Violet, Jean-Pierre, Paschal
Biographie
Né le 4 floréal an V (26 avril 1797) à Toulouse (Haute-Garonne), fils de Violet, Claude, marchand de chevaux, et de Cazeneuve, Marie, son épouse (mais à Pionsat dans le Puy-de-Dôme dans la lettre qu’il signe in Archives de Paris VD6 278 ). Ex-fourrier dans la 12e compagnie du régiment d’artillerie de la marine, devenu employé de commerce ou commis chez Brulé ou Bralley, 18, rue Mauconseil. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné Delamarre, Martin, Didier, banquier, demeurant 4, place du Louvre, n° 4, certifie que lors des événements de Juillet M. Violet, Pascal, alors employé dans mes bureaux, se comporta avec une bravoure dont on a eu peu d’exemples ; qu’il se dévoua dans la matinée du 29 pour procurer quelques provisions à quarante personnes de ma maison en passant à plusieurs reprises au milieu du feu dont elle était entourée ; qu’il fit un feu soutenu sur les Suisses du Louvre, par diverses fenêtres de ma maison avec sept à huit autres qu’il dirigeait et qu’il monta avec eux jusque sur les toits d’où, garantis par les cheminées, ils plongèrent sur les Suisses, en abattirent plusieurs et les firent disparaître de la colonnade. M. Violet montra autant d’humanité que de courage et sauva, au péril de sa vie, des mains de la populace un Suisses blessé qu’on rapportait du Louvre. Je passe sous silence divers détails également honorables » Signé : le 24 septembre 1830 : Delamarre, Didier, Martin ; Bernard de Rennes, Louis, Désiré (voir ce nom). Il donnait, quant à lui, la relation suivante de sa participation aux combats : « Mes camarades et moi ne cessâmes de tirer qu’après que la porte fut ouverte. Alors nous descendîmes sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Je ne sais quel mouvement venait de s’opérer vers le Carrousel mais les nationaux se précipitaient du côté de la rue des Prêtres, tandis qu’une dizaine d’autres étaient déjà parvenus sur la galerie et agitaient un drapeau tricolore pour nous appeler. Apostrophant les fuyards en termes énergiques, je leur fis voir de la main nos camarades, qu’ils exposaient seuls à être massacrés ; et aux cris de Vive la liberté que je fis retentir, je marchai d’un pas ferme vers la porte du Louvre. Ces braves revinrent bientôt sur leurs pas et rentraient avec autant de précipitation qu’ils en avaient mis un instant avant à sortir. Alors réfléchissant au danger que nous courrions, et en négligeant de garder le quai du Louvre par où les royaux pouvaient attaquer nos derrières, je conjurai plusieurs des nôtres qui avaient des fusils à venir avec moi pour garder ce poste important pendant qu’on marchait sur le Carrousel. Leur emportement était tel qu’il m’était difficile de me faire entendre. Aussi je me rendis avec un très petit nombre presque en face le pont des Arts, où j’étais résolu de mourir. Comme je causai avec un nommé Lomet, ancien camarade de régiment que je rencontrais là par hasard. J’aperçois un groupe sortir de la porte du Louvre dite xxx (sic), plusieurs hommes amenèrent un Suisse qui, je ne sais comment, était resté après la retraite des siens, il était fortement tenu de chaque côté et un jeune homme de quinze à seize ans le piquait derrière par la lame d’un fleuret rompu. L’escorte devint bientôt plus considérable. Il faut le tuer, disait-on ; C’est bon là ! là ! Otez-vous de là, disait un autre, en l’ajustant avec son pistolet, tandis que d’autres lui ordonnaient de crier A bas les Bourbons ! et le malheureux obéissait. Ses yeux vacillaient dans leur orbite, sa figure semblait toute décomposée et, en bonne santé, il éprouvait toutes les angoisses de l’agonie. Il était jeune et il allait mourir. Je le regarde et, par un intérêt subit, Non, lui dis-je en l’embrassant, tu ne mourras pas toi aussi. Tu as brûlé toutes tes cartouches, et après avoir mérité des lauriers nous ne verserons pas le sang d’un homme sans arme. Quelques personnes qui nous entouraient accueillirent cette idée mais un de ceux qui le tenaient pour le faire mourir s’écrie : Il vient de tuer une femme, il n’y a qu’un instant ! et les cris de vengeance devinrent généreux. Perdant tout espoir de salut, je présente mon fusil à un de ceux qui me semblait des plus acharnés : Prends, lui dis-je, il est chargé, n’aie pas de pitié et tu en tueras deux à la fois. Je tenais étroitement mon protégé, mon cœur battait avec force et mes regards désarmaient mes camarades un instant égarés. Satisfait de mon triomphe, je m’écriai Vive l’humanité ! et ce cri fut répété par tous. Ils continuèrent leur route vers la place de l’Ecole, je les suivis des yeux : quelqu’un d’assez bien vêtu accourut de ce côté et me dit Tenez mon brave, si vous n’y allez ils vont l’égorger, les voilà qu’ils recommencent. Je m’y rendis de suite : Vous voulez donc absolument déshonorer notre révolution ? Ceux qui parleront de le tuer sont des lâches, il a mieux valu qu’eux du moins il s’est bravement défendu. Quelques dames aux croisées applaudissaient à mon dessein, les bien intentionnés se mirent de mon parti et me promirent de le conduire à Lafayette : là, me souvenant de l’importance du poste que j’avais résolu de défendre, j’y retournai et la timidité de nos ennemis m’épargna le sacrifice que j’étais résolu d’accompagner. » Il sollicita une perception dans les départements de l’Allier ou du Puy-de-Dôme, ou, à défaut, un emploi dans l’administration des postes, afin de pouvoir soutenir son père, déjà âgé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 28 novembre 1831. En 1831, il était percepteur des contributions directes à Brout (Allier). En juin 1831, le préfet de l’Allier s’enquérait auprès du ministère de l’Intérieur de savoir si Violet était bien sur la liste des décorés de Juillet. Il demeurait 18, rue Mauconseil chez M. Bralley, marchand de laines, en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement. Sans doute est-ce de lui dont parle le préfet de l’Allier quand il écrit, en 1831, au ministère de l’Intérieur pour savoir si le sieur Violet ou Violette est décoré de Juillet in Archives nationales F/1dIII/78. Mettre alors cette référence et ce texte, qui en dit long sur les bons rapports que ces deux notables devaient entretenir.