Vassal, Jacques, Claude, Roman

Biographie


Né le 15 novembre 1770 à Lyon (Rhône) ou à Rions (Gironde) sur le site de l’AN et dans le Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889. Banquier, président du tribunal de commerce de Paris et député. Il fut élu, le 24 novembre 1827, député de la Seine et prit place au centre gauche, s’associa aux votes de l’opposition légale et fut des 221. Il fut réélu le 19 juillet 1830. Il y a peu de témoignages de sa participation à la révolution de Juillet. Dans ses Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, Bérard écrit sur lui que, le 26 juillet après avoir assisté, avec le député Laborde, à la réunion des journalistes qui préparaient la rédaction d’une protestation, Bérard passa chez Vassal « qui nous manifesta le plus vif effroi ». Il fut l’un des participants aux réunions de députés qui eurent lieu dès le 26 juillet (avec Delaborde, Perier, de Schonen, Villemain, J. Lefebvre, Daunou, Bernard, Bérard, Bavoux, Chardel, Mauguin, Persil), au domicile de l’un ou de l’autre des députés. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Vassal, Jules, Claude, Roman sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). On trouve dans le récit que fit Pasteur d’Etreillis de sa propre participation aux combats, un récit intitulé Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830, en date du 12 août 1830 et qui contient une mention relative à Vassal pendant les combats de Juillet ; ce récit était ainsi rédigé : « Les principaux habitants de l’arrondissement se réunirent à l’hôtel Saint-Aignan, rue Sainte-Avoye, chez MM. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis) et Pagès (voir Pagès, Louis, Antoine). Au premier bruit du canon, l’assemblée se sépara, chacun revêtit l’uniforme de garde national et courut à la mairie, d’où l’on partit pour s’emparer de tous les postes et se transporter au lieu du combat. Un grand nombre de ces citoyens dévoués se rendirent aussitôt à l’Hôtel de ville et y prirent position. La garde royale arriva, suivie de l’artillerie. M. Marchand (voir Marchand, Louis, François) s’avança, avec deux gardes nationaux et le sergent Debeine, pour parlementer et éviter l’effusion de sang : ils furent accueillis par une décharge de mousqueterie, qui renversa deux gardes nationaux et plusieurs autres citoyens. Le canon ayant été ensuite tiré à mitraille, on fut obligé d’abandonner le poste et de se replier dans les rues. Les habitants du quartier y firent la guerre, en tirailleurs jusqu’à 2 heures du matin, moment où la troupe fut obligée de se retirer. Quelques instants avant cet engagement, sur l’exhortation de M. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), une troupe de trente soldats du 50e de ligne s’était réunie à lui et était venue déposer les armes à la mairie, où elles furent distribuées ainsi que des cartouches aux citoyens qui allaient combattre. Un poste fut établi à la caserne des gendarmes d’élite, qui est situé rue des Francs-Bourgeois, vis-à-vis la mairie : quelques gardes nationaux parvinrent à les sauver de l’indignation du peuple qui se précipitait contre les portes ; le lendemain matin, les gendarmes rendirent leurs armes. Le citoyen Mancey (voir Mansais, Jean-François) commandait ces gardes nationaux. Dès le commencement du combat, une foule de citoyens de toutes conditions se présentèrent à la mairie, demandèrent des armes et des munitions. Après deux heures de recherches on parvint à découvrir quatre cents fusils, qui furent aussitôt distribués. Ceux qui ne purent en avoir n’en coururent pas moins à la défense de la patrie, en s’armant de tout ce qui se trouvait sous leurs mains. Une fabrique de cartouches fut établie chez M. Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis) et chez son frère (voir Pagès, Louis, Antoine) ; par leurs soins, il en fut confectionné vingt-cinq mille. 29 juillet. Le matin, Paris était sans chef, sans direction pour mettre un terme à cette situation funeste et parer aux maux de tout genre qui devaient en être le résultat, MM. Pagès, après avoir été chez M. Vassal, député, prendre des conseils, parcoururent l’arrondissement pour convoquer chez eux les principaux habitants. La réunion fut nombreuse ; personne ne craignit de s’y rendre. En ce moment, on entendait des décharges continuelles d’artillerie dans la direction des Tuileries. Ils exposèrent qu’il était urgent de nommer un gouvernement provisoire et d’organiser la garde nationale […]. » Il délivra un certificat en faveur du docteur Guillon, François, Gabriel (voir ce nom) pour attester que ce dernier avait « bien mérité de la patrie » et qu’il était « digne de tout l’intérêt du gouvernement ». En date du 20 avril 1833, le Constitutionnel faisait paraître la lettre suivante du docteur Guillon (voir Guillon, François, Gabriel), à l’occasion de l’exposition du nouveau tableau de Gosse sur la visite de la reine à l’ambulance de la Bourse le 25 août 1830. Le docteur Guillon y faisait mention de Vassal : « A M. le rédacteur du Constitutionnel,

