Voisin, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1796 à Paris. Fils de Voisin, François, Jean-Baptiste, sergent-major de grenadiers à cheval de la garde impériale, disparu pendant la campagne de Russie, lui-même militaire durant quinze ans, et de Carteret, Françoise. Congédié du 17e régiment d’infanterie légère le 18 janvier 1830. Serrurier. Il combattit en juillet 1830, participa à la prise de la poudrière du Marché aux chevaux et fut cinq fois blessé. Il reçut un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut de la Commission de la souscription nationale cent vingt francs d’indemnité comme blessé de la 1re classe. Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il est répertorié (sous le numéro 1066) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. En 1832, obligé « par des malheurs » de s’engager comme soldat au 19e régiment d’infanterie légère, ses blessures se rouvrirent et il fut hospitalisé au Val-de-Grâce puis à Châlons. Un rapport de la division de gardes nationales et des affaires militaires au ministère de l’Intérieur le concernant fut ainsi rédigé : « Le sieur Voisin, blessé de Juillet, se fit soigner à ses frais et ne réclama de la Commission des récompenses nationales aucun secours. Domicilié dans le (ancien) XIIe arrondissement, il donna dans les rangs de la garde nationale de nombreuses preuves de dévouement. Des malheurs l’obligèrent depuis à s’engager comme soldat dans le 19e régiment d’infanterie légère ; ses blessures se sont rouvertes et il est actuellement depuis plusieurs mois à l’hôpital de Châlons. Sa mère, dont il était l’unique soutien, se trouve dans un état complet de dénuement. » Il reçut un secours de deux cents francs en 1833 et de cent francs en 1834. Le 5 février 1833, le préfet de la Seine écrivait au ministre la recommandation suivante concernant Voisin : « […] Le maire m’informe qu’un certificat déposé à la mairie et signé par M. Chertier (voir Chertier, Vivant, ou Vivan-Chertier), chef de bataillon, et par M. Prot illisible, lieutenant de grenadiers du 2e bataillon XIIe légion, atteste que dans toutes les circonstances le nommé Voisin a fait preuve de zèle et de dévouement. J’ajouterai qu’une lettre que j’avais reçue de M. le maire du (ancien) VIIe arrondissement m’a donné sur la conduite du sieur Voisin et sur celle de sa mère des détails qui sont à l’avantage de l’un et de l’autre ; le premier, dont la blessure s’est rouverte, est aujourd’hui à l’hôpital de Chalons ; il destinait le secours qu’il a demandé à sa mère, qui se trouve dans une position gênée et doit plusieurs termes de son loyer. Cette famille paraît digne d’intérêt et mérite, je crois, que vous veuillez bien, M. le ministre, donner une suite favorable à la demande du soldat Voisin ». En date du 5 février 1834, le maire du (ancien) VIIe arrondissement, sur l’attestation de Baillet, Jean-Baptiste, Joseph, propriétaire, demeurant rue Sainte-Avoye, et celle de Lemaître, Pierre, épicier, demeurant 10, rue Sainte-Avoye, attesta que la veuve Carteret était « de bonnes vie et mœurs ; que ses moyens d’existence consistent dans le faible produit de son travail d’aiguille ; qu’elle a deux fils en activité de service, l’aîné est sergent au 17e léger (sic) et le deuxième fourrier au 20e de ligne (illisible) ; le premier de ses fils fut blessé dans les journées de Juillet, étant à cette époque de garnison à Paris ; qu’elle ne jouit d’aucune pension sur le gouvernement et qu’enfin elle a des droits à recevoir des secours qu’elle sollicite, comme femme de militaire, présumé mort en activité de service ». Voisin demeurait 47, rue de la Montagne dans le (ancien) XIIe arrondissement en 1830-1832 ; sa mère, 12, rue Saint-Avoye en 1833-1834. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de secours ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (aussi sous le numéro 1066) ; Archives nationales F/1dIII/78, F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, cas exceptionnels. Un certificat de la mairie le dit « inscrit sous le n° 418 de la liste des citoyens blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ».