Wiesser, Louis, Antoine

Biographie


Né le 30 avril 1811 (bien le 30 avril 1811 dans son acte de naissance ; mais par erreur le 3 avril 1811 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris de Wiesser, Jean, Georges, ébéniste, et de Ferino, Alphonsine, Louise, son épouse. Ebéniste. Il fut blessé au cours de l’expédition de Rambouillet, le 3 août. Il reçut (sous le nom de Wiesser, Jean-Pierre, mais avec la bonne profession et la bonne adresse), après la révolution, un total de cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Sénéca, Achille, Henry (voir ce nom), ébéniste, demeurant 68, rue de Charenton ; Frétigny, Cyr, Auguste, (voir ce nom), menuisier, demeurant 68, rue de Charenton ; Meunier, Louis, Joseph (voir Meunier, Joseph, Louis), ferblantier, demeurant 20, rue de la Roquette. Ils attestèrent parfaitement connaître Wiesser, Louis, Antoine et « savoir qu’il a été blessé le 3 août 1830, sur la route de Paris à Rambouillet ». Il était aussi porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, propriétaire d’une maison rue de Charenton, déclare que le nommé Louis Wiesser, ébéniste, occupant une chambre dans ma maison depuis l’espace de deux ans et demi avec sa femme, qui, étant sur le point d’accoucher, se trouve dans l’impossibilité de me solder plusieurs termes qu’il me doit, étant sans ouvrage depuis sa blessure de Juillet et obligé de se défaire peu à peu de ce qu’il possédait pour subvenir aux premiers besoins. » Signé, le 10 avril 1831 : Frezier. Le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Jue, Edouard, Stanislas (voir ce nom), ébéniste, demeurant 20, rue Saint-Bernard ; Chavignot, Jean-Baptiste (voir ce nom), déchireur de bateaux, demeurant 8, rue de Bercy. Ils attestèrent que Wiesser, Louis, Antoine était « sans fortune et n’a pour vivre que le produit de son travail ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 23 avril 1831, la conclusion suivante : « A montré au côté externe du genou droit en travers de la rotule une cicatrice sans difformité et sans infirmité, qu’il attribue à une chute de voiture, faite en revenant de Rambouillet, circonstances qui, fût-elle prouvée, ne lui donnerait aucun droit à une récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. (il est où dans Crapelet ?) Il signa, le 4 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Benoist, Jean-Marie, quand ce dernier tenta de faire valoir, auprès de la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, ses droits à une récompense honorifique : « Nous, soussignés, reconnaissons que le nommé Benoist, Jean-Marie, s’est distingué en brave citoyen dans les journées mémorables de juillet 1830, qu’à cet égard il mérite, comme nous, la récompense accordée aux braves. Nous attestons l’avoir vu combattre, armé d’un fusil, le 27 au soir à la Bourse, le 28 à l’Hôtel de ville, où son frère (voir Benoist, Jean, Brutus) a été tué à ses pieds, le 29 présent à la prise du Louvre et des Tