Veil, Isaac
Biographie
Négociant à Nancy (Meurthe). Il sollicita, par une demande en date du 23 décembre 1831, la décoration de Juillet : « Ancien sous-officier, ayant porté ces nobles couleurs pendant six ans, le bonheur qu’il avait de les revoir lui a fait braver tous les périls pour témoigner sa joie de l’immortelle révolution de Juillet, comme il le ferait encore s’il fallait prouver son dévouement à la France et au roi-citoyen, objet de tous ses respects et de son affection. C’est ce même drapeau qu’il a arboré au champ de foire, au-dessus de son magasin en juin dernier, et qui a été honoré des regards de Votre Majesté à son passage à Nancy. L’exposant n’ayant pu, à cause de ses affaires commerciales, porter plus tôt la présente réclamation au pied du trône de Votre Majesté, de laquelle il implore la décoration ou la médaille de Juillet, ose espérer que ce n’est pas ce retard qui influerait sur la détermination du meilleur des rois pour récompenser un acte de courage et de dévouement entouré alors de tant de dangers et ose invoquer avec confiance le témoignage de MM. de Ludre et Tardieu, députés de son département, qui ont connaissance du fait exposé ici et qui pourront, il l’espère, certifier à Votre Majesté que l’exposant est digne de ses bontés. En voyant briller sur sa poitrine l’étoile de l’honneur, quel encouragement ne serait-ce par pour les patriotes de Nancy pour voler à la défense de la patrie et de leur roi s’ils réclamaient le secours de leurs bras ? La reconnaissance de l’exposant sera sans borne, comme le très profond respect avec lequel il ose se dire, etc. » Il joignait la pièce justificative suivante à sa demande : « Nous, soussignés, députés du département de la Meurthe, certifions qu’étant à Nancy lors de la révolution de juillet 1830, il est à notre connaissance que M. Isaac Veil, négociant, y demeurant rue Damervalle n° 3, a arboré le 31 juillet 1830 à la croisée de son appartement au premier étage le drapeau tricolore et que ni les menaces qui lui ont été faites ni les conseils qui lui ont été donnés sur les dangers auxquels il s’exposait par cette prompte manifestation de ses sentiments, lorsqu’on ignorait encore les événements de Paris, n’ont pu le décider à le retirer. Nous certifions en outre que M. Veil a toujours joui à Nancy de l’estime générale et qu’il y est bien connu comme honnête homme, bon père de famille et bon patriote. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent pour rendre hommage à la vérité et lui servir ce que de raison. » Signé, le 15 décembre 1831 : Adem, colonel de la garde nationale de Nancy ; Novel, lieutenant-colonel de la garde nationale de Nancy ; Moreau, maire de Nancy ; C. de Ludres, député ; Poiret ; Martin Maillefer (voir Martin-Maillefer, Pierre, Daniel reporter le nom), ex-membre de la Commission des récompenses nationales, qui ajoutait : « Je m’empresse de joindre mon témoignage à celui de mes deux honorables amis, dont les noms précèdent. J’ai acquis, sur les lieux mêmes, la certitude que M. Veil n’a rien avancé que d’exact dans sa pétition et qu’il s’est toujours fait connaître comme citoyen honnête et patriote. » A cette date, la Commission créée pour le département de la Meurthe ayant terminé son travail et plus aucune demande n’étant recevable, il ne fut donné suite à la demande de Veil. Il demeurait 3, rue Damervalle à Nancy en 1832. Archives nationales F/1dIII/80, Meurthe.