Viguier, Auguste

Biographie


Né vers 1796 à Paris. Adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Vignier, Auguste sur les listes du Bulletin des lois). Sa médaille lui fut délivrée le 4 juillet, et son brevet le 11 août 1831. Il signa un certificat en faveur de Charpentier, Charles, Etienne, Constant (voir ce nom), pour attester qu’il avait été témoin de la conduite de ce dernier, le 29 juillet pendant la prise du Louvre. Il signa le certificat suivant en faveur de Couture, Henri, Germain, Joseph : « Nous, soussignés, gardes nationaux de la IVe légion, certifions que le sieur Henry Couture, fils de M. A., L. Couture, négociant, demeurant à Paris, rue des Déchargeurs n) 4, s’est particulièrement distingué dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Premièrement en allant acheter au marché Saint-Jacques tous les habits de gardes nationaux qu’il a pu trouver et en les distribuant à ses camarades. Deuxièmement, en se présentant un des premiers en uniforme chez M. Poirier, son capitaine, le mercredi à 7 heures du matin. Troisièmement, en se rangeant ledit jour au premier rang des grenadiers qui ont soutenu, rue des Prouvaires, le feu du 15e léger puis ensuite celui des Suisses et des gardes royaux. Quatrièmement en attaquant le 29 les Suisses au Louvre puis en gardant volontairement ledit monument de suite après la prise pendant trois jours consécutifs. » Et ajouta l’apostille suivante : « J’ai été témoin des faits mentionnés ci-dessus et je me fais un plaisir de les certifier. M. Henry Couture appartient à une famille des plus recommandables et des plus dignes d’intérêt. S’il doit entrer au service militaire, je le recommande particulièrement à ses chefs. Ce jeune homme a montré beaucoup de zèle et de dévouement dans nos grandes journées. Avec une conduite toujours régulière, il devra obtenir promptement de l’avancement. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Cochon, Amand, René : « Le sieur Cochon, René, a été blessé à la jambe droite à l’attaque du Louvre le 29 juillet. Il demande la faveur d’être habillé en garde national, aux frais de la Commission des récompenses nationales. C’est un honnête et brave père de famille, qui fera honneur à sa compagnie, par une conduite sage et réglée, et qui a tous les droits pour obtenir ce qu’il sollicite. Je le recommande particulièrement, avec l’espoir que le présent certificat de son maire sera utile au sieur Cochon et contribuera à faire accueillir sa demande. » Il apostilla ainsi la lettre envoyée par Combe, Louis, Jean, Antoine (voir ce nom) à la Commission des récompenses nationales : « Je puis en outre certifier une partie des faits mentionnés dans ce certificat, comme témoin de ce qui s’est passé à la rue de la Bibliothèque ainsi qu’à la prise du Louvre. Le sieur Combe est un brave, qui a bien mérité de la patrie et qui a droit à tous les honneurs et récompenses qu’elle réserve aux citoyens qui se sont dévoués pour elle. » Il apostilla ainsi un témoignage en faveur de Droit, François : « Le sieur Drouet est un brave, qui a certainement fait ce qu’il annonce. Il est honnête et mérite qu’on s’intéresse à lui. Les braves gens comme lui se battent bien, vont au plus fort de la mêlée et, rentrent après chez eux, modestes, et ne demandent rien. C’est ainsi que le sieur Drouet ne s’est déterminé à se présenter à la Commission que sur les instances que nous lui avons faites. Il a droit aux distinctions que la Commission pourra accorder. » Il signa, le 9 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Marchand, Charles : « Marchand, Jean, Charles, rue de Viarmes n° 1, marié et père de famille de trois enfants, s’est battu avec courage. Le 28 juillet, dans les rangs de la garde nationale, qui, le matin, s’était réunie à cette mairie et s’était portée au-devant nos frères de l’armée, plutôt pour s’entendre avec eux que pour se battre. Mais il fallait du sang et le 15e de ligne eut ordre de tirer sur la garde nationale. Marchand, atteint au bras d’un coup de baïonnette, a continué à se battre le 28 et le 29. Ce brave ne demande qu’à travailler pour soutenir sa famille, une place de concierge dans une bonne maison l’aiderait à élever ses enfants. Tous les bons citoyens doivent s’intéresser à lui et il a droit à obtenir la préférence pour tout autre comme un de ces braves de nos grandes journées. » Il signa, le 11 août 1830, le certificat suivant pour Carpentier, Louis, Auguste, et que Carpentier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Carpentier, Louis, Auguste, rue de la Tannerie n° 10, s’est conduit bravement pendant les journées de Juillet. Il s’est particulièrement distingué à la prise du Louvre et s’est offert, un des premiers, pour faire le service du palais et le