Virvoudet, Jean-Pierre

Biographie


Né le 28 brumaire an XIV (19 novembre 1805) à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) de Virvoudet, Pierre, manouvrier, et de Bonat, Marie, Rose. Soldat en congé pendant un an, ciseleur en cuivre. Armé d’un fusil et d’une giberne, il participa aux combats pour la prise du Louvre, en compagnie de son frère, Joseph, et du sieur Laurent ; plusieurs fois dans la journée, il se trouva dans la mêlée avec Chalumeau et Serbourne ; vers 14 heures, rue de Rohan, les Suisses firent une décharge depuis la maison du chapelier (voir Moizard), dans laquelle ils étaient cantonnés ; Virvoudet fut renversé par la décharge, sans que ses deux compagnons pussent lui venir en aide, obligés qu’ils furent de battre en retraite. Il fut considéré comme mort. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Le 17 août 1830, sa mère avait fait la déposition devant le commissaire de police du quartier de l’Hôtel de ville que depuis le 29 juillet son fils n’avait pas reparu à son domicile, « qu’elle a su de son autre fils, Joseph, et du sieur Laurent, demeurant rue des Billettes n° 10, lesquels étaient avec le susdit Pierre ; qu’ils s’étaient quittés après l’affaire qui avait eu lieu au Louvre et que Pierre s’était dirigé du côté du Palais-Royal, où ils pensaient qu’il avait été blessé ou tué. Qu’elle a fait des recherches dans tous les hospices pour avoir quelques renseignements sur le sort que pouvait avoir éprouvé son fils, Pierre, mais qu’elles ont été infructueuses, ce qui la porte à croire que son fils a été tué. Et à l’appui de sa déclaration la dame veuve Virvoudet nous a présenté pour témoins les sieurs Laurent surnommé Leménager, François, Antoine, cordonnier, demeurant dite rue des Vieilles-Garnisons n° 20 ; Boulogne, Jean-Baptiste, Aimable, boutonnier, demeurant même maison n° 20, et Pottier, Julien, maître menuisier, demeurant également dans ladite maison n° 20 de la rue des Vieilles-Garnisons, lesquels nous ont attesté avoir vu partir le jeune Pierre Virvoudet, armé, mais ne l’ont plus revu depuis ce moment, ledit jour 29 juillet dernier ». Devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Pottier, Julien, menuisier, demeurant n° 20, rue des Vieilles-Garnisons ; Leménager, François, Antoine, cordonnier, demeurant 20, rue des Vieilles-Garnisons ; Rossignol, Pierre, fruitier, demeurant 49, rue Saint-Merri. Ils attestèrent que la mère, la veuve Virvoudet était « dans un état très nécessiteux ; qu’elle a trois enfants dont deux autres en bas âge ; que le quatrième, qui en était l’aîné, a été tué dans les journées de Juillet ; qu’il était soldat et qu’elle avait obtenu sa résidence auprès d’elle pendant un an parce qu’il lui était absolument nécessaire ; qu’il était ciseleur en cuivre ; qu’il l’aidait de tous ses moyens et qu’elle n’a plus aucun moyen d’existence que dans le travail d’un de ses trois enfants encore en bas âge et maintenant sans ouvrage ». Le 11 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Serbourse, Armand (voir ce nom), potier d’étain, demeurant 14, rue du Cimetière-Saint-Nicolas ; Chalumeau, Louis, (voir ce nom), ferrailleur, demeurant 3, rue Sainte-Avoye ; Colin, Charles, (voir ce nom), potier d’étain, demeurant 58, rue de la Verru (de la Verrerie ?). Ils attestèrent avoir parfaitement connu Virvoudet, Jean-Pierre et « le sieur Colin qu’il l’a rencontré le 29 juillet dernier entre midi et 1 heure sur la place du Louvre, armé d’un fusil et d’une giberne, qu’il lui a parlé, qu’il prenait la direction de la rue Saint-Honoré, qu’il l’engagea à le suivre, ce que lui déclarant n’a pas cru devoir faire, qu’il ne l’a pas revu mais qu’il a appris qu’il avait été tué. Et par les sieur Serbourse et Chalumeau, que le 29 juillet dernier ils se sont trouvés dans la mêlée avec ledit sieur Virvoudet plusieurs fois dans la journée ; que la deuxième fois environ sur les 2 heures de relevée ils étaient avec lui rue de Rohan ; que les Suisses ont fait une décharge de la maison du chapelier [voir Moizard, N.D.A.] où ils étaient cantonnés ; que par suite de cette décharge ledit sieur Virvoudet qui était avec eux a été renversé ; qu’ils l’ont vu tomber ; qu’ils n’ont pu lui porter aucun secours ; qu’ils ont été obligés de se sauver eux-mêmes et qu’ils n’ont pu savoir ce qu’il était devenu ». Sa mère, indigente, mère de trois autres enfants dont deux encore en bas âge, veuve depuis 1824, reçut un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, puis fut pensionnée de deux cents francs. Les parent s’étaient mariés le 25 fructidor an XIII à Brie-Comte-Robert ; sur l’acte de mariage, Virvoudet, Pierre est indiqué comme né le 14 décembre 1783 à Brie-Comte-Robert, fils de Virvoudet, Jacques, portefaix, et de Chaumont, Catherine son épouse, comme étant manouvrier ; Bonat, Marie, Rose est indiquée comme née le 14 juin 1780 à Mont-Saint-Martin (Isère), fille de Bonat, Jean-Baptiste, cultivateur, et de Molard, Jeanne son épouse. Virvoudet, Pierre mourut le 28 août 1824 Brie-Comte-Robert. Virvoudet demeurait 20, rue ou impasse des Vieilles-Garnisons dans la rue de la Tixéranderie, chez sa mère et avec ses frères ; sa mère, même adresse en 1831. Le nom de Virvoudet (J.-P. Virvoudet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 15 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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