Vicard
Biographie
Né le 1er décembre 1791 à Roanne (Loire). Officier de l’ancienne armée, chevalier de la Légion d’honneur, devenu employé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Dans le descriptif de sa propre participation aux combat, Lannes, Jean, Maurice (voir ce nom), rapportait les faits suivants concernant Vicard : « A 1 heure et demie le même jour (28 juillet, N.D.A), je me trouvai engagé avec témoins au marché de la viande et rue des Prouvaires. Je reçus des cartouches de M. Vicard, ancien militaire, décoré, qui commandait et plaçait les tirailleurs et à qui on les avait jetées de la croisée du premier, rue du Four-Saint-Honoré, n° 37. » Un signataire de l’attestation délivrée pour Jean, Maurice Lannes ajoutait de même, concernant Vicard : « J’atteste que le 28 juillet à 1 heure et demie de l’après-midi et au moment que le feu s’est engagé au bout de la rue des Prouvaires vers le marché de la viande. M. Vicard, militaire de l’ancienne armée, chef des tirailleurs qui soutenaient le feu, manquant de cartouches et poudre, vint avec Jean, Maurice Lannes tout essoufflés dans la rue du Four n° 37, pour demander des cartouches et de la poudre, qui leur ont été fournies par moi et les deux soussignés qui suivent. Et, plus, j’atteste qu’ils ont combattu jusqu’à 8 heures du soir. » Vicard, quant à lui, délivra le certificat suivant en faveur de Jean, Maurice Lannes : « Je déclare avoir eu sous mon commandement Jean, Maurice Lannes, la journée du 28 au marché des Prouvaires et rue du Roule, dont j’atteste qu’il a combattu avec courage. » Vicard délivra le certificat suivant en faveur de Chaudier, Louis : « Je certifie que le sieur Louis Chaudier était présent aux halles et rue des Prouvaires le 28 juillet 1830 pendant toute la journée sous mes ordres et qu’il a combattu vaillamment. » Il signa (comme concierge de illisible l’intendance de l’ancienne liste civile ?), le 7 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Marelle, Auguste, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « […] dans ladite journée du 28 juillet, M. Marelle s’est par zèle et son dévouement à la cause de la liberté à Saint-Eustache (église) rendu digne de la reconnaissance nationale en arrachant, d’après mes ordres, les pavés de la rue devant l’église pour les monter au haut de la tour afin d’y établir un point de défense contre les ennemis de notre cause. » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste à Palbra, Armand, Pierre) de la pétition qui, le 9 mai 1831, protestèrent contre les conditions dans lesquelles s’était faite la réunion du passage Saumon et réaffirmaient sa fidélité à Louis-Philippe. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, considérant qu’ils doivent à leur conscience de manifester leur opinion sur le résultat de la séance tenue au passage du Saumon, le 6 mai dernier, ont arrêté de rendre publique la déclaration suivante. Les hommes de Juillet, dévoués avant tout à leur pays ont combattu pour renverser l’arbitraire, secouer le joug qu’on voulait imposer à la liberté, renverser du trône le roi parjure. Déposant les armes immédiatement après leur victoire, ils accompagnèrent de leurs acclamations le lieutenant-général du royaume à l’Hôtel de ville et bientôt après reconnurent en lui le roi des Français, le roi citoyen. Fidèles à leur dévouement, ils ne demandèrent, ils ne sollicitèrent aucune faveur ; la loi du 13 décembre 1830 décerna des récompenses nationales à ceux qui dans les grandes journées de Juillet avaient sauvé la patrie, versé leur sang pour elle et mérité par leur conduite de voir leurs noms inscrits aux tables de nos lois. Une commission dont les membres choisis parmi les citoyens qui avaient pris la part la plus glorieuse aux événements de la grande semaine fut instituée ; un travail long et consciencieux fut le résultat de recherches et d’investigations pénibles ; le zèle des commissaires et des jurés quoique toujours à l’épreuve ne se ralentit pas ; enfin 1528 citoyens furent désignés par la Commission pour recevoir la décoration spéciale que leur accordait la loi. Immédiatement un rapport présenté au roi par le président du Conseil des ministres lui proposa de décerner lui-même ces récompenses au milieu