Voillard, Gérôme, Pierre
Biographie
Né vers 1800 à Etampes (Seine-et-Oise). Charpentier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement ou du XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Nous, soussignés, habitants des communes de Montrouge, Châtillon, Clamart, Fontenay-aux-Roses et Vanves, arrondissement de Sceaux, et de la ville de Paris, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Voillard, charpentier de son état, demeurant commune de Chatillon, s’est trouvé dans les affaires qui ont eu lieu à Paris pendant les journées des 27, 28, 29 [30] et 31 juillet, qu’il a, partout où le danger était le plus imminent, montré un courage digne d’un vrai Français, que plus d’une fois sa vie s’est trouvée en danger, que par son sang-froid et sa prudence il a échappé à tous les dangers ; que plusieurs escadrons de lanciers ont fait feu sur lui seul au pont de Sèvres en face les grilles et qu’il n’a pas pu se sauver de ce danger qu’en tuant un de ces mêmes lanciers, qui était le plus acharné contre lui et ensuite s’est dirigé sur Rambouillet. » Signé à Montrouge, le 28 octobre 1830 : Lacreusette, demeurant 1, rue aux Ours ; Moreau, demeurant rue Saint-Martin ; Fuelant, demeurant 6, rue aux Ours ; Thorin, C., marchand épicier, demeurant 137, rue Saint-Martin ; Fernique, demeurant 10, rue aux Ours ; Bourquin, limonadier, demeurant rue aux Ours ; Saint-Amand, demeurant 3, rue aux Ours. Le deuxième : « Je certifie que le nommé Voillard s’est présenté le 29 juillet à 11 heures du soir, revêtu d’un habit colback carabine lieutenant de canonnier de l’ex-garde, que harassé de fatigue de la journée dans laquelle il avait combattu il a passé la nuit au poste que nous avions établi rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel n° 22 et qu’il s’y est bien comporté. » Signé : Chantay, chasseur de la même compagnie, demeurant 28, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel ; Chiret-Souillard, fourrier de la 1re compagnie de chasseurs du 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale, demeurant 22, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel ; Massé, peintre, demeurant à Châtillon ; Bazoche ; Bourguignon : Maugée. Il sollicita d’être incorporé dans la garde municipale à cheval et appuya sa demande d’une lettre de recommandation ainsi rédigée et apostillée par de nombreuses personnes : « Nous avons l’honneur de vous présenter le nommé Voilard (sic), garde national de la 7e compagnie du 4e bataillon de la IIIe légion que nous commandons, âgé de trente ans, taille de 5 pieds, 5 pouces et 2 lignes. Ce jeune homme, qui n’a cessé de combattre pendant les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, s’est trouvé successivement sous le feu des troupes de la garde royale, soit à l’Hôtel de ville, au Louvre, au Palais-Royal, aux Tuileries et à Sèvres. Il est revenu blessé, après avoir démonté un garde du corps, nommé Charvat et un autre artilleur, dont il a pris le colback et les armes, après avoir été absent trois jours de la commune, il est rentré pour se réunir paisiblement faire son service comme garde national et, en cette qualité, il a fait son service avec le zèle le plus patriotique, tout en se rendant à la manœuvre très exactement. Après quelques jours de repos, ce jeune brave, aidé de quelques camarades, s’est porté dans les bois de Clamart sous Meudon ; il est parvenu à ramener dans la commune deux cent cinquante hommes du 50e de ligne, qui se sont rendus ; il les a conduits chez le maire ; là, il a fini sa mission. Il est rentré de nouveau faire son service comme les autres gardes nationaux. Aujourd’hui, toujours animé du même zèle de servir sa patrie, il ne demande pour toute récompense que l’honneur de servir en qualité de cavalier dans la garde municipale de Paris. Nous nous joignons à lui pour qu’il obtienne de votre bienveillance cette faveur et nous sommes persuadés d’avance qu’il se dévouera avec toutes sortes de bravoures à la défense de la patrie et du roi des Français. Nous avons l’honneur, etc. » Signé, le 27 octobre 1830, les gardes nationaux : Rodrigues, B., capitaine commandant à Châtillon ; Duquesne fils, lieutenant à Châtillon ; Fremont, sous-lieutenant ; Jurand illisible, marchand de vin ; Pigeaud, boucher à Châtillon; Deluzan, sergent-major ; Voisin, sergent ; Rolet, sergent ; Bertoux ; Laugevin ; Coclot ; Courtois ; Cuvillier ; Dormoy ; Bassu, marchand charron ; Gresanlieux, L., cultivateur ; Boulanger ; Lavergne, chevalier des ordres du royaume, chef du 4e bataillon de la IIIe légion de la garde nationale de la banlieue, demeurant à Fontenay-aux-Roses, et qui le recommandait particulièrement ; Desgranges, colonel de la IIIe légion de la garde nationale de la banlieue ; de Jussieu, Alexis, sous-préfet. Voillard reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 (sous le nom de Voillard, Jérôme, Pierre). Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de combattant de Juillet. Il demeurait à Chatillon en 1830-1831; grande rue de Paris à Châtillon, maison Chapuzot, en 1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Woillard, Jérôme) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Woillard, Jérôme) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 (sous le nom de Voillard, Jérôme, Pierre) ; Archives de Paris VK3 54 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 1re classe (sous le nom de Voillard, Jérôme, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (sous le nom de Voillard, Jérôme, Pierre), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Voillard, Jérôme, Pierre).