le menai chez M. Tonnet ; mais nous nous aperçûmes qu’il était du (ancien) VIe arrondissement, et nous l’adressâmes à M. Guinard, qui le reçut fort bien. Il comparut ensuite devant le jury, qui reconnut qu’il s’était bien conduit. Dans l’intervalle, Vassal me dit : “Est-ce que tu n’as pas réclamé la croix d’honneur, toi qui avait été porté pour l’avoir dans les Cent-Jours, et qui est criblé de blessures ? – Oui, lui répondis-je ; les deux reçues en Juillet ont complété les dix-huit. – Eh bien ! me dit-il alors, je connais quelqu’un qui pourra t’être utile.” Quelques jours après, il m’introduisit chez M. de Rumigny. Le général me reçut très bien ; il me dit : “Vous êtes un ancien militaire, et vous vous êtes bien conduit en Juillet ; comptez sur moi ; soyez persuadé que vous aurez la croix et un emploi.” Je lui remis mes états de service et je le quittai. Cela se passait dans les premiers jours de décembre. Le procès des ministres arriva : tout le monde s’en entretenait. Vassal me dit un jour : “J’ai à te parler. – Qu’est-ce que c’est ? – On fait courir des bruits sur l’artillerie ; on dit qu’elle n’est pas d’accord avec les autres corps. Je répondis : il ne faut pas croire de pareils bruits ; l’artillerie est composée de braves de Juillet, de négociants recommandables ; elle ne doit pas être soupçonnée.” Ça se passe. Le lendemain ou le surlendemain, M. Vassal vient me dire : “Si les artilleurs voulaient attaquer le roi, te chargerais-tu d’une mission ? – Oui, si elle est honorable. – Si donc on tournait les pièces contre le Palais-Royal, serais-tu homme, aidé de gens décidés, à les enclouer ? – Oui, avec des hommes décidés comme moi, au risque d’un bras ou d’une jambe ; mais cette prévoyance est inutile.” Après cet entretien, comme j’était lié avec M. Tonnet, je le vis le lendemain et lui en fis part. Il me demanda qui m’avait fait cette proposition ; je lui répondis que c’était de la part de M. de Rumigny. Il me dit que ce que j’avais promis était bien beau ; mais que je ne courais pas grand risque. » Il fut témoin au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Son dossier de demande de la Légion d’honneur, en 1835, nous donne quelques indications biographiques. Le cabinet du préfet de police, en date du 21 juillet 1835, donnait les informations suivantes sur son compte : « M. Vassal est décoré de Juillet. Après l’accomplissement de notre glorieuse révolution, à laquelle il a pris une part fort active, il a montré pour la défense de l’ordre public et des lois le même courage qu’il avait déployé pour le triomphe de la liberté. Dans les émeutes de novembre 1830, il a arraché à la mort des gardes nationaux, que les perturbateurs voulaient précipiter à la Seine. En juin 1832, chargé par intérim des fonctions de chef de la police municipale, il a marché à la poursuite des révoltés jusqu’au milieu de leurs barricades. Lors de l’insurrection d’avril 1834, il a accompagné le général Bugeaud dans toutes ses opérations. Il s’est tenu constamment à la tête des troupes et a plusieurs fois failli payer de sa vie son intrépidité. » La préfecture de police, en date du 14 décembre 1835, donnait sur son compte comme renseignements qu’il avait été chargé spécialement de la surveillance de la prison du Luxembourg, par arrêté du 19 mars 1835, et appuyait ainsi la demande de décoration : « […] Le zèle, la capacité et le dévouement dont il n’a cessé de donner des preuves dans toutes les circonstances et notamment depuis l’ouverture des débats du procès d’Avril, me font vivement désirer de le voir obtenir l’honorable récompense que je sollicite pour lui et dont il me paraît réellement digne […]. » Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 2 février 1836. En 1848, il était rentier et ce fut à lui que Bicheroux, Pierre, Denis, Nicolas (voir ce nom) donna procuration pour « recevoir, poursuivre, engager et gérer » ses affaires pendant son absence de Paris. Il mourut le 21 mai 1884. Il demeurait 26, quai Louis-XVIII (mais 19, rue du Pont-aux-Choux ou 69, rue Popincourt in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831 ; à Nogent-sur-Marne en 1848 ; 18, passage Saulnier (IXe arrondissement) en 1884. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/V/2 Récompenses honorifiques (sous le seul nom de Vassal) ; Archives nationales LH/2676/61 (sous le nom et prénoms de Vassal, Pierre, François, Alexandre) ; Procès des dix-neuf citoyens accusés de complot tendant à remplacer le gouvernement royal par la république, Paris, Prévot éditeur-libraire, 1831 ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831. Voir une lettre d’Allard, qui donnait des indications sur sa participation aux journées, in Archives de Paris VD6 92, dossier Allard. Nombreuses références internet si Vassal+commissaire de police.

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