Vivier, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1808 à Moncontour. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « […] Expose qu’aux journées de juillet 1830, il était à Paris, combattant dans la rue au milieu des barricades, dévouement obscur et ignoré qui n’eut ni retentissement ni récompense. Que rentré en Bretagne, plein d‘ardeur pour la poursuite des idées démocratiques dont il croyait alors le triomphe prochain, il sacrifia tout, moment, argent, repos, sa personne même, à la réalisation de ce qui en 1832 semblait encore un rêve et que déjà citoyen de cette république de Loudéac qui avait devancé l’heure, il eut l’honneur d’assumer sur lui toutes les haines d’un parquet qui voulait gagner ses éperons. Poursuivi pour avoir placardé en public une gravure de Philippon, il fut honoré d’une lettre de celui-ci et se crut suffisamment récompensé des tracasseries dont il avait été victime. Plus tard, la haine politique qui le harcela l’impliqua dans une poursuite pour de prétendues violences contre un agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions, et l’habileté de ses ennemis fut assez heureuse pour le faire jeter dans une prison et traduire devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, qui le rendit enfin à la liberté, non sans l’avoir contraint de déserter le commerce qui le faisait vivre et de payer à beaux deniers ses folies républicaines. La ruine complète dont il fut frappé le laissa dans un dénuement d’autant plus absolu qu’il retrouvait partout devant lui les ressentiments et la vengeance des hommes qu’il avait combattus. Enfin le triomphe même de la république qu’il avait tant souhaitée devint pour lui la cause et le signal d’une détresse nouvelle. Employé depuis quelque temps à la surveillance et à la rectification de la route n° 168 de Saint-Malo à Quiberon, il a vu l’entrepreneur lui retirer le modeste emploi qui subvenait à ses besoins par un motif tiré de l’incertitude où il se trouvait sur la continuation des travaux commencés. Dans cette situation, citoyens, l’exposant vient solliciter de la justice de la république un secours (si humble soit-il), qui puisse assurer son existence. Il a assez souffert, assez fait de sacrifices pour être en droit de compter qu’il ne trouverait pas chez les hommes qui furent en tout ses frères en opinion, les mêmes préventions, le même abandon qu’il devait naturellement attendre de ceux qu’il a combattus. » Suivaient les signatures de : Laverge la Villeneuve, commandant de la garde nationale ; Grosset, lieutenant des pompiers ; Hiriel illisible, lieutenant de la garde nationale ; Boury ; Viet, commandant d’artillerie ; Bouchard, lieutenant de la garde nationale ; Le Denmat, commandant de la garde nationale ; Guilloux, médecin. Suivait l’apostille suivante : « Je me fais un devoir de recommander chaleureusement à la sollicitude et au patriotisme de la Commission des récompenses nationale la demande du citoyen Vivier, dont l’existence a été marqué par le dévouement le plus absolu à la cause républicaine et par les persécutions qu’il lui a suscitées. Les citoyens représentants du peuple pour le département des Côtes-du-Nord, professant pour lui la plus complète estime et s’empresseront de joindre leur témoignage à celui des honorables signatures de la présente adresse : plus que personne ils pourraient indiquer la nature de la récompense ou le poste qu’il conviendrait d’accorder au citoyen Vivier. » Signé à Saint-Brieuc, le 18 juin 1848 : Loiu, H. illisible, préfet de la république dans le département des Côtes-du-Nord ; Morhery (voir Morhery, Adolphe, Robin), représentant des Côtes-du-Nord, qui le recommandait « d’une manière spéciale à l’attention de M. le président des récompenses nationales ». Il était marié, sans enfant en 1848. Il demeurait à Loudéac en 1848. Sa demande fut rejetée par la Commission. Archives de la préfecture de police AA 417.

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