Verger, Jean
Biographie
Né vers 1797 à Alexin (Mayenne). Maître tailleur. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il avait d’abord adressé, le 9 août 1831, la lettre suivante au sous-préfet de Saint-Denis : « Le soussigné Jean Verger à Neuilly a l’honneur de vous transmettre le certificat qu’il obtint pour le zèle qu’il a apporté à maintenir l’ordre dans le trouble, à surveiller et à garantir les liberté et sûreté publiques et individuelles pendant les journées de juillet 1830. Les peines qu’il s’est données, les travaux auxquels il a concouru lui méritent les suffrages des gardes nationaux, ses camarades. Il vous prie, monsieur le sous-préfet, de vouloir bien juger dans votre justice s’il n’est pas fondé à en réclamer une récompense nationale quelconque. Ne voulant rien préjuger en sa faveur, il a l’honneur de vous déclarer qu’il serait content et satisfait d’en obtenir une d’après les attestations dont il vous fait la transmission, touchant les services signalés et importants qu’il s’est empressé de rendre et de concourir à rendre. » Il joignait le certificat suivant : « Nous, soussignés, sapeurs-pompiers de la dite commune, certifions que le sieur Jean Verger, maître tailleur, demeurant audit Neuilly, rue de Seine n° 53, a travaillé aux barricades de notre commune, même pendant le commencement de la canonnade ; qu’il a surveillé les individus armés soupçonnés espions de l’ex-garde ou de son parti ; qu’il a aidé un aide de camp du général Gerard à se débarrasser de la foule du peuple qui l’avaient entouré et qui criait Il faut le tuer, c’est un officier de la garde royale ! Il est parvenu enfin à le conduire à la maison commune, où il s’est fait connaître. Ledit sieur Verger fut un des six hommes qui l’escortèrent jusqu’au pont ; après ils arrêtèrent un soi-disant officier de l’ex-garde, armé de pistolets et d’une épée, qu’ils conduisirent aussi à la maison commune. Le 30, il a, ainsi que d’autres, arrêté plusieurs individus chargés de matelas, traversins, couvertures etc., enfin de différents effets de gendarmerie. C’est lui aussi qui s’empressa d’aller à la mairie demander des bons afin de procurer des vivres à un de ces postes harassé de fatigue qui était pour la garde des barricades du pont et ne pouvait être relevé, faute d’hommes. Il en fit ensuite autant pour les autres postes qui étaient dans un pareil dénuement. Dans cet intervalle, il fut un instant arrêté par les ordres d’un nommé Fessard, fabricant de savon vert, qui désapprouvant les démarches qu’il fit ci-dessus, en lui disant que ce service ne le regardait pas, le mit entre les mains de illisible hommes, chargés de le conduire à la mairie : ce fut le tambour major de la garde nationale qui le débarrassa et qui ordonna à ces hommes de retourner à leur poste. Nous désirons, d’après ce détail que le sieur Verger participe aux récompenses nationales. C’est pourquoi nous nous faisons un sensible plaisir de lui délivrer le présent. » Signé, le 5 août 1831 : Magnan (voir Magnan, Louis), sous-lieutenant des sapeurs-pompiers ; Lobrot (voir Lobrot, Jean-Baptiste), fourrier des sapeurs-pompiers ; Lecomte (voir Lecomte, Louis, Théodore) ; Gilles, sapeur, porte-hache ; Herier, sergent-major des sapeurs-pompiers. Il fit parvenir ces mêmes pièces à la Commission des Réclamants. On trouve dans son dossier la déclaration suivante : « Moi, Lecomte, Louis, Théodore (voir ce nom), déclare que M. Gilles a fait et signé plusieurs certificats à des habitants de la commune de Neuilly (près Paris) et que ledit sieur Gilles n’était aucunement présent aux affaires. Cette plainte est portée et signée par ledit sieur Lecomte. » Signé : Lecomte (voir Lecomte, Louis, Théodore) demeurant 49, rue de Seine à Neuilly ; Blas (voir Blas, Nicolas), demeurant 77, rue Saint-Denis. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme jouissant d’une fortune médiocre. Il demeurait 53, rue de Seine à Neuilly en 1831. Archives de la préfecture de police AA 416.