»Monsieur,

»Puisqu’en rendant compte du tableau de M. Gosse, représentant la visite de la Reine et de sa famille à l’ambulance de la Bourse, vous avez rappelé le peu que j’ai fait pour les blessés, permettez-moi, je vous prie, de profiter de cette circonstance pour rectifier, par la voie de votre journal, une erreur grave que renferme le travail de la Commission de la souscription nationale, au sujet des dépenses de cette ambulance, erreur qui pourrait faire naître des soupçons injurieux sur les personnes qui ont donné avec autant de zèle que de désintéressement des soins aux victimes de notre mémorable révolution. L’ambulance de la Bourse n’a pas, comme il est dit, page 13 du compte-rendu que viennent de publier messieurs de la commission, coûté 2.764, 60 francs mais simplement 1.019, 40 francs, ce qui fait une différence en moins de 1.715,20 francs ; et cette différence vient de ce qu’on a fait figurer au nombre des dépenses de cette ambulance des sommes dont l’emploi lui est tout à fait étranger. Ces 1.019, 40 francs ont été employés à payer le pain, la viande de boucherie et les légumes, depuis le 3 août jusqu’au 10 octobre suivant. Permettez-moi encore de réparer l’oubli de MM. les commissaires du (ancien) IIe arrondissement et de signaler à la reconnaissance de nos concitoyens quelques personnes dont les noms devaient être inscrits dans leur rapport. Je citerai d’abord M. Davannne, changeur, passage des Panoramas, qui avec Mme Rivière, M. Legrand (voir ce nom), traiteur, et quelques autres personnes du quartier, ont nourri les blessés depuis le 29 juillet au matin jusqu’au 3 août, et qui, jusqu’à la fin n’ont pas discontinué de leur donner le vin, la volaille et une infinité de choses. Enfin, pendant les deux mois et demi qu’elle a duré, cette ambulance, où plusieurs centaines de blessés ont été soignés, a moins coûté à la mairie qu’à M. Davanne, dont la générosité ne s’est pas ralentie un seul instant. Comme les médicaments ont été fournis gratuitement par MM. Renard (voir ce nom) et Bughon (voir ce nom), pharmaciens, rue Vivienne, c’était peut-être un devoir pour MM. les rapporteurs d’en faire mention, surtout l’un d’eux étant aussi pharmacien. L’ambulance de la Bourse ayant été la plus considérable de toutes celles qui furent établies alors, MM. Delacoux (voir Delacoux, Alexis) et Schrimpton (voir Shrimpton, Charles), qui pansèrent comme moi les blessés, Mlle Le Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), Mme Grosjean (voir Grosjean madame, Mathilde), Mlle Balzac (voir ce nom), qui leur prodiguaient les soins les plus touchants, méritaient également une mention honorable, ainsi que M. Rousseau-Leblanc (voir ce nom), pour les services qu’il avait rendus depuis le 29 juillet dans la soirée (vers 4 heures), où il vint à l’ambulance, jusqu’au 10 octobre, époque à laquelle les deux derniers blessés en sortirent. Je terminerai cette lettre en relevant encore une inexactitude de ce compte-rendu, où je figure comme membre de la commission médicale du (ancien) IIe arrondissement et lorsque je n’ai fait partie d’aucune de ces commissions. Je ne le pouvais, en effet, puisque dès le moment où j’établis l’ambulance au palais de la Bourse, jusqu’à la fin, je ne quittai que le moins possible les blessés auprès desquels je passai même plusieurs nuits. Aussi, à notre satisfaction à tous, n’avons-nous eu à déplorer la perte d’aucun d’eux, quoique nous ayons évité cinq amputations que quelques-uns de nos confrères avaient jugées nécessaires. J’ajouterai aux réflexions très justes que vous avez faites au sujet de M. Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), que l’asile qu’il avait donné aux blessés, lorsque M. le préfet de police d’alors voulait les évacuer sur les hôpitaux, suffisait pour lui mériter la place qu’il occupait dans le tableau de M. Gosse, où cependant il est remplacé par M. B... de R... [Baudesson de Richebourg, N.D.A] (voir ce nom) J’ai fait tous mes efforts pour déterminer l’artiste à l’y laisser ; mais, à mon grand chagrin, je n’ai pu y parvenir. » Vassal est représenté dans le tableau de Gosse, exposé pour la première fois en 1833 et conservé au Musée du Carnavalet, Sa Majesté la Reine des Français visitant les blessés de Juillet à l’ambulance de la Bourse, le 25 août. Les Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts donnèrent, à l’occasion de sa première exposition, le commentaire explicatif suivant sur le tableau : « Tous les personnages, ainsi que tous les détails de ce tableau, sont historiques. En donnant ici un court récit de la scène qu’il représente, nous aurons fait connaître sa composition et les diverses figures que l’auteur a dû y faire entrer. “Après les mémorables journées de Juillet, dit M. Gosse dans la notice du livret, S.M. la reine, accompagnée de S.A.R. Mme Adélaïde, du prince de Joinville, des princesses Louise et Marie, et de Mme la marquise de Dolomieu, alla visiter l’ambulance établie à la Bourse dès les premiers jours des combats, et prodigua aux blessés et aux personnes qui leur donnaient leurs soins, des secours et des consolations.” La reine fut reçue par MM. