Warcollier, Nicolas
Biographie
Né vers 1775 à Longwy (Moselle). Ancien militaire, ayant vingt-deux ans de service, devenu maçon. Il s’illustra au pont des Arts et au Louvre. Il fut blessé à la jambe droite par une voiture, ou foulé aux pieds des chevaux, qui lui ont marché sur le corps selon son dossier à la Commission des Réclamants. Marié et père de six enfants dont l’aîné avait dix ans, il reçut (sous le nom de Warcolier, Nicolas) un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. On trouve son nom (mais écrit Varcollier, Nicolas dit François) sur une fiche de personnes secourues, après la révolution, par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; il reçut en effet un secours de trois francs le 2 août, un secours de cent francs à partir du 12 octobre 1830 et un secours de vingt francs en février 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il était dans la garde nationale mobile en 1830. Le 26 juillet 1831, il adressa la lettre suivante à Pailleux, administrateur du bureau de charité du (ancien) Ier arrondissement : « Warcollier, Nicolas, ayant à sa charge ses six enfants en bas âge, l’aîné de onze ans le dernier de seize mois et dont l’épouse est prêt d’accoucher du septième, n’ayant pour subvenir à son existence et à celle de sa famille, si nombreuse, que la modique journée de manœuvre et étant resté sans ouvrage depuis les événements de juillet 1830, est conséquemment plongé dans la dernière misère, n’ayant qu’un seul lit pour les coucher tous les huit, de sorte que les enfants couchent à terre, sur de la paille, sans drap ni couverture et presque tous sans vêtement et que trop fréquemment sans pain, n’ayant pour toute ressource que l’unique assistance de son bureau de charité. Cependant Warcollier a quelque droit d’être secouru car, dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet, il a été combattre vaillamment les ennemis des libertés publiques et a été blessé devant le pont des Arts à la jambe droite, ayant été terrassé et foulé aux pieds des chevaux de la cavalerie des lanciers, qui chargèrent le peuple, ce qui a été constaté authentiquement par un certificat qu’il a déposé et qui lui a valu un secours de cent cinq francs à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, où doit se trouver son certificat. Warcollier, à l’occasion des nouveaux secours que la Commission de la souscription nationale accorde aux blessés de Juillet, pour la commémoration de l’anniversaire de ces journées mémorables, a sollicité auprès de M. le maire d’être appelé à y participer comme les autres blessés, qui ont déjà obtenu cette justice. Mais, ne l’ayant pas encore obtenu, quoiqu’il la mérite autant que les autres et qu’il en a encore plus de besoin, sa famille étant si nombreuse et ayant, en outre, pour exister, vendu tous ses effets et hors d’état de pouvoir payer son loyer, dans une situation aussi malheureuse, il ose implorer votre protection et votre puissante intercession auprès de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement pour lui faire obtenir justice, en lui faisant accorder le même secours qu’on vient de donner aux autres blessés comme lui dans ces trois journées. La mention suivante est annotée sur une fiche à son nom : « Inscrit sous le numéro 2896. Valide, a pris une part active au mouvement. » Il reçut cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Faisant valoir sa bonne conduite, il sollicita un secours et une récompense honorifique. Il demanda à entrer dans la garde municipale. Il fut admis (sous le nom de Warcolier, Nicolas), auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il retira les pièces qu’il avait déposées à la Commission des récompenses nationales le 10 septembre 1831 et signa bien de son nom de Warcollier. Il déposa (sous le nom de Warcolier, Nicolas) un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet ou de préférence des secours. Il adressa la lettre suivante (qu’il signait du nom de Warcollier, Nicolas) à la Commission : « Warcollier, Nicolas, ancien militaire sous la République et l’Empire, père de six enfants en bas âge et dont l’épouse est prête d’accoucher du septième, a l’honneur de vous exposer qu’il a vaillamment combattu dans les journée des 27, 28 et 29 juillet dernier et a été blessé au pont des Arts , où il a eu la jambe et la cuisse droite fracassées ayant été foulé aux pieds des lanciers de la garde. Il a reçu à la mairie du (ancien) 1er arrondissement d’abord un secours de cent cinq francs et dans les premiers jours d’août dernier la somme de cinquante francs sans l’habillement complet auquel il avait droit, car ayant passé aux interrogatoires à sa mairie il lui fut annoncé qu’il serait désigné pour la croix mais la Commission des récompenses nationales ayant omis, sans doute par oubli, de le porter sur la liste des décorés, il ne l’a pas obtenue quoiqu’il ait déposé toutes les pièces qui justifiaient ses droits. En conséquence, il prend la liberté de réclamer contre l’omission de son nom sur la liste des décorés de Juillet, où il a le droit de figurer pour le moins autant que la plupart de ceux qui jouissent de cette glorieuse prérogative. Il vous supplie donc, M. le président, de soumettre à la Commission des réclamations ses titres […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants l’hôtel du Retiro situé faubourg Saint-Honoré n) 30 à Paris, certifions que le nommé Warcollier, Nicolas, domicilié faubourg-Saint-Honoré n° 30, Paris, a combattu pour la défense de l’indépendance dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, où il a contribué à la formation des barricades et qu’en un mot il a développé les sentiments les plus énergiques en faveur des libertés publiques. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir à l’appui de sa réclamation tendant à obtenir son admission dans la garde municipale et à titre d’ancien soldat sous l’Empire. » Signé, le 1er septembre 1830 : Moison ; Bierry ; Boisvin ; Ravel ou Ravenel ; Heninegrage illisible. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait 30, cour des Coches dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré (mais 89, cour des Coches au 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré in Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile ) en 1830 ; 3, passage Navarin dans la rue Saint-Lazare, escalier 3 au 2e étage (parfois mais sans doute par erreur au numéro 37 ?) en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile, rejetés parce qu’ils sont de la garde mobile ou des femmes ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile (où sa fiche est rayée) ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 4 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 couverture du dossier de Meteyer, Jean ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 54 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Warcolier, Nicolas) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 417.