Vingtrinier, Félix
Biographie
Né le 1er fructidor an XI (bien le 25 août 1803 dans son acte de naissance ; le 20 août 1803, mais une fois sur deux le 25 août 1803 in Archives nationales F/1dIII/36 ; 20 août 1803 in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) à Rouen (Seine-Maritime), fils de Vingtrinier, Artus, Marie, maître de pension et de Lorgnier, Marie, Jeanne, son épouse. Ebéniste. Il fut blessé d’un coup de feu tiré à bout portant et qui l’atteignit au bas-ventre et à la hanche le 28 juillet vers 13 heures, alors qu’il se battait contre la garde royale. Le Temps du 20 août 1830 relatait à son sujet : « Mme Crope (lire Croppi et voir Croppi, Jules, Jacques), rue des Mauvais-Garçons, n° 9, nous transmet quelques détails sur la conduite héroïque d’un jeune citoyen de Rouen, demeurant à Paris, et nommé Félix Vingtrinier. Ce jeune brave, n’ayant pu participer à la distribution des armes faite à la Grève dans la matinée du 27, s’arma d’un instrument de son état, il est ébéniste, et marcha sur l’Hôtel de ville. Son premier désir était de se procurer un fusil. Il aperçoit un Suisse, s'élance sur lui ; mais, aussi malheureux que brave, il tombe frappé d’une balle qui lui traverse le côté. Recueilli par les soins de la dame que nous avons nommée plus haut, il est en ce moment logé chez elle, et soigné par le docteur Lafolie. » Il reçut un secours de cinq francs le 2 août et un autre de vingt francs le 16 août auprès de la mairie. Il reçut (sous le nom de Vintrinier, Félix) un secours de quatre-vingts francs et un autre (sous le nom de Vingtrinier, Félix) de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur en médecine, attaché au bureau de charité du (ancien) VIIe arrondissement, certifie avoir été appelé dans la journée du 28 juillet de la présente année auprès de M. Félix Vingtrinier, ébéniste, qui venait d’être grièvement blessé lors de l’attaque de l’Hôtel de ville. Ce jeune homme a reçu dans le ventre un coup de feu tiré à bout portant. La balle dont l’arme était chargée a traversé les parois de l’abdomen à deux pouces environ de l’ombilic puis elle a glissé contre la fosse iliaque interne, a contourné cet os et est sortie en perçant le muscle qui illisible la fosse iliaque externe. Le trajet que cette balle a parcouru est de six pouces au moins ; les parties qu’elle a lésées a rendu cette blessure extrêmement grave, au point de mettre les jours de ce jeune homme dans un grand danger quoique les divers moyens thérapeutiques qui ont été mis en usage pour combattre les accidents qui sont survenus en aient triomphé. Nous pensons que deux mois seront à peine suffisants pour que le malade soit entièrement rétabli. » Signé, le 1er septembre 1830 : Delafolie, Alexandre, médecin. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Delafolie, Jean, Alexandre, médecin, demeurant 21, rue Vieille-du-Temple ; Aumoitte, Antoine, graveur, demeurant 9, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Jean ; Duval, Jean-Louis, Martin, serrurier, demeurant 11, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Jean. Ils attestèrent parfaitement connaître Vingtrinier, Félix et « savoir que le mercredi 28 juillet dernier il se battait à la place de l’Hôtel-de-Ville contre l’ex-garde royale et que vers 1 heure de relevé il y reçut une balle dans le bas-ventre ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Vingtrimier, Félix sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 24 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au ventre et à la hanche du côté gauche, de la partie inférieure du ventre à la partie antérieure et supérieure de la hanche, à travers l’os coxal, qui a été perforé avec tendance à hernie par l’ouverture d’entrée de la balle ; blessure guérie, avec gêne et difficultés dans les mouvements de la cuisse. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné (sous le nom de Vingtrimer, Félix sur les listes du Bulletin des lois mais sous celui de Vingtrinier, Félix sur celles du Moniteur universel) de quatre cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 19, rue du Chaume en septembre 1830 ; 9, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Jean en 1830-1831 (mais 9, rue des Mauvais-Garçons-Saint-Germain in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé ; 1, rue du Puits une fois sur deux in Archives nationales F/1dIII/36 mais peut-être par confusion avec Tixier, Etienne) ; chaussée Clignancourt en 1851. Le Temps, 20 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 338 (sous le nom de Félix, au lieu de Vingtrinier, Félix) ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 48 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension (sous le nom de Vingtrinier, Félix) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 10-11 état des pensionnaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166.