Veissier-Descombes

Biographie


Né en 1791 à Sisteron (Alpes-Maritimes). Maître d’études puis répétiteur à l’institution Bourdon, 9-11, rue Payenne, en 1830, Professeur au collège Henri-IV en 1831. Le directeur de l’institution Bourdon lui délivra le certificat suivant : « Je soussigné certifie que le sieur Veissier-Descombes a été employé un an dans mon établissement, comme maître d’études de mathématiques spéciales, que sa conduite honorable et ses connaissances m’ont déterminé à le conserver comme répétiteur. Le jeudi 29 juillet, mes élèves ayant forcé la porte pour aller se réunir aux élèves de l’Ecole polytechnique qui se battaient en différents endroits, je chargeai M. Veissier-Descombes de les suivre et de veiller sur eux. Il m’est revenu qu’il a partagé leurs dangers à la caserne de Babylone, au Louvre et aux Tuileries. » Signé Bourdon. Baduel, élève de l’Ecole polytechnique, apostilla ainsi l’attestation : « J’atteste que M. Veissier-Descombes se trouvait à l’attaque du Louvre et des Tuileries et qu’il s’est conduit avec le courage et le dévouement d’un bon citoyen. » Dans le récit que fit Œuf La Loubière de sa propre participation aux combats, il laissait les indications suivantes sur Veissier-Descombes : « […] Le 29, je parvins, par mes discours et ma fermeté à calmer une foule entièrement ivre, qui, par un zèle imprudent, se disposait à mettre le feu à un tas de livres, de linge et de meubles qu’elle avait entassés dans l’un des appartements, voulant, disait-elle, incendier le palais pour faire périr les jésuites qu’elle croyait y être enfermés. Là, je faillis être massacré par cette même multitude qui me prenait pour un mouchard et je ne dus mon salut qu’à M. Veissier Descombes (professeur agrégé du collège royal Henri IV, qui était avec moi, et à ma blessure que je leur montrai et qui fut pour eux le meilleur argument […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Citoyen honorable. Tous les soins imaginables n’ont rien fourni d’exact sur sa conduite pendant les trois journées mémorables (les voisins). » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Veissier-Descombes reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Veyssier-Decombe sur les listes de la mairie, et sous le nom de Vessier-Descombe sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sous celui de Veyssier-Descombes sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il adressa, en date du 2 août 1831 et avec Plée, François (voir ce nom), une lettre ainsi rédigée pour intercéder en faveur de Calonne de, Jacques, Honoré auprès de la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé, afin que soient reconnus ses droits à une distinction honorifique : « Nous avons vu avec peine que l’un de nos camarades dont la conduite pendant les journées de Juillet n’a pas démenti les honorables antécédents n’ait pas obtenu l’une des récompenses nationales accordées à ceux qui ont, à cette époque, compromis leur état, leur fortune ou leur existence. M. de Calonne, professeur au collège Henri IV, officier dans la XIIe légion, a, dès le 29 juillet, revêtu l’uniforme de garde national, lorsqu’il n’était pas sans danger de porter cet uniforme. Choisi alors pour faire partie de la Commission municipale due (ancien) XIIe arrondissement, il y fit plusieurs missions, qui prouvaient son entière participation au rétablissement de nos libertés. Il a été chargé d’aller lire à la barrière d’Enfer une proclamation du général partie du manuscrit brûlée, a fait un appel aux patriotes de Juillet pour aller à Rambouillet, a signé un ordre partie du manuscrit brûlée, et Benoit partie du manuscrit brûlée, qui furent apportées par suite de cet ordre à la mairie, a apposé son nom à des placards qui le mettaient en état d’hostilité complète avec le gouvernement déchu. Trop modeste pour faire valoir puissamment ces titres et d’autres encore auprès de la Commission des récompenses nationales, M. de Calonne n’a pas même obtenu la médaille. Nous pourrions ajouter que la conduite de M. de Calonne n’était qu’une conséquence de l’opposition qu’il avait toujours faite sous le gouvernement déchu, en signalant par des écrits les abus du pouvoir et en se déclarant l’antagoniste des jésuites, au risque de perdre son emploi. Nous espérons, messieurs, que vous voudrez bien appeler auprès de vous ce digne citoyen et faire valoir auprès du gouvernement ses titres, pour obtenir l’une des récompenses à laquelle il vous semble avoir droit. Agréez, etc. » En 1834, il était conducteur des Ponts et Chaussées à Bourbon-Vendée. Il demeurait 2, rue Neuve-Sainte-Geneviève en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois, chaque fois sous le nom de Veyssier-Decombes, la deuxième sous le numéro 294) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 13 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 49 in dossier Œuf La Loubière ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/9/1156 (il signe de son nom de Veissier-Descombes) ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Calonne de, Jacques, Honoré. Nombreuses entrées sur Internet.

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