des trophées de notre gloire militaire, sous les yeux de nos héros mutilés, dans le temple même où Napoléon voulut rehausser l’éclat de l’ordre qu’il avait fondé, par la vue de nombreux étendards conquis par le courage français, au nom de la patrie et de la liberté. Le rapport du ministre fut suivi d’une ordonnance qui apporte deux modifications dans la proposition de la Commission, l’une repose sur la couleur du ruban, l’autre sur l’inscription ajoutée à la décoration ; l’ordonnance prescrit en outre la formule suivante du serment que doit prêter chaque décoré : “Je jure fidélité au roi des Français, à la charge constitutionnelle et aux lois du royaume.” Les soussignés n’entreprendront point de combattre les motifs qui ont engagé leurs camarades à repousser les dispositions qui viennent d’être énoncées, ils se contenteront seulement de manifester leur opinion quant à ces dispositions. Les soussignés auraient vu avec satisfaction que l’ordonnance du roi maintînt la couleur du ruban proposé par la Commission, attendu que celui adopté est identiquement semblable aux deux ordres espagnols créés en 1808 et 1809 (Voyez la Collection historique des ordres de chevalerie par Perrot, Paris, 1820, deux volumes in 4° n° 42 et 45). Ils déclarent que ces mots Donné par le roi ne changent pas à leurs yeux la nature de la récompense, qui est et ne peut être qu’une récompense nationale et non une faveur royale ; qu’ils ne voient dans ces mots Donné par le roi que l’expression manifeste du désir de Sa Majesté d’associer son nom aux événements glorieux de Juillet, attendu que le roi ne peut aux termes mêmes de la loi ajouter ni retrancher aux noms inscrits par la Commission des récompenses nationales. Quoique, selon eux, aucune disposition législative ne les contraigne à la prestation du serment déterminé par l’ordonnance du 30 avril dernier, ils déclarent qu’ils prêteront serment de fidélité au roi des Français, gardien de la liberté, à la charte constitutionnelle qui la consacre, aux lois du royaume qui la présenteront enfin dans tout son éclat ; ils ne voient dans ce serment ni un acte de féodalité, ni un souvenir du Moyen Age, ni un lien de vassalité. Ils ont trop de franchise pour ne pas déclarer qu’armés pour la liberté, ils ont déposé les armes lorsqu’elle fut reconquise et qu’ils sauraient les reprendre de nouveau si jamais elle était menacée. » Il reçut un secours de soixante francs en 1849 et en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Vicard, Louis), un secours de soixante-quinze francs en 1852, au titre de décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Vicard, Louis). Il demeurait 3, rue des Fossés-Montmartre en 1830-1831 ; 16, avenue de Clichy-la-Garenne en 1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Chaudier, Louis ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Lannes, Jean, Maurice ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Marelle, Auguste ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 33 (sous le nom de Vicard, Louis), idem rapport du 19 août 1850, proposition d’accorder à douze décorés, médaillés, veuves et combattants de juillet 1830, domiciliés dans les départements des secours s’élevant à la somme de 755 francs, minutes 127, idem Proposition d’accorder à quinze décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 251-252, en date du 6 décembre 1852. Il y a un Vicard, tué sur les barricades d’avril 1834… Il y a un Vicard, in Archives de Paris VK3 29, séance du 8 avril 1831, qui expose au sujet de Lannier, Thomas, Alexandre (voir ce nom), dans sa séance du 8 avril 1831, au comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, les faits suivants au sujet de Lannier (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher) : « M. Vicard (voir ce nom ?) expose que M. Lannier n’a été jugé digne par le jury du (ancien) IIIe que pour la médaille : savoir pourquoi il est porté pour la croix. » Le même, dans la séance du 14 avril 1831 : « M. Bellu est signalé comme ayant fait une triple faillite. Il est, en ce moment, dit-on, plus zélé que jamais. […] MM. Rocque et Vicart, membres du comité, disent que les faits avancés par M. Vaillant sont contraires à la vérité, ils offrent d’en donner la preuve. »