Werner, Jean-Jacques
Biographie
Fabricant de meubles, fournisseur de la duchesse de Berry en 1827, il sollicita la décoration de la Légion d’honneur, par son intermédiaire et dès 1827, avançant les motifs suivants : « Une conduite irréprochable, une application particulière à la propagation des produits du royaume, un dévouement et un attachement à toute épreuve à la cause des gens de bien. » La duchesse de Noailles, chargée de transmettre au roi la demande, précisait : « […] La princesse a remarqué à l’Exposition, avec le plus grand plaisir, les produits de son industrie ; ils ont aussi fixé l’attention d’une foule de personnes distinguées, d’un grand nombre d’administrateurs, d’artistes, de députés. » Déjà auteur d’une pétition en date du 12 juin 1831 (n° 19) (sans doute pour sa conduite en juillet), il sollicita, pour les fêtes anniversaires de 1835, la décoration de la Légion d’honneur pour sa conduite en juillet 1830 et pour « s’être voué tant au soutien de l’humanité qu’aux entreprises nationales » Sa demande était apostillée dans ces termes par Matis, Jean, Sébastien (voir ce nom), qui signait en rappelant qu’il avait lui-même été nommé par plus de quatre mille décorés : « Personne plus que moi a été à même de juger et de reconnaître les grands services qu’a rendus M. Werner comme commissaire aux réclamations. Je ne saurais jamais assez le recommander aux bontés et à la bienveillance de M. le ministre, en déclarant à Son Excellence que personne plus que M. Werner mérite une récompense nationale. Toutes les pièces qu’il a adressées à M. le ministre le prouvent d’une manière positive et ce sont par ces motifs que tous les décorés verraient avec satisfaction et reconnaissance donner la croix de la Légion d’honneur à ce bon citoyen qui en perdant sa grande fortune, sut sacrifier même sa vie pour sauver plus de quatre-vingts Suisses afin d’être utile à l’humanité, épargner le sang français et sauver au gouvernement la caserne de Babylone, lors de l’affaire du 29 juillet 1830. » Peu après l’attentat de Fieschi, sur le boulevard du Temple en juillet 1835, il adressait la lettre suivante au baron Fain, conseiller d’Etat et secrétaire du cabinet du roi : « Monsieur, J’ai eu l’avantage de vous connaître à l’époque que vous exerciez vos droits au nom de l’Empereur. J’ai été heureux de recevoir de Votre Grandeur le 7 août 1834, une lettre au nom du roi, suite à une demande que j’avais adressée à Sa Majesté et que vous m’annoncez être envoyée au ministre pour y faire droit. J’ai rendu des services éminents à l’industrie. J’en ai rendu aussi à la société dans diverses circonstances où je me suis trouvé depuis 1811. Ma fortune et mon courage en ont été victimes !! Mes récompenses sont restées en arrière. Aujourd’hui à l’heure où le roi passait au boulevard du Temple, au moment où une détonation se fit entendre venant d’une croisée de ce boulevard, la décharge passa sur moi… tua trois personnes de l’état-major du roi et en blessa plusieurs… J’étais si près qu’une épaulette (à deux étoiles) tomba devant moi, ainsi que personne qui rendait son dernier soupir. Cette épaulette je l’ai remise au roi (en présence du colonel et du lieutenant-colonel) en défilant à la place Vendôme devant Sa Majesté avec la compagnie des sapeurs de la Xe légion. J’ai dit à Sa Majesté : “Sire, les sapeurs de la Xe légion ont été présents aux dangers que vous avez courus, cette épaulette que je vous remets vous sert de preuve et mon gant taché du sang de la victime est la preuve des dangers que j’ai aussi courus.” Monsieur je m’estimerais heureux si vous daigniez rappeler à Sa Majesté cette circonstance malheureuse, toute pénible qu’elle puisse être, et en même temps je me permets de vous joindre une pièce [absente du dossier, N.D.A.] concernant les services que j’ai rendus à l’époque de juillet 1830. J’ai lieu d’espérer que vous daignerez l’accueillir avec bonté. Dans cette attente, etc. » Werner demeurait 126, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1820 ; rue de Babylone en 1829 ; 10, rue Vanneau, hôtel Chimay en 1835. Archives de Paris 9AZ 3 (9AZ 168 Werner, Jean-Jacques) ; Archives nationales F/1dIV/W/1 Récompenses honorifiques ; Liste générale des membres composant la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, Huzard Paris, 1829 p. 28.