Vauson
Biographie
Professeur de mathématiques des pages. Millet, professeur d’histoire à l’Ecole militaire de Saint-Cyr sollicita pour lui et par une lettre en date du 12 octobre 1830 adressée au ministre de l’Intérieur, la décoration de la Croix de Juillet, en raison de sa participation aux événements de Juillet. Cette lettre était ainsi rédigée : « Au moment où vous venez de faire un acte de justice agréable à tous les vrais amis de la liberté, en proposant à la Chambre des députés d’accorder une récompense honorifique aux braves qui ont bien mérité de la patrie dans les glorieuses journée de Juillet, je crois devoir vous donner connaissance du fait suivant relatif à M. Vauson, professeur de mathématiques des pages de l’ex-roi à Versailles. Ses talents sont depuis longtemps connus des habitants de cette ville, son patriotisme et son désintéressement ne doivent pas rester ignorés. Le jour où le peuple courut aux armes pour repousser la plus insolente et la moins méritée de toutes les agressions, M. Vauson, sourd à la voix de tout intérêt particulier, vint embrasser sa femme et un jeune enfant dont il est l’unique soutien et leur annonça qu’il se rendait à Paris où l’appelaient ses devoirs de citoyen. Vainement, on s’efforça de le retenir, en lui représentant que cette seule démarche entraînerait la perte de sa place, son seul moyen d’existence, et que s’il succombait il laisserait sa femme et son enfant sans protection et sans ressource. Il répondit qu’il était citoyen avant d’être époux et père : il est parti et la cause sacrée de la liberté avait triomphé lorsqu’on le vit reparaître, harassé de fatigue. Peu de jours après, la présence de quelques braves ayant été jugée nécessaire à Rambouillet, M. Vauson y arriva un des premiers. M. le général Richemond, membre de la Chambre des députés et commandant de l’école militaire de Saint-Cyr, a rendu compte au ministre de la Guerre du service important que M. Vauson et quelques professeurs de ses amis et anciens collègues ont rendu à cet établissement dans la position critique où il se trouvait placé. Ainsi deux ministres du roi sont informés de la belle conduite tenue par un généreux citoyen, réformé sans indemnités, laissé sans place par suite de la juste suppression de la maison des pages. Je n’ose pas espérer que votre sollicitude aille jusqu’à lui donner de l’emploi mais je crois que votre justice ne peut lui refuser une de ses récompenses honorifiques que la patrie va, sur votre proposition, décernées aux braves défenseurs de la liberté et j’ose ici vous en faire la demande en sa faveur. Heureuse la patrie qui possède beaucoup d’enfants aussi bien dévoués que M. Vauson ! heureux le ministre a appelé à la récompenser point j’ai l’honneur de me dire, etc. » Sans doute la correspondance se fit-elle par procuration avec Millet, professeur d’histoire à l’Ecole militaire de Saint-Cyr et demeurant 22, rue du Hasard à Versailles pour accomplir les démarches à effectuer auprès de la Commission des récompenses nationales constituée dans le département de Seine-et-Oise. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la demande de Croix de Juillet, qu’il avait présentée : « La Commission, attendu que les faits allégués par M. Vauson sont communs à un grand nombre de citoyens et que sa demande n’est accompagnée d’aucune pièce, estime que l’on ne doit point donner suite à cette demande. » Il demeurait 22, rue du Hasard à Versailles en 1831. Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 16 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.