Vasseur, Louis, Charles
Biographie
Ouvrier bijoutier en doré. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet la lettre suivante à la Commission : « En 1830, j’ai été un des premiers à organiser la défense de mon quartier ; sur l’invitation d’un vieux capitaine, j’ai formé un poste rue ...arante n° 1, (près le Palais-Royal), où je demeurais alors. Dans ces circonstances, je ne me suis adressé à personne malgré que j’avais à ma charge ma pauvre vieille mère ; c’est parce que je me sentais assez fort pour me soutenir par mon travail et mon énergie. Mais depuis dix-huit ans je me suis trouvé en dissidence avec ces soi-disant bourgeois, eux les fils de partie du manuscrit brûlé qui prennent les prolétaires pour une bête de somme, eux ont l’audace de me crier Je veux et moi j’ai répondu Je ne veux pas. De là vous pouvez concevoir ma misère. Homme d’honneur, je n’ai voulu entraîner personne avec moi mais j’ai dit que Vasseur, Louis, Charles n’obéirait pas. J’ai au 12 mai [1839, N.D.A.] reçu une blessure à la jambe droite, par la brutalité d’un homme qui aurait dû plutôt me protéger puisque je secourais deux blessés. Me trouvant mis hors la loi, j’ai eu recours à un généreux docteur, qui m’a donné des soins désintéressés (aussi est-ce un noble cœur). Après si longtemps de souffrance, j’ose croire, citoyens, vous qui connaissez ce que c’est que le malheur, que vous voudrez bien tendre la main à celui qui vous salue. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, médecin de la faculté de Paris, certifie que le 12 mai 1839 à 3 heures après-midi, le citoyen Vasseur, ouvrier bijoutier est venu à mon domicile ( à cette époque rue Aumaire 53) pour se faire panser une blessure à la jambe, que ledit citoyen venait de recevoir dans la rue Saint-Martin. Je certifie de plus lui avoir continué mes soins pendant un mois. » Signé, le 17 avril 1848 : Parent-Aubert (voir Parent-Aubert, Philippe, Joseph), demeurant 19, rue Saintonge. Sa demande fut rejetée, ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission. Il demeurait 11, rue du Paon-Saint-Victor en 1848. Archives de la préfecture de police AA 416.