Violette, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 17 décembre 1806 à Saint-Remy-des-Monts (Sarthe). Interprète à l’hôtel des Deux-Sèvres, 9, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « […] Après avoir combattu dans les rangs du peuple aux journées de juillet 1830 pour la cause loyale de la liberté, mes amis me conseillèrent de réclamer la croix. Au souvenir des braves soldats de Wagram, d’Austerlitz et de Marengo, je crus avoir fait trop peu pour mériter un tel honneur. Je n’ai rien demandé mais aujourd’hui ma position, bien différente de celle dans laquelle je me trouvais en 1830, me force de m’adresser à vous. Dans l’insurrection de juin [1832, N.D.A.], j’appartenais à la Société démocratique qui avait pour chef le citoyen Butor. Celui-ci, plus exposé que nous, fut emprisonné et souffrit pour la cause de la liberté. Dans l’insurrection d’avril 1834, N.D.A.], j’étais à la barricade de la rue Maubuée. Délégué par mes amis pour aller voir ce qui se passait dans le quartier des marchés. Je fus pris par deux patrouilles, mutilé de coups de crosses, conduit à la Conciergerie et après avoir subi in interrogatoire de M. Zangiacommi, liberté me fut enfin rendue. Depuis cette époque, j’ai refusé d’appartenir à aucune société à Paris car beaucoup de partie du manuscrit brûlée se mêlaient à nos réunions et d’accord avec mes camarades j’ai attendu de nouveaux partie du manuscrit brûlée. Je suis resté sept années à Londres, je me suis toujours conduit en bon et franc républicain. Au mois de février 1848, j’ai constamment été sur pieds. Le 24, j’étais au Palais-Royal, premier au Louvre et l’un des premiers aux Tuileries. Je me rendis, quand tout fut fini, au 29 de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, où l’on avait établi une ambulance et j’ai continué à faire le service sous les ordres de mes chefs du 1er bataillon partie du manuscrit brûlée légion, 4e compagnie de chasseurs dont je fais partie et où vous pouvez prendre partie du manuscrit brûlée. J’ose donc vous demander la récompense que vous accordez si justement aux braves défenseurs de la république et de la liberté. Je pense aussi avoir droit au secours que vous offrez aux familles qui se trouvent dans la nécessité. J’ai ma femme malade depuis treize ans, j’ai perdu trois enfants après de longues maladies, il m’en reste qui est sans ouvrage et ma femme qui ne gagne rien par faute de santé et par manque d’ouvrage. Recevez, etc. » Il joignait quatre certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Génier dit Larose, Jean-Baptiste, demeurant à Mamers, et Richard, Auguste, marchand coquetier, demeurant à Mamers, mais tous deux à Paris en 1830, déclarons avoir vu les 27, 28 et 29 juillet 1830, le citoyen Jean-Baptiste Violette combattant dans les rangs du peuple pour la cause légale de la liberté. Son opinion depuis cette époque comme avant a toujours été considérée par nous comme étant celle d’un honorable et franc républicain. » Signé à Mamers, le 17 mars 1848 : Génier dit Larose, Jean-Baptiste ; Richard, Auguste. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie, ex-réfugié politique depuis 1839, certifie avoir connu à Londres le nommé Jean-Baptiste Violette et déclare qu’il s’est toujours et en toute occasion conduit en vrai citoyen, ne désirant que la liberté et le bonheur des peuples, et l’ayant manifesté dans tous ses discours à la Société démocratique française, dont il fut toujours un des plus zélés défenseurs. » Signé : Devry, Jean, typographique. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que J.-B. Violette, interprète de mon hôtel s’est comporté dans les journées de Février comme un brave citoyen, qu’il a combattu dans la part de la mêlée au Palais-Royal et qu’à la tête d’hommes du peuple, il s’est emparé du Louvre. » Signé, le 12 mars 1848 : Déré, demeurant hôtel des Deux-Sèvres, 9, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, y domicilié, rue de l’Aiguillerie, certifie que l’épouse du citoyen Jean-Baptiste Violette est continuellement malade depuis plusieurs années. Que le citoyen Violette s’est en outre légèrement blessé au poignet droit dans la journée du 24 février 1848. Je pense donc que ledit citoyen se recommande avec justice à la Commission des indemnités pécuniaires instituée par le gouvernement provisoire de la république. » Signé, le 24 mars 1848 : Lemarchand, demeurant rue de l’Aguillerie. Si le nombre des certificats n’était pas suffisant pour permettre à la Commission de juger, il se proposait de fournir d’en fournir d’autres. Il fut recommandé par la Commission pour une place d’inspecteur des places et marchés. Il était marié en 1848. Il demeurait 9, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1831. Archives de la préfecture de police AA 417.