Vicq, Eugène, Frédéric
Biographie
Né le 10 octobre 1807 à Paris, de Vicq, Jean, Antoine (né le 19 novembre 1780 à Paris), menuisier en voitures, et de Delahaie (mais Delahaye in Archives nationales F/1dIII/34 et Delahay in Archives nationales F/1dIII/38 B et deux fois in Archives de Paris VK3 28), Charlotte, Rosalie (née le 18 février 1782 à Paris). Bijoutier, travaillant depuis deux ans environ chez Vandendorpel, Joseph, bijoutier en doré 263, rue Saint-Martin. Il quitta avec Winter, autre bijoutier qui travaillait chez Vandendorpel, l’atelier de son patron le 27 juillet vers 16 heures, pour participer aux protestations et se rendre sur le boulevard Poissonnière. Le père de Vicq relata ainsi la participation de son fils aux combats et comment il fut gravement blessé sur le boulevard Bonne-Nouvelle en face du Théâtre de l’Ambigu-Comique : « A peine arrivés, ils voient deux gendarmes qui entraînent un jeune homme au corps de garde. Eugène Vicq, indigné, s’écrie : “Il faut le délivrer !” Aussitôt, ils se jettent sur les gendarmes, les terrassent, les désarment et leur arrachent leur proie. Rendu à sa liberté, le jeune homme se dit être élève en médecine, embrasse ses deux défenseurs et leur donne rendez-vous sur la place Saint-Sulpice pour le lendemain 28. Il s’éloigne. Le même soir, Eugène Vicq se rend à la Bourse et ne rentre chez son père qu’à 11 heures. Le lendemain 28, l’exposant rencontre son fils sur le boulevard des Italiens ; c’est en vain qu’il cherche à faire prévaloir sur lui son autorité paternelle. “J’ai un devoir à remplir aujourd’hui.” Voilà quelle fut son unique réponse. Il continue sa marche, arrive à la place Vendôme où il essuie avec ses compagnons une vive décharge de mousqueterie de la part des gendarmes, rien ne l’arrête, il court au rendez-vous de la veille mais l’exposant ignore qu’il y ait rencontré l’élève en médecine, dont il n’a même pas pu découvrir le nom malgré toutes ses recherches ; sera-t-il mort à son tour ? Eugène Vicq se rend ensuite à la porte Saint-Martin. Le 5e régiment de l’ex-garde venait d’y arriver et faisait feu, en chargeant sur la multitude. Le peuple lâchait pied et cherchait une position plus avantageuse, en se retirant par la rue de Lancry. Il y court et aperçoit son ami le sieur Winter qui était embusqué avec plusieurs bourgeois devant le Café flamand. Il les prévint qu’un groupe de gardes royaux filait le long du mur pour les surprendre ; il veut franchir la barricade mais, au même instant, il est frappé d’une balle qui lui traverse le bas-ventre. Il tombe, on l’emporte rue des Fontaines et de là on le transporte à l’hospice Saint-Louis, où il est mort le même jour. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Le 16 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Leutert, Jean, Geoffroy, né vers 1782, menuisier, demeurant 14, rue du Rocher ; Durand, Pierre, né vers 1785, maréchal-ferrant, demeurant 15, rue du Rocher ; Ragaine, Marin, né vers 1799, marchand de meubles, demeurant 18, rue du Rocher. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Vicq, Eugène, Frédéric et « savoir que le 28 juillet dernier vers midi, étant alors sur le boulevard vis-à-vis le théâtre de l’Ambigu-Comique, il fut atteint d’une balle dans le bas-ventre, qui l’a renversé parterre ; qu’ayant été transporté immédiatement à l’hôpital Saint-Louis il y est mort le lendemain par suite de sa blessure ». Ses parents étaient inscrits au rôle des secours publics du bureau de charité du (ancien) Ier arrondissement, depuis le 1er juillet 1815. Vandendorpel, Joseph, l’employeur de Vicq, Eugène, Frédéric délivra le certificat suivant, en date du 20 août 1830 : « Je, soussigné, certifie à qui il appartient de droit, que le sieur Eugène, Frédéric Vicq a travaillé chez moi, en qualité d’ouvrier bijoutier, pendant deux ans environ, avec honneur et probité ; que sa conduite a toujours été exempte du plus léger reproche ; qu’il est à ma connaissance qu’il partageait le produit de son travail avec ses père et mère et qu’il est sorti de mes ateliers