Vignon, Joseph

Biographie


Homme de peine. Il combattait aux côtés de son frère Jean-Pierre, le 29 juillet rue Saint-Honoré pendant l’attaque du Louvre, quand ce dernier tomba frappé d’une balle à la cuisse gauche. Il le transporta à l’ambulance du 29, rue Grenelle-Saint-Honoré puis retourna aux combats tenter de venger la blessure de son frère. On trouve cette note le concernant, lui et son frère, dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Est sorti avec son frère, Joseph, pour sa battre avec valeur ; l’infortuné Jean-Pierre, dont tout le monde fait l’éloge, est mort, le 2 août à l’Hôtel-Dieu, des suites de ses blessures. Ne pourrait-on pas appeler l’attention ou plutôt l’intérêt de la Commission sur Joseph, comme lui honnête ouvrier et qui, comme lui encore, s’est bien battu ? Ce dernier reste l’aîné de quatre enfants et il aide du fruit de ses travaux son vieux père et sa mère (renseignements unanimes des voisins). » Il ne fut porté sur aucune liste de récompenses ou de décorés, quoiqu’on l’eût assuré, dans les bureaux de la Commission des récompenses nationales que « justice lui serait rendue ». En 1831, au service militaire, ses réclamations furent vaines, de même qu’en juillet 1837 (alors qu’il attendait son congé pour le 1er janvier suivant) elles furent jugées trop tardives. Vignon appuyait ses réclamations d’un certificat signé, en date du 21 octobre 1831, par Sétier (voir Setier, Louis, Paschal), le directeur de l’ambulance, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, ex-secrétaire de l’ambulance Vero-Dodat, certifie que le sieur Vignon, Marie, Joseph a pris une part active aux combats de Juillet ; qu’il a reçu dan ses bras son frère blessé mortellement en combattant et l’a porté à notre ambulance. » Et d’un autre certificat, ainsi réédité, en date du 21 octobre 1831 : « Les soussignés, tous combattants de Juillet, attestent que le sieur Vignon, Marie, Joseph a combattu avec eux dans les mémorables journées et qu’il n’a quitté le combat que pour aller à l’ambulance y porter son frère, atteint à ses côtés d’une blessure mortelle et que sa conduite pleine d’honneur et de courage lui donne les plus grands droits aux récompenses accordées. » Signé : Royer, décoré (nom à retrouver, sans doute du ancien XIIe arrondissement), Eloy (nom à retrouver, sans doute du ancien XIIe arrondissement), Lecuyer (nom à retrouver, sans doute du ancien XIIe arrondissement) ; Maréchal (nom à retrouver, sans doute du ancien XIIe arrondissement). En 1840, sans ouvrage et malheureux, il fit une demande de secours et d’une place soit dans les eaux de Paris soit dans les Pompes funèbres. Il demeurait 92, rue Mouffetard en 1830 ; 16, rue du Pot-de-Fer dans le quartier Saint-Marcel en 1840. Archives de Paris VK3 29 ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/15/4240.

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