Viomesnil, Louis, Alexandre, François
Biographie
Né le 19 décembre 1796 à Cintheaux (Calvados). Enrôlé volontaire à dix-sept ans dans la garde, il fit la campagne de France de Brienne à Fontainebleau ; il fut condamné pour insultes à ses supérieurs à cinq années de fer le 24 mars 1821 par le conseil de guerre de Besançon (dans l’affaire Caron), qu’il subit à Lorient. Il fut tour à tour clerc de notaire et clerc d’avoué mais professeur sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B. Il eut le bras cassé pendant les combats. Il reçut (sous le nom de Viomenil) un secours de quarante francs en août et (sous le nom de Viomesnil) un secours de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Viomenil, Louis, André, François in Archives nationales F/1dIII/39, sur les listes de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel, par conséquent changer l’entrée et mettre à ce nom ?). Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1835, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Mère sexagénaire se trouve à sa charge ; il n’a pour moyens d’existence que le produit de quelques leçons d’écriture. Sa position est extrêmement malheureuse. Il doit trois termes de loyer, la plupart de ses effets sont au mont-de-piété. Sa conduite est fort régulière. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1835, et de soixante francs en 1836. En 1837, la préfecture de police redonnait les renseignements suivants : « Ce pétitionnaire donne des leçons de français, qui ne lui rapportent que fort peu, en raison du petit nombre d’élèves qui suivent ses cours ; néanmoins il fait tous ses efforts pour subvenir aux besoins de sa vieille mère. On fait le plus grand éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, un secours de la même somme en 1838, et un secours de vingt francs en 1839. En 1843, les mêmes sources l’indiquaient comme ancien clerc d’huissier et faisant des écritures pour les études. Il reçut un secours de quarante francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844, et de la même somme en 1845. En 1846, dans une situation « pas heureuse » et sa mère âgée de soixante-treize ans et infirme à charge, il sollicita des secours, et reçut quarante francs. En février 1848, il prit part aux combats du Palais-Royal et sauva la vie au général de division Duchand, dans des circonstances que Duchand relatait ainsi : « Le 24 février vers midi, ayant cherché, en me présentant en uniforme sur la place du Palais-Royal, à faire cesser le feu que faisaient les gardes municipaux retranchés dans le poste du Château d’eau, je fus entraîné par le peuple, méconnaissant ce que je venais de faire, dans la petite cour près du Théâtre-Français et qu’à cette occasion le citoyen Viomesnil, homme de lettres, fit tous ses efforts pour calmer la colère du peuple. Je déclare que je lui dois, ainsi qu’à un autre citoyen, de n’avoir pas été la victime de mon désir de faire cesser l’effusion du sang. » Viomesnil donna par la suite des soins à plusieurs blessés. En mars de la même année, il sollicita de la nouvelle commission des récompenses nationales « un emploi honorable, qui puisse sinon lui faire oublier ce qu’il a souffert du moins se mettre à même de vivre paisiblement avec sa vieille mère, dont il est le seul soutien ». Le projet de création de cette nouvelle commission des récompenses nationales ayant été repoussé par la Chambre des députés, Viomesnil demanda la restitution « du certificat original écrit de la main même du général de division Duchand », document précieux pour lui et qu’il désirait « conserver puisque c’est le témoignage toujours vivant d’une généreuse action, que tout homme serait heureux de revendiquer ». Il avait fourni, pour faire valoir ses droits, un certificat comme quoi il était « de notoriété publique dans le quartier que ce citoyen a toujours pris une part active dans les manifestations populaires et qui avaient pour but de renverser le régime exécré et que dans les journées de Février, où nous avons enfin triomphé, il a combattu et payé de sa personne partout où il y avait du danger ». Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février et celle-ci le recommanda pour une place de garde général adjoint. Il reçut un secours de quarante francs en 1848, et un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, dans une demande de secours, il précisait : « Maintenant, monsieur le ministre, pour vous prouver que dans les révolutions il se met toujours du bon côté, il joint à cette pétition un billet de garde, un certificat de son capitaine, avec celui du chirurgien de la compagnie, pièces qui justifieront surabondamment de sa présence dans les rangs de la garde nationale pendant les déplorables journées de juin et la part qu’il y prit. Ici il faudrait que vous appelassiez son maire, son colonel, son commandant. Ils vous attesteraient que, le premier, franchissant les barricades, il s’empara de la barrière du Combat, au milieu d’une grêle de balles. Vous pourriez même vous enquérir près du citoyen Emile Thomas si, dans un danger suprême, n’écoutant et n’obéissant qu’à mon amour des hommes, je ne le sauvai point d’une mort certaine ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, sans emploi depuis longtemps, ayant toujours sa mère infirme à charge, il sollicita de nouveau un secours. La police donna alors les renseignements suivantes sur son compte : « Il doit une année de loyer. L’état de misère de cette famille est tel qu’elle manque des choses les plus nécessaires à la vie. La conduite morale et politique du sieur Vioménil ne laisse rien à désirer, sous tous les rapports. » Il reçut chaque année un secours de cinquante francs depuis 1851 jusqu’à 1864. En 1857, il se décrivait comme étant « dans une position déplorable », et toujours la même administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « S’intitule vicomte et se dit fils de M. le comte de Viomesnil, maréchal de France sous la Restauration, […] Il entreprend de temps à autre des voyages à l’étranger dans l’intérêt d’un ouvrage qu’il doit publier et qui a pour titre l’arbre généalogique de la noblesse. Comme homme privé, M. de Viomesnil est très bien représenté. Depuis la mort de sa mère, survenue depuis dix-huit mois, il cesse de participer à la pension que cette dame recevait comme veuve d’un officier supérieur. Sa position est aujourd’hui des plus précaires et il paraît digne d’intérêt. M. de Viomesnil prétend avoir servi dans les pupilles de la Garde. Il porte la médaille de Sainte-Hélène. » Dans une de ses demandes de secours auprès de l’administration du Second Empire, il dit avoir eu « pour guide et ami le vénérable abbé Bertrand, ce digne précepteur du jeune prince Louis, aujourd’hui empereur des Français ». En 1864, le cabinet du préfet de police rapportait à son sujet : « Il gagne de temps à autre trois francs par jour, en faisant paraître des articles dans quelques petites publications et on ne lui connaît pas d’autre ressource. » Cette année-là, il avait quitté son domicile, sans laisser sa nouvelle adresse et ne toucha pas ces derniers cinquante francs qui lui avaient été alloués. Il fut condamné à huit jours de prison par le tribunal correctionnel le 5 mai 1832, pour coup, et peut-être à un an de prison, pour mendicité, le 16 juin 1842 (sans que les renseignements des sommiers judiciaires semblent pourtant lui correspondre). Il demeurait 48-50, rue Beauregard (un logement au loyer annuel de cent soixante-dix francs) de 1829 à 1852 ; 11, rue Doudeauville à La Chapelle en 1855 ; 6, rue des Vertus à La Villette en 1856 ; 183, rue du Faubourg-Poissonnière en 1857 ; 20, rue Tessaint à La Chapelle en 1858 ; 41, rue de la Goutte-d’Or en 1859 ; 10, bd des Poissonniers en 1860 ; 1, rue Saint-Jean-de-Beauvais en 1861 ; 72, rue de Meaux, chez M. Rolland, en 1862-1863 ; 5, passage de l’Elisée-des-Beaux-Arts, chez M. Daubigne qui lui sous-louait une chambre pour quatre-vingts francs par an, à Montmartre en 1864. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 48 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 (sous le nom de Vioménil, Louis, F., Alex.) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 (sous le nom de Vioménil, Louis, Alexandre, François) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 4 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de Viomenil, Louis, Alexandre, François) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Vioménil, Louis, Alexandre, François) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 87, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Vioménil, Louis, André, François), idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Vioménil, Louis, André, François), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Vioménil, Louis, André).