Viennot
Biographie
Gérant du Corsaire. Il adressa la lettre suivante au ministère de l’Intérieur : « Monsieur, vous avez convoqué les écrivains signataires de la protestation du 26 juillet contre les ordonnances de la veille afin de leur témoigner la gratitude nationale, pour la part qu’ils ont prise aux glorieux événements qui ont délivré la France du joug odieux qu’on prétendait lui imposer. Comme citoyen, j’applaudis à cette généreuse mesure ; comme gérant du Corsaire, j’ai à me plaindre de n’avoir pas été appelé près de vous. Je n’ai quitté la réunion des écrivains présents chez M. Dupin, le 26 juillet, que pour aller exécuter le conseil que ce jurisconsulte venait de donner à tous ceux qui ne comptaient pas sur leur imprimeur, de faire à la direction de la librairie une déclaration, avant 3 heures, de la nouvelle imprimerie dont ils espéraient se servir, seul moyen de rester dans la voie des résistances légales. Si je n’ai point signé l’acte de protestation, tous les carrefours, tous les murs de la capitale peuvent attester que le Corsaire, qui, depuis onze ans, n’a pas cessé de combattre dans sa sphère pour les libertés publiques, a dignement accompli sa tâche dans les grandes journées des 27, 28 et 29 juillet. Ces faits, monsieur, sont de notoriété publique ; mais s’il ne s’agissait que d’acquérir des emplois et des honneurs, persuadé que nous n’avons fait qu’accomplir un devoir, nous aurions gardé le silence ; une plus noble récompense est promise : l’estime de nos concitoyens ! celle-là fait battre le cœur de tous bons Français ; il ne nous est pas permis d’y renoncer. Je suis avec respect, etc. » Le Constitutionnel, 18 août 1830.