Vuilquin, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 26 (12 in Archives de Paris Vbis1K4 1 mais aussi dans un rapport de police en 1858 in Archives nationales F/1dIII/78, mais le 15 in Archives nationales F/1dIII/39) février 1777 à Rettel (Ardennes). Entré au service en 1792 au 13e chasseur, blessé à Marengo, d’un coup de sabre à la main gauche, réformé en 1801 à cause de sa blessure (mais aussi ex-maréchal des logis dans le 1er corps franc de la Marne in Archives nationales F/1dIII/33), fabricant de peignes pour cachemire depuis cette époque (artiste fabricant de peignes à cachemire dans sa déposition le 21 avril 1831, devant le juge de paix). Il participa aux combats de Juillet, fut blessé d’une balle à la jambe droite au Palais-Royal. Il reçut, comme blessé, deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Peu après la révolution, sa femme, Discourt, Reine fut informée de son décès et se rendit depuis Rethel à Paris pour faire valoir ses droits de veuve ; elle dut alors s’apercevoir que son mari était toujours vivant… Elle fit quelques démarches puisque son nom apparaît dans la liste des pensions rejetées par la Commission des récompenses nationales « faute de pièce ». Le sous-préfet de Rethel la qualifiait de « très malheureuse ». Il reçut la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Vilquint, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut l’un des signataires, comme « sous-officier », (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 1er août 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix et son brevet le 10 août 1831. Il comparut, le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Thiberge, Louis, Achille « et savoir que le 28 juillet dernier il est sorti de son domicile, armé d’un fusil et d’un sabre, dans l’intention de combattre pour la liberté ; qu’arrivé rue de l’Arbre-Sec il attaqua avec d’autres citoyens un détachement de l’ex-garde royale et que, dans ce combat, il reçut dans la jambe gauche une balle amortie ; qu’ensuite s’étant porté rue de Rohan et dans les mêmes intentions il reçut un coup de baïonnette dans le bras gauche ; qu’enfin, se trouvant sur la place du Palais-Royal il fut renversé par un gendarme et foulé aux pieds de son cheval ». Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans les vétérans de la caserne de Babylone, 2e compagnie ; en 1831, il était au fort de Lourdes (Hautes-Pyrénées) ; en 1842, toujours à la 2e compagnie de sous-officiers vétérans à la caserne de Babylone. Il ne quitta les vétérans que le 12 mars 1845, date à laquelle il fut placé à la retraite et admis à l’Hôtel des Invalides. En 1842, n’ayant jamais reçu aucun secours « dans une position pas heureuse », il sollicita un secours, et reçut vingt-cinq francs. En 1843, la police donna sur son compte comme renseignements qu’il était marié mais séparé de sa femme depuis vingt-cinq ans et ajoutait : « C’est un homme d’une bonne conduite et très estimé de ses chefs. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846, un secours de vingt-cinq francs en 1847. En 1849, sollicitant un secours à même de le soulager de sa « triste position », il reçut soixante francs, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, la préfecture de police renseignait sur son compte : « Sergent invalide. La conduite de ce militaire est très régulière ; il n’a pas une seule punition. » Il reçut un secours de quarante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1852, un secours de soixante francs en 1853, un secours de soixante francs en 1854, un secours de cinquante francs en 1855, un secours de cinquante francs en 1858, un secours de cinquante francs en 1859, un secours de cinquante francs en 1860. Il resta pensionné des Invalides jusqu’en 1858 et les renseignements de police le disaient à l’abri du besoin. En 1858, il quitta les Invalides, sans autre motif, selon la police, que « le désir de venir mourir dans son pays natal ». Il était marié à Discourt, Reine, et n’avait pas eu d’enfant. Il demeurait 54, rue de Charonne de 1801 à 1831 ; 51, rue Saint-Germain-l’Auxerrois puis 8, rue d’Enfer puis 121, rue de la Harpe sur les listes de la mairie en 1831 in Archives de Paris VD6 288 n° 7 et dans sa déposition in Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiberge, Louis, Achille (8, rue d’Enfer in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/33) ; 1, rue Rousselet-Saint-Germain chez Mme Lenoir en 1849-1850 ; 56, rue de Bourgogne chez Mme Savary en 1851 ; 3e division, salle Louvois, aux Invalides en 1852 ; 10, rue Téphanie à Grenelle en 1853 et 1854 ; 14, rue du Commerce en 1855 (toutes ces adresses n’avaient pour objet, selon la police, que de cacher sa qualité de pensionnaire aux Invalides) ; 26, rue Sorbon à Rettel (Ardennes) en 1859 et 1860. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens sans arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens sans arrondissement et dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens sans arrondissement (quant à son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) (sous le nom de Vuilquin pourquoi s’il est pas mort… c’est sans doute pas lui…) ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (en retard de production de pièces, est-il indiqué en face de son nom) aussi Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (où son nom est cité deux fois) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement (cité deux fois : une fois sous le nom de Vilquinet, Jean-Baptiste et à la fin de l’état sous le nom de Vilquint) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Vilquint, Jean-Baptiste) ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiberge, Louis, Achille ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104 (sous le nom de Vuilquin, Jean-Baptiste), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Vuilquint, Jean-Baptiste). Il signe bien Vuilquin dans Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiberge, Louis, Achille et dans Archives nationales F/1dIII/78.