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), Richebourg (voir Baudesson de Richebourg), Novins (voir Novince, Pierre, François), Rousseau (voir Rousseau, Jean, Joseph), et un jeune Anglais nommé Schripton (voir Shrimpton, Charles), naturalisé français depuis la révolution de Juillet, et qui, pendant les trois jours, ne cessa de prodiguer ses soins aux blessés de la Bourse. Parmi ces blessés, on remarque Julien (voir Julien, Fortuné), vieux soldat de la garde impériale : c’est celui dont la reine prend la main ; M. Guillaume (voir Guillaume, Henri, François, Guillaume), cousin de M. le préfet de police ; il reçut vingt blessures ; M. le docteur Marc est auprès de lui. Viennent ensuite Hureaux (voir Hureau, Julien, Charles), près duquel est Mme Novins ; Gravey (voir Gravey, Thomas, Bernardin), cocher de cabriolet, et sa famille ; Brisset (voir Brisset, Jean, François), ciseleur ; Bouvier (voir Bouvier, Benoist, Marie), Chambron (voir Chambeiron, Pierre, Antoine), Séné (voir Séné, Adolphe, Louis, Baptiste), tous blessés, et les personnes qui ont pris une part plus ou moins active aux soins qui leur ont été donnés, et parmi lesquelles il faut principalement remarquer Mlle Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), marchande de modes ; c’est elle qui est placée près de Mme la marquise de Dolomieu. Sur le premier plan, on remarque le nommé Marquet, garde royal ; et près du vieux Julien, M. le docteur Guillon (voir ce nom), médecin en chef de l’ambulance, à qui, la veille de l’arrivée de la reine, M. de Lafayette avait remis une médaille d’or. Dans le fond est le drapeau national, et une affiche aux trois couleurs portant ces mots : Aux braves blessés pour la patrie. Tels sont à peu près les nombreux personnages de cette riche composition que quelques personnes, par un esprit de parti plus qu’injuste et fort mal entendu, avaient d’abord sévèrement critiquée. Placé sous un faux jour lors du premier mois de l’exposition, ce tableau n’avait pu être sainement jugé : mais enfin, lorsqu’il a pu être offert aux regards des connaisseurs sous un jour favorable, il a été pleinement vengé de l’injuste rigueur des censeurs. Nous ne voulons pas dire cependant que toutes leurs critiques aient porté à faux. On a remarqué avec raison que l’ensemble du tableau, d’ailleurs bien composé, manquait de vigueur d’effet, principalement le côté droit ; que peu de figures avaient l’énergie d’expression que le sujet comportait. Excepté le soldat à qui la reine prend la main, l’opposant qui se couvre le visage de ses mains pour cacher son émotion à la vue d’une princesse dont la bonté le confond ; excepté encore la jeune femme en marmotte, la figure du jeune prince, et surtout celle de la reine des Français, dont les traits respirent la bonté et la compassion, presque tous les personnages de cette scène sont peu animés, peu expressifs, même la reine des Belges, dont l’artiste n’a fait, à bien dire, qu’un portrait hors d’œuvre. Toutefois, il faut convenir que donner l’expression convenable à une scène où la douleur physique et la satisfaction morale devaient se peindre sur les traits de nombreux personnages qui, étant tous historiques, devaient être tous ressemblants, était une tâche difficile à remplir, et que plus d’un des hommes de mérite qui ont critiqué le tableau de M. Gosse, ne l’aurait probablement pas accompli avec autant de bonheur que lui. » Il adhéra au gouvernement de Louis-Philippe et quitta la Chambre aux élections de 1831. On trouve ainsi mention de son nom dans L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire : « L’un des principaux banquiers de Paris, M. Vassal, député de la Seine, siégeant à l’extrême-gauche, et président du tribunal de commerce, a disparu, par suite de mauvaises affaires. La Banque a pour deux millions d'effets à ce négociant. Un autre banquier a mis fin à ses jours. » Il mourut le 13 novembre 1834 à Paris. Il demeurait 2, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831. Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, Bérard, Paris, Perrotin, 1834, p. 65 ; Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 109 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Guillon, François, Gabriel ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIV/V/2 Récompenses honorifiques photos à traiter ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pasteur d’Etreillis in Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830. Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Robert et Cougny ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome soixante-cinquième, 7 octobre 1830 n° 1694 p. 454 ; L’Ami de la religion et du roi, journal politique, ecclésiastique et littéraire, tome soixante-cinquième, 15 janvier 1831 n° 1737, p. 525 ; le Constitutionnel, 20 avril 1833 ; Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts, Landon, Salon de 1833, Paris, chez Pillet, 1833, pp.73-75 ; La Banque en France au XIXe siècle, Gille Bertrand, Droz, Genève, Paris, 1970, p. 114 note 18.

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