Villain, Nicolas, Romain
Biographie
Né le 1er novembre 1796 aux Chapelles-les-Grandes (Aube). Bonnetier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 2 mars 1848, la lettre suivante à cette Commission : « Il y a des hommes sur la terre qui sont nés pour être partie du manuscrit brûlée. Le soussigné est né aux Chapelles-les-Grandes (Aube). Orphelin de partie du manuscrit brûlée ans, il a eu le malheur que son père a été tué par les Prussiens en 1814, sa partie du manuscrit brûlée et sa fabrique ainsi que les marchandises et meubles ont été consommés [lire consumées ? N.D.A.]. En voulant défendre son père, lui-même a reçu un coup de baïonnette partie du manuscrit brûlée gauche. Le suppliant, se trouvant dans un état de détresse, s’est rendu à Paris, en demandant son pain. En 1830, il a pris une part active à cette révolution, il a même désarmé partie du manuscrit brûlée gardes royaux pour éviter une effusion de sang et, sans en verser lui-même. A la suite de cette révolution, il a été trois mois sans ouvrage et n’a jamais rien réclamé. Mais aujourd’hui la position où il se trouve le force à réclamer de votre bonté, citoyens, de prendre en considération sa triste situation. Depuis dix-huit mois qu’il est sans ouvrage et a eu à sa charge pendant plusieurs années trois neveux orphelins, tout cela a contribué à sa gêne. Aujourd’hui, il ose vous faire connaître sa conduite dans les trois mémorables journées où nous avons conquis notre véritable liberté. Le 23 février, il était sur la barricade Vieille-Rue-du-Temple. A 3 heures et à 10 heures il était faubourg Saint-Martin à exhorter les cuirassiers à ne point faire feu sur leurs concitoyens. Une heure après, il travaillait à élever les barricades de la porte Saint-Martin, rue de Bondy, rue de Lancry, rue de la Grange-aux-Belles, rue des Marais, rue Saint-Maur et Faubourg-du-Temple, où il fit rendre les armes au 25e de ligne et de là se rendit au poste du château d’eau place du Palais-Royal, après aux Tuileries où il a maintenu l’ordre autant que possible pour éviter les dégâts, comme a fait son neveu Auguste Dangoisse aux cuisines. Si vous jugez, citoyens, que sa conduite mérite d’être admis aux récompenses nationales, il compte sur votre justice et votre bonté. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Villain demeurant rue du Faubourg-du-Temple n° 54, était à la barricade de la Vieille-Rue-du-Temple, le 23 février dernier. Le même jour vers les minuit il était à la barricade de la porte Saint-Martin et de la rue de Bondy, le 24 au matin à celle de la rue Saint-Maur et du Faubourg-du-Temple ; il était également à la prise du poste du château d’eau au Palais-Royal. » Signé, le 4 octobre 1848 : Leroy, ouvrigestiseur sic (ouvrier tisseur ?), demeurant 54, rue du Faubourg-du-Temple. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Villain demeurant rue du Faubourg-du-Temple n° 54, était parmi les rangs de la garde nationale à la prise du poste du château d’eau au Palais-Royal le 24 février dernier et de là au château des Tuileries. » Signé, le 4 octobre 1848 : Pravost, demeurant 62, rue du Faubourg-du-Temple ; Albert, demeurant 54, rue du Faubourg-du-Temple. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il demeurait 54, rue du Faubourg-du-Temple en 1848. Il était veuf en 1848. Archives de la préfecture de police AA 417.