Villain, Jean
Biographie
Né le 22 mai 1810 à Paris. Compagnon paveur. Il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine et à l’épaule, le 28 juillet dans le faubourg Saint-Antoine. Soutien de ses parents, il reçut un secours de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Basset, Guillaume, maréchal ferrant, demeurant 26-28, rue de Bercy-Saint-Antoine ; Boivin, Charles, Laurent, raffineur de sucre, demeurant 103, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Picon, François, marchand de vin, demeurant 27, rue de Bercy. Ils attestèrent parfaitement connaître Villain, Jean « et savoir qu’il a été blessé dans le faubourg Saint-Antoine le 28 juillet 1830 ». Le 9 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Basset, Guillaume, maréchal ferrant, demeurant 26-28, rue de Bercy-Saint-Antoine ; Boivin, Charles, Laurent, raffineur de sucre, demeurant 103, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Ils attestèrent bien connaître Villain, Jean « et savoir qu’il est fils unique garçon d’un père et d’une mère très avancés en âge, auxquels il donne ses soins ; qu’il n’a point de fortune et que le produit de son travail est sa seule ressource pour vivre ». Ayant simplement, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, reçu la médaille de Juillet, il sollicita la croix en remplacement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 10 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la poitrine et à l’épaule du côté gauche, de la partie antérieure, supérieure et interne de la poitrine vers la partie moyenne et postérieure de l’épaule, après avoir traversé la poitrine et perforé le scapulum ; blessure grave, cicatrisée mais avec difficultés et douleurs dans la respiration, gêne dans les mouvements. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de six cents francs (sous le nom de Vilain, Jean sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36). Sa mère était devenue « infirme par suite de la frayeur qu’elle a eue lorsqu’il a été blessé, on le croyait mort ». Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En août 1836, il sollicita un secours. Le préfet de police rapporta sur son compte les renseignements suivants : « […] Cet homme demeure chez son père, qui est propriétaire et maître paveur. On ne comprend pas comment il ose solliciter un secours, ayant déjà une pension pour avoir été blessé en juillet. On pense, en outre, qu’il participe aux bénéfices des entreprises de son père, dont il est fils unique. Du reste, c’est un bon jeune homme animé du meilleur esprit, bien dévoué au gouvernement, excellent travailleur mais adonné à l’ivrognerie. » Il ne fut pas donné suite à sa demande. Il demeurait 25, rue de Bercy-Saint-Antoine (25, bis rue de Bercy-Saint-Antoine in Archives de Paris VD6 471 n° 5 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais 25, rue de Bercy sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) en 1830-1837. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 4e classe) ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 4e classe ; Archives nationales F/15/4240.