Vincent, Jean-François

Biographie


Né le 2 septembre 1783 (bien le 2 septembre 1783 dans son acte de baptême mais le 3 septembre 1783 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris (ancien) IIe arrondissement, de Vincent, Claude, garçon boulanger, et de Ouvré, Antoinette, Elisabeth, son épouse. Maçon. Il participa à l’attaque de la caserne de Babylone, le 29 juillet, et y fut blessé d’un coup de crosse de fusil aux parties génitales. Marié et père de deux enfants, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Sur les listes de la mairie, l’observation suivante était inscrite en face de son nom : Bonne conduite. Il reçut un secours de vingt-huit francs, le 4 février 1831, un secours de vingt francs, le 2 mars 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Vincent, François) un total de quatre cent quatre-vingt-seize francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831 (sans indication de date précise), devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Ouin, Pierre, Louis, né vers 1798, perruquier, demeurant 1, enclos Saint-Jean-de-Latran ; Christophe, Georges, né vers 1798, coutelier, demeurant 2, rue du Vert-Bois ; Leroux, Jean-Marie, né vers 1805, doreur sur métaux, demeurant 12, rue du Vert-Bois ; Denis, Jean-François, Eugène (voir Denis, Eugène), ébéniste, demeurant 4, place Cambrai. Ils attestèrent parfaitement connaître Vincent, Jean-François et « savoir qu’il a combattu le 29 juillet à la caserne de Babylone et qu’il a été blessé d’un coup de crosse de fusil dans les parties nobles ». Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 25 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, légère blessure à la rue Saint-Honoré. Le 29, à Babylone, a reçu un coup de crosse. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 25 janvier 1830, à aucune voix pour la croix, trois voix pour la médaille et cinq voix pour une mention. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « Dit avoir reçu des contusions aux bourses, par suite de coups de crosse de fusil, contusions qui n’ont laissé après elles aucune trace et qui ne sauraient donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, il se plaignait d’avoir été oublié dans les travaux de la Commission des récompenses nationales et sollicita l’intervention du roi pour obtenir la décoration. Depuis août 1831, il était garde national à la 2e compagnie, 1er bataillon, XIIe légion, et toujours « à la tête de sa compagnie chaque fois que l’ordre public à été menacé ». Il avait à charge sa mère, âgée de soixante-dix-huit ans en 1831. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un emploi de concierge. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que Vincent, Jean-François a été blessé en combattant dans les journées de juillet dernier à la caserne de Babylone le 29 et qu’il a toujours montré le plus grand zèle pour la cause qu’il a défendue. » Signé, le 16 juillet 1831 : Teillon (voir le Teillon principal locataire qui signa un certificat en faveur de Rogeron, Leobon), demeurant 6, place Cambrai ; Trolé, mécanicien, demeurant 36, rue Saint-Jean-de-Beauvais. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il avait épousé, le 27 septembre 1825 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement de Paris, Teterchen, Marguerite, Victoire, couturière, née le 7 mars 1784 à Paris ; sur l’acte de mariage, Vincent, Jean-François est indiqué comme le fils de Vincent, Claude « dont le domicile et l’existence sont ignorés » le futur époux n’ayant jamais connu son père ; Teterchen, Marguerite, Victoire est indiquée comme la fille de feu Teterchen, Nicolas et de feue Fauchon, Louise, Victoire, comme la veuve de Chalais, Clair décédé le 1er novembre 1815 à Paris (ancien) IXe arrondissement. En 1839, sa femme malade et lui-même sans ouvrage, il sollicita un secours. En 1840, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Très favorablement représenté bien que l’état de gêne extrême où il se trouve l’ait forcé à contracter quelques dettes criardes. Il est ouvrier maçon et sa femme blanchisseuse à la journée, mais tous deux manquent d’ouvrage depuis plusieurs mois. » Il reçut un secours de quarante francs en 1840, et deux secours de quarante francs en 1841. En 1842, il était « connu sous des rapports favorables ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs pour cette année-là. En 1843, sa femme était toujours malade, lui-même, souffrant de deux hernies, ne pouvait se livrer à un travail très lucratif. Il reçut un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1846, un secours de vingt-cinq francs en 1847, un secours de quarante francs en 1848, un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet. En 1850 les mêmes sources administratives l’indiquaient comme étant « dans une misère affreuse et mérite d’être secouru. Il doit trois termes de loyer ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de blessé de Juillet, un secours de cinquante francs en 1851. En 1852, les mêmes sources rapportaient à son sujet : « Il est marié, sans enfant. Il ne peut se livrer au travail, pas plus que sa femme, qui est aussi âgée que lui. Leur position est des plus précaires. Bons renseignements sur ces pauvres gens, que leur âge avancé et leur misère rendent dignes d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, et deux secours de la même somme en 1853, un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, il avait perdu sa femme depuis treize mois, et n’avait toujours vécu « que par une conduite régulière et des privations constantes », ajoutant : « Ma moralité est irréprochable dans toutes les époques de ma vie et [je] n’ai jamais pris aucune part dans les événements qui se sont succédé depuis 1830 ni appelé dans aucune administration judiciaire ». Le préfet de police rapportait sur son compte : « Cet homme est ouvrier maçon ; dans ce moment il ne travaille pas, vu son âge avancé ; il vend des gâteaux, métier plus lucratif, qui lui rapporte cinquante à soixante centimes par jour. […] Dans sa maison, il passe pour un très honnête homme, sous tous les rapports. » Il reçut deux secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856, deux secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de la même somme en 1859 et en 1860. Il mourut presque aveugle, devant deux termes de son loyer. Il demeurait 54, rue du Bac en 1825 ; 4, place Cambrai en 1830-1831 ; 2, rue Chabrol en 1833 ; 12, rue des Cordiers à la Sorbonne de 1838 à 1840 ; 9 ou 19 rue des Grès ou des Degrés-Saint-Jacques en 1842 et 1843 ; 6 (devenu n° 8 en 1853), rue du Port-Royal, une chambre de cent cinq francs par an, de 1847 à 1858 ; 31, rue Descartes, à la crémerie en 1859 et 1860. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés (sous le nom de Vincent, François) ; Archives de Paris VK3 12, un feuillet intitulé Noms des blessés présents à la ville, idem un feuillet intitulé Liste des blessés adressés à M. le préfet de la Seine, sur son invitation en date du 21 décembre ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 25 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 25 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement (sous le nom de Vincent, François) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 87, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 417. Voir sans doute Vincent, François ?

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