préserver du désordre. Sa bonne conduite, sa modération, le zèle et l’intelligence qu’il a montrés depuis dans tous les postes où il a été employé comme garde national, pour maintenir la tranquillité publique sont des titres de recommandation auprès de tous ses concitoyens. Il s’est porté à Rambouillet l’un des premiers, pour achever de chasser l’ennemi. Il a droit à une inscription dans son arrondissement sur les contrôles de la garde mobile, dont il a fait le service exactement auprès de notre mairie et j’atteste qu’il a justement mérité les distinctions et avantages qui sont et seront accordés à tous les braves défenseurs de la patrie. » Dans ce même dossier, Cailleux (voir Cailleux, Alphonse, Achille, Alexandre), directeur du musée du Louvre, donnait aussi les indications suivantes : « Je, soussigné, certifie que M. Carpentier a fait avec exactitude le service au musée dans la journée du 29 juillet, depuis 1 heure jusqu’au lendemain à midi 30 juillet. M. Carpentier a rempli les fonctions de sergent, sous les ordres de M. l’adjudant-major Rougeot et de M. Viguier, officier de la garde nationale et actuellement adjoint du maire du (ancien) IVe arrondissement. » Il apostilla ainsi un certificat délivré en faveur de Gohierre, Longchamps, Alexis : « M. Gohierre, Longchamps fils, s’est beaucoup distingué pendant nos journées de Juillet, par son courage et par son zèle. M. Setier, qui l’a vu à l’ouvrage, le recommande comme digne d’attirer l’attention de la Commission. Si, comme il le désire, ce brave jeune homme entre dans la carrière militaire, ce sera un brave officier, qui fera toujours honneur au corps dans lequel il sera admis. » Il signa le certificat suivant en faveur de Julien, Guillaume : « […] S’est bien conduit pendant les journées des 28 et 29 juillet. Il est venu m’apporter au poste du Musée, dont j’étais commandant le jeudi 29, une espingole qu’il avait arrachée des mains d’un homme ivre et sur l’observation que je lui ai faite que cette arme meurtrière ne pouvait rester entre ses mains, il m’en a fait l’abandon de bonne grâce. Je rends volontiers justice à son désintéressement et lui délivre ce certificat pour lui servir au besoin de recommandation. » Il donna sur le compte de Fleury, Jacques (voir ce nom) l’appréciation personnelle, le 14 août 1832, quand celui-ci tentait de faire valoir ses droits, qui avaient été négligés suite à un oubli même de Viguier, auprès de la Commission des récompenses nationales : « Je prends la liberté de recommander très particulièrement le sieur Fleury, que j’ai été à même de connaître et de suivre pendant plusieurs années. Sa conduite a toujours été celle d’un honnête homme et tout ce qu’on pourra faire pour lui ne saurait être mieux placé. » Il signa, le 15 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Canon, Anselme, Isidore : « Canon, Anselme, Isidore a été l’un des premiers à prendre les armes pour la défense des lois contre les ordonnances ministérielles du 25 juillet. Il s’est battu avec courage les 28 et 29 à la rue des Prouvaires et à la halle au blé ou dans les environs et il a sa part dans la victoire. Sa bonne conduite dans le danger doit le recommander auprès de tous les bons citoyens et j’espère qu’il trouvera facilement à se placer, comme concierge, dans une bonne maison. Il est marié et père de deux enfants. Sa probité et les sentiments honnêtes qui l’animent lui mériteront la confiance des personnes qui seraient disposées à lui prêter leur appui. » Il signa, le 22 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Daubigny, Pierre, Jean : « M. Daubigny, Pierre, Jean, demeurant rue du Coq n° 11, est porteur des certificats les plus honorables, qui attestent qu’il a fait sauter la serrure de la grille du Louvre du côté de la rue du Coq. S’il n’a pas été blessé, ce n’est pas faute de s’être exposé car son chapeau a été percé de plusieurs balles et enfin emporté par un biscayen. M. Daubigny a donc tous les droits aux récompenses réservées aux braves de Juillet. Il doit être rangé en première ligne parmi ceux qui ont bien mérité de la patrie et la Commission des récompenses nationales satisfera sans doute à la demande qu’il a faite d’un emploi ou d’un grade dans un régiment. » Il apostilla ainsi un certificat médical délivré par Berjaud (voir Berjaud, Jean-Baptiste, Marie), médecin, pour attester les blessures qu’avait reçues Louchelart, Marie, Françoise, Augustine : La demoiselle Louchelart est une des plus malheureuses victimes de nos journées de Juillet. Elle me paraît avoir droit à une pension. » Il appuya la demande de De Driesen, Lallemand, Alphonse auprès de la Commission des Réclamants, pour obtenir la décoration de Juillet ; de la même manière, il ajouta, le 1er juillet 1831, l’apostille suivante sur un certificat présenté par ce dernier : « Le certificat délivré par MM. Aubois, Luquet, Lapie, Jandret, tous blessés de Juillet et décorés ou médaillés, me paraît devoir mériter toute confiance et il est à regretter que M. de Driesen n’ait pas fait valoir plus tôt ses titres auprès de la Commission des récompenses et qu’il ait été ainsi privé par sa trop grande réserve de celles qui auraient pu lui être accordées. » Il signa, le 14 août 1831, le certificat suivant en faveur de Hamot, Antoine : « Certifie que M. Hamot, Antoine, ci-devant principal clerc de notaire, demeurant actuellement à Marly-le-Roi (Seine-et-Oise), est aujourd’hui sans emploi et hors d’état de subvenir à tous ses besoins par sa fortune personnelle. M. Hamot est amputé du bras gauche, par suite d’une blessure reçue dans les journées de Juillet. Sa situation, son courage et son dévouement le recommandent particulièrement à la protection du gouvernement. Il a droit à toutes les récompenses et à la pension la plus forte que puisse accorder la Commission des récompenses nationales. » Il ajouta, le 8 avril 1831, l’apostille suivante, au moment de légaliser les signatures d’un certificat délivré en faveur de Julian, Camille : « […] Certifie en même temps que M. Camille Jullian a été blessé pendant les journées de Juillet et transporté à l’ambulance de la rue de Grenelle, ainsi qu’il est mentionné dans un rapport adressé à la mairie par le secrétaire de l’ambulance, rapport imprimé et signé Setier, imprimeur. » Il apostilla, le 6 août 1830, ainsi un certificat délivré en faveur de Poard, Denis, Rigobert : « Poard, Denis, âgé de seize ans, est, aujourd’hui 4 octobre, en grand danger de mourir à l’Hôtel-Dieu. Il n’avait jusqu’ici reçu aucun secours et personne ne s’était intéressé à lui. Son père, qui demeure à Brumet, département de l’Aisne, a sept enfants et il est dans le plus grand besoin. La Commission aura égard à la situation du pauvre Denis Poard, qui sera au moins estropié, s’il en échappe. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, en date du 30 avril 1831. A l’occasion de cette nomination, il remercia dans ces termes le président du Conseil : […] Je m’applaudis surtout de pouvoir rattacher à cet insigne honneur [de ma nomination] toutes mes convictions et mes affections politiques les plus intimes, en songeant au régime d’ordre, de paix et de liberté que j’aurai été assez heureux pour servir au roi qui l’a fondé. » Viguier demeurait 18, rue des Mauvaises-Paroles en 1830 (mais 17, rue des Mauvaises-Paroles en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris 4AZ 16 (4AZ 802 dossier Charpentier, Charles, Etienne, Constant) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Couture, Henri, Germain, Joseph, idem in dossier Cochon, Amand, René, idem in dossier Combe, Louis, Jean, Antoine, idem in dossier Droit, François, idem in dossier Gohierre, Longchamps, Alexis ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Julien, Guillaume ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Janin, Adolphe, Laurent (où il signe un certificat) et in dossier Julian, Camille ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Louchelart, Marie, Françoise, Augustine ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poard, Denis, Rigobert ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Quesnot, Jacques, Bruno (pour lequel il signe un certificat d’indigence) ; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Rebour, Antoine, Eugène (pour lequel il signe un certificat) ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiberge, Louis, Achille (pour lequel il signa un certificat de nécessité) ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vanderbeck, Jacques, Ghislain (pour la veuve duquel il apostille un certificat, comme adjoint au maire du ancien IVe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fleury, J.J. Augustin, in dossier Froelicher, Jean, Joseph (un certificat qu’il signe en faveur de ce dernier) ; Archives nationales F/1dIV/V/4 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carpentier, Louis, Auguste, idem in dossier Canon, Anselme, Isidore ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Daubigny, Pierre, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Driesen de, Lallemand, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guesde, Pierre, Mathieu, Henri et Fleury, Jacques ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Launoy, Nicolas, Laurent (un certificat qu’il signe pour ce dernier comme quoi il est bien inscrit sur la liste des blessés du [ancien] IVe arrondissement) ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Marchand, Charles.

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