le 27 juillet à 4 heures du soir, pour aller défendre avec d’autres de mes ouvriers la cause de la liberté nationale. » Le certificat était apostillée de la signature de Winter, L. Le père présenta en outre le certificat suivant : « Je certifie que le sieur Vicq, menuisier en carrosse, demeurant rue du Rocher n° 17, père de quatre enfants, ayant perdu un de ses fils en combattant pour la liberté dans la glorieuse journée du 28 juillet, qui lui était utile pour aider à soutenir et élever sa famille, réclame des secours, que la générosité publique lui accorde. » Signé, le 9 septembre 1830 : Dethan frères, tailleurs, demeurant 8, rue de la Pépinière ; Leutert (voir sans doute plus haut) ; Ragaine (voir sans doute plus haut) ; Morin ; Guillaume, propriétaire, demeurant 22, rue du Rocher. Les parents reçurent un secours de vingt-cinq francs le 4 août, un secours de cent francs le 15 septembre 1830 (mais un total de trois cent vingt francs in Archives de Paris VK3 28) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, furent pensionnés de deux cents francs et il leur fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. En 1832, les parents, devant faire face à des dettes, sans travail, devant une année de leur loyer, sollicitèrent, de la Commission du (ancien) Ier arrondissement l’autorisation de vendre leur inscription de rentes ; ils obtinrent de pouvoir en vendre la moitié. A cette occasion, le patron chez lequel travaillait depuis dix ans le père Vicq témoigna qu’il s’était toujours « comporté honnêtement et fidèlement » ; le père Vicq avait eu douze enfants, dont il lui en restait quatre. En 1837, la sœur de Vicq posa sa candidature pour que son mariage fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ou du mariage de la fille du roi. En 1840, le père adressait une lettre au préfet de police pour qu’il lui fît remettre deux places, pour lui et son épouse, afin d’être admis, à l’occasion de la cérémonie funèbre de translation des cendres des victimes des journées de Juillet sous la colonne de la Bastille, à l’église dans laquelle devait être célébré le service à la mémoire des combattants tués et dans l’enceinte réservée autour de la colonne de Juillet. Le nom de Vicq (E.-F. Vicq) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Eugène Vicq demeurait 17, rue du Rocher chez son père ; ses parents à la même adresse en 1831-1840. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 14 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Archives de Paris VD6 92 son dossier personnel, idem demande d’aliénation de rentes provenant de récompenses nationales, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem liste des personnes secourues, idem liste des ascendants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux ascendants des victimes de Juillet, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 55 n° 3, liste de gardes méritant l’attribution de secours : liste des noms des personnes qui méritent des secours ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 1, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 et aussi liasse 7 liste des secours aux ascendants ; Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 14 décembre 1832 ; Archives de Paris VK3 18, mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 2 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5 % échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem même référence une liste de six noms (Mocquant, François, Joseph ; Sidot, Dominique ; Theret, Henri, Joseph ; le père de Vicq, Eugène, Frédéric ; le neveu de Rousselot, Claude ; la veuve et les deux fils de Tison, François, Alexandre, Joseph) ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, ascendants, idem même référence un billet au nom des parents, idem même référence un registre de pensionnés (ascendants) ; Archives de Paris VK3 56 ; Archives de Paris VK3 57 ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, ascendants ; Archives nationales F/9/1156 ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.