Versigny, François, Michel
Biographie
Né le 30 octobre 1799 à Chevreville (Oise). Charcutier. On peut lire à son sujet, dans Précis des événements qui sont arrivés à la place des Innocents, les 28, 29 et 30 juillet, de Duplessis, les faits suivantes le concernant : « [Le 28 juillet] A 10 heures, une bande immense, mieux armée, commandée par un homme que je n’ai distingué que par son audace, nommé Versigny, François, Michel, s’élance sur le même poste [de la place des Innocents], lui arrache armes et vêtements, fait crier Vive la liberté, vive la charte, mort aux tyrans ! A ce cri unanime, gendarmes et assaillants se prennent aux bras, s’embrassent et, soutiens mutuels les uns des autres, ils partent pour leur caserne de la rue Saint-Martin ; d’autres événements les y attendaient. Un seul gendarme de ce poste (de l’ex-garde impériale) opposa de la résistance. Il allait succomber quand je m’élance sui lui, livre ses armes et son fourniment aux assaillants et l’entraîne chez moi. En un instant mon habit et mon chapeau le rendent méconnaissable. A la faveur de déguisement il se mêle à la foule, et la vie lui est conservée. Son nom est Bladier. Le départ de la gendarmerie est le signal du saccage du poste et des bureaux du commissaire. Ce pillage affreux a eu cela d’inconcevable que rien n’a pu être emporté ou conservé. Nous ne sommes pas des voleurs, s’écriaient-ils, nous voulons la liberté ! Au feu tout ce qui a servi à la tyrannie. La halle aux draps et tout le quartier peut-être auraient été réduits en cendres si je ne me fusse précipité pour arrêter les progrès de l’incendie qui venait de se manifester dans le poste. Aussitôt j’entends proférer des menaces terribles et j’aurais certainement été immolé à la fureur populaire (on me prenait pour un agent de police) si je ne me fusse emparé moi-même d’un meuble et ne leur eusse crier Brûlons mes amis, mais au milieu de la place Les cris de mort contre moi sont aussitôt remplacés par des Vivats. Et un instant après les livres noir et rouge de deux dynasties de commissaires, purifiés par le feu s’élançaient dans les airs. Ren n’a été épargné. L’écharpe brillante du commissaire et un drapeau tout brodé d’or que les forts de la halle avaient acheté à grand prix et que les précédait à ces royaux galas de Saint-Cloud. Tout enfin a été consumé. » Souffrant de trois blessures, il reçut un secours de quarante francs en août, un autre de trente francs et un dernier (sous le nom de Versing, François, Michel) de dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme blessé, un total de cent vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fit partie avec Villeret Antoine Médéric, Marzolff, Simon Marie Auguste Simon, Martrou, Pierre, Chinouffre Charles, Perès Vincent, Hindenlang Aimé, Hérard-Devillier Denis Aimé Marie, Charles Henri Bernard, Mohler Jean-Louis, Renette Albert Pierre Marie et Manteau Lucien des treize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ve et VIIIe arrondissements. Son nom apparaît dans la liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut nommé sous-lieutenant, par ordonnance en date du 21 février 1831 et sur la proposition de la Commission des récompenses nationales. Il demeurait 3, rue des Tournelles en août 1830 (sur les listes du Constitutionnel) ; 23, rue Tirechappe en 1830-1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 48 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 ; Précis des événements de juillet 1830, rédigé et publié par le sieur Duplessis, pharmacien rue de la Poterie, n° 1, lequel a donné les soins les plus assidus aux blessés ; qui a recueilli les corps des personnes tuées, dans le corps de garde des sapeurs-pompiers de la halle aux draps ; qui a pourvu, à ses frais, aux moyens de salubrité et à l’inhumation des victimes, Duplessis, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, FG 443 ms 1028 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys; Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831. C’est qui sur les journaux ?