Watrin

Biographie


Commissaire de roulage puis cultivateur en 1831. Par une lettre en date du 18 novembre 1831, il sollicita, en ces termes et auprès du ministre de l’Intérieur, la décoration de Juillet : « Il y a un an, je me suis adressé à M. Audry de Puyravaeau pour obtenir la décoration de Juillet. Ce monsieur me répondit qu’il fallait que je m’adresse au ministre de l’Intérieur ; depuis lors j’ai cru que ces sortes de demandes venant de la province étaient rejetées. Je viens de lire dans le Moniteur qu’on recevait jusqu’au 10 décembre toutes les réclamations qui auraient trait à la révolution de Juillet. Le 30 juillet, au reçu d’une lettre de Paris, j’ai distribué dans toute la ville des cocardes nationales. Le 31 j’ai promené notre drapeau tricolore et l’ai fait planter au haut de notre cathédrale. M. le général Vallattte, auquel j’ai envoyé la lettre qui m’annonçait les exploits des Parisiens, voulut faire enlever mon drapeau. Avec quelques amis, je suis resté dans les toits depuis 5 heures du soir le 31 jusqu’à 3 heures du matin le 2 août, bien décidés, ainsi que mes compagnons, à mourir plutôt que de nous laisser ternir. Pour avoir une idée de la difficulté du moment, il faudrait s’en entretenir avec quelques personnes présentes. Je vous citerai, monsieur le président, beaucoup d’hommes dignes de foi : M. le général Peltier, auquel j’avais confié mes projets, M. Parant, député, M. Charpentier, député, M. Chideaux, député, Visco, lieutenant-colonel dans la garde municipale (il était sur la place d’armes lorsque je suis arrivé avec mon drapeau). Quelques jours après, dans la révolte du 6e d’artillerie, j’ai rallié tout le régiment au général Peltier, dont l’autorité était méconnue. J’ajouterai à cet exposé des motifs de ma demande qu’en 1822 j’ai été poursuivi pour avoir couronné sur l’échafaud Roger, aide de camp du malheureux Caron ( ? Roger fut acquitté dans le procès où Caron fut condamné à la peine de mort, N.D.A.). S’il fallait des pièces justificatives de tout ce que j’ai l’honneur de vous avancer, je vous supplie de me le faire savoir. A l’époque de la révolution, j’étais commissaire de roulage à Mez ; depuis j’ai quitté les affaires pour me livrer à la culture. Agréez, etc. » La Commission réunie pour juger de l’attribution de décorations à l’occasion des journées de Juillet donna l’avis suivant : « La Commission, considérant que dans ces circonstances difficiles où le résultat des événements de Paris était inconnu, plusieurs citoyens non moins recommandables ont pris une part active aux actes de résistance de cette mémorable époque, que quelques-uns même ont rendu à la cause nationale et à la cité des services plus éclatants, elle pense qu’il n’y a pas lieu de décerner à un seul une récompense à laquelle plusieurs ont des droits incontestables. » Et le cabinet du préfet, en date du 6 mars 1832, donnait au ministère de l’Intérieur les informations complémentaires pour juger comment s’étaient déroulées la révolution dans le département de la Moselle : « Il est de notoriété à Metz que les événements de Juillet ont donné occasion à plusieurs honorables citoyens de faire éclater leur patriotisme ; mais cette manifestation était sans danger, aucun d’eux n’a pu se signaler assez pour mériter une récompense nationale, pour la raison qu’il y a eu presque unanimité dans la population et dans la garnison pour repousser le régime arbitraire que les ordonnances ont tenté d’établir. »Watrin demeurait à Moulin-le-Neuf lès Saint-Avold (sans doute aujourd’hui dans la commune de Macheren) en 1831. Archives nationales F/1dIII/80, Moselle.

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