Vieille Marchiset, Donat, Auguste, Philémon

Biographie


(sous le nom de Vieille Marchiset dans son acte de naissance) le 29 ventôse an XIII à Arc-sous-Leçon (Doubs), de Vieille-Marchiset, Claude, François (sic), cultivateur puis instituteur, et de Vieille-Marchiset, Jeanne-Baptiste (sic), cultivatrice, son épouse. Employé à la maison de commerce d’Audry de Puiraveau, député. Il combattit durant les trois jours et ne reparut plus. Il fut supposé avoir succombé le 28 juillet dans la rue Saint-Denis, mais le tribunal refusa de statuer sur son décès, faute de preuve suffisante (son nom est pourtant inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. La préfecture signalait, en novembre 1831, que « toutes les informations prises auprès de la maison Audry de Puiraveau et de la dame Pelletier, demeurant rue Montmartre, n° 154, dont il était intimement connu, n’ont produit aucun résultat satisfaisant et que son nom ne figure sur aucun des procès-verbaux dressés par les commissaires de police ». Son père, Vieille-Marchiset, Claude, François, né le 20 avril 1780 (bien le 20 avril 1780 et sous le nom de Vielle-Marchiset, Claude, François sur son acte de baptême) à Gilley (Doubs) vit sa demande de pension rejeter, faute de déclaration de décès. Il lui fut en tout cas accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (ou une indemnité définitive puisque son nom apparaît dans la liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance). Le père se décrivait comme « n’ayant aucune ressource qu’un modique salaire de cent cinquante francs, que sa santé épuisée par les longues et cruelles maladies qu’il a essuyées pendant deux ans en différentes époques, 1819, 1820 et 1828 l’ont réduit hors d’état de continuer son emploi soit à cause de son âge, de sa faiblesse de poitrine, des organes de la voix et surtout la vue qui s’affaiblit de jour en jour et s’affaiblira sensiblement en pleurant son infortuné fils, ayant tout sacrifié ses épargnes pour le soulagement de sa fille qui a été aveugle pendant trois ans et ne peut lui être d’aucun secours ». Il avait présenté un certificat du maire de Gilley, délivré le 18 septembre 1830, qui attestait qu’il était le père de Marie, Augustine, Delphine et de Jean-François, Cyrille et « qu’il ne possède aucune ressource pour sa subsistance et celle de sa famille que son état d’instituteur ; que Donat, Auguste, Philémon, sur lequel il fondait ses espérances a été victime de son dévouement dans les mémorables journées de Juillet [et qu’il était] des plus malheureux et des plus indigents, ayant déjà perdu aux combats deux frères, un beau-frère et quatre cousins dans les guerres d’Egypte, de Russie, de Prusse, d’Italie et à Saint-Domingue ». Le maire de Glamondans, en date du 20 septembre 1830, lui délivra un certificat qu’il ne possédait « aucun bien-fonds ni aucune ressource dans ladite commune que son salaire d’instituteur pour pouvoir se sustenter, qui est de cent cinquante francs ». Il présenta un certificat médical, en date du 11 novembre 1830, qui attestait qu’il souffrait d’une « constitution faible, la poitrine étroite, ce qui lui occasionne des moments de dyspnée notable et une toux fréquente. Il a pour combattre ces accidents porté pendant deux ans un cautère au bras gauche. Il offre quelques petites cicatrices sur les côtés du col, qui sont le résultat de l’ouverture d’engorgements glanduleux. Enfin sa situation valétudinaire et un affaiblissement sensible de la vue le mettent hors d’état de s’occuper à un travail sérieux quelque peu pénible qu’il soit ». Un dernier certificat, signé par le curé de illisible (Haute-Saône) et de nombreux maires et conseillers municipaux, attestait que Vieille-Marchiset, Claude, François, instituteur depuis le 24 août 1817 « a constamment rempli ses fonctions de la manière la plus digne d’éloges et la plus satisfaisante pour tous les paroissiens, soit par sa conduite politique soit par sa vie privée, n’ayant cessé de manifester des principes purs, exemplaires et entièrement conformes à la probité la plus délicate et la plus austère. Qu’au surplus les nombreux élèves confiés à ses soins attestent par leurs progrès rapides tant dans les sciences élémentaires que dans la morale la plus religieuse du zèle assidu de ce brave instituteur à en remplir dignement les fonctions, au grand contentement de tous les paroissiens, desquels il emporte par l’effet d’une circonstance la plus malheureuse les trop justes et sincères regrets. Attestons en outre qu’il est aussi à notre connaissance et de notoriété publique que ledit Vieille-Marchiset, dans le courant de l’an dernier et dans un temps de débordement des eaux son dévouement sans borne à secourir un enfant entraîné par un courant au-dessous des moulins de Suisenil illisible et sur le point d’être submergé, se porta à exposer sa vie en se jetant lui-même dans le courant pour sauver celle de cet infortuné, ce qui est une preuve parlante de la belle âme de ce malheureux père de famille ». Les parents s’étaient mariés le 26 germinal an XII à Gilley (Doubs) ; sur l’acte de mariage, Vieille-Marchiset, Claude, François est indiqué comme né le 21 avril 1780 (sic) à Gilley (Doubs), fils de Vieille-Marchiset, Barthélemi (sic), cultivateur à Gilley, et de Faivre-Pierret, Marguerite son épouse, et comme étant cultivateur à Gilley ; Vieille-Marchiset, Jeanne-Baptiste est indiquée comme née le 28 novembre 1773 aux Seignes à Gilley, fille de feu Vieille-Marchiset, Claude, François et de Collet, Marie, Agnès, cultivateurs, et comme étant elle-même cultivatrice. Vielle, Jeanne-Baptiste (sic dans l’acte de décès) devait décéder le 1er juin 1823 à Verchamp (Haute-Saône). Le nom de Vieille-Marchiset (D.-A.-P. Vieille-Marchiset) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le père demeurait à Glamondans (Doubs) en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels d’ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement, p. 97, liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 (sous le nom de Vielle, Auguste et la profession de commis voyageur), Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (qui réclamait la production d’un acte de décès) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Jean dit Badès ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Papu, Nicolas, François ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels d’ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86 (sous le nom de Vieille-Marchiset, Donast, Auguste, Philémon), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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