Veron, Jean, Antoine
Biographie
Né le 19 ventôse an VII (9 mars 1799) à Paris. Ouvrier maçon ou journalier in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives de Paris DM13 1 sur le registre qu’il signe. Il faisait le coup de feu, le 28 juillet, rue de la Poterie-des-Arcis, avec trois ou quatre autres combattants ; la femme Dimpre ou Gimpre leur offrit du vin et de la poudre ; peu après un des combattants fut tué. Après la prise du Louvre, il se présenta à l’hôtel de France, 32, rue Saint-Thomas-du-Louvre, se fit remettre un fusil des gardes royaux qui venaient d’être désarmés puis, avec ce fusil, se dirigea vers le Palais-Royal, où l’on se battait encore et fut au nombre de ceux qui entrèrent les premiers. Ce fut là qu’il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche. Il fut soigné à l’ambulance des Pyramides puis à l’Hôtel-Dieu, du 29 juillet au 16 août. Père de quatre enfants, il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud, qui délivra, en date du 13 novembre 1830, le certificat suivant : « Est entré le 7 septembre à la Maison de convalescence établie à Saint-Cloud, pour être traité des suites d’une blessure par arme à feu à la partie postérieure interne et supérieure de la cuisse gauche, en gouttière, profonde et étendue ; cicatrice adhérente, difficultés dans les mouvements ; que depuis son entrée, il s’est donné un coup à la jambe droite et qu’il est survenu par suite des abcès sur le trajet des illisible de la cuisse du même côté. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « P. Ch. Fournier Saint-Amant, commissionnaire négociant en vins, patenté à Bercy n° 44, croit pouvoir certifier à tous ceux qu’il appartiendra , surtout d’après les indications précises et circonstanciées qu’en donne le certifié lui-même, qu’effectivement le 29 juillet dernier à 11 heures et demie du matin immédiatement après la prise du Louvre le sieur Veron, Jean, Antoine, maçon, s’est présenté à l’hôtel de France, rue Saint-Thomas-du-Louvre n° 32, où je lui ai remis un fusil des gardes royaux qui venaient d’être désarmés ; qu’avec ledit fusil il s’est dirigé du côté du Palais-Royal, où l’on se battait encore, et que c’est à ce qui paraît alors qu’il a été blessé. » Signé, le 11 janvier 1831 : Saint-Amant. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Veron, Jean, Antoine était au nombre de ceux qui sont entrés les premiers dans le Palais-Royal, le 29 juillet dernier et qu’il s’y est bien conduit. » Signé, le 16 janvier 1831 : Bonneau, conservateur du mobilier du Palais-Royal. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que me trouvant le 28 juillet rue de la Poterie-des-Arcis n° 1, ma femme offrit du vin et de la poudre aux personnes qui se battaient au coin de ladite rue. J’y ai remarqué entre autres le nommé Veron, Jean, Antoine, maçon, qui faisait le coup de fusil avec trois ou quatre autres individus, dont un a été tué. » Signé, le 12 janvier 31 : Dimpre ou Gimpre, demeurant 11, rue de la Poterie-des-Arcis. En date du 19 avril 1831, le maire de la commune de Batignolles-Monceau, lui délivra un certificat pour attester que Veron « n’a pas de ressources et qu’il est nécessaire qu’il doit secouru par le gouvernement ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à ouverture unique mais à balle extraite à la partie postérieure et interne de la cuisse gauche ; guérie mais avec adhérence de la peau aux muscles, quelque gêne et quelques difficultés dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut un équipement de garde national pendant son séjour à la Maison de convalescence de Saint-Cloud. Il signa un certificat de notoriété, attestant qu’il avait parfaitement connu Ozanne, Etienne, François et savait qu’il avait été atteint d’une balle reçue dans le bas-ventre le 29 juillet en face du pont des Arts. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 25 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix et son brevet le 24 juin 1831. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante-quinze francs en 1851, un secours de soixante francs en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 20, bd de Courcelles aux Batignolles-Monceau depuis le 16 mars 1830 et en 1831 ; 15, rue de Montmorency à Boulogne-sur-Seine en 1849-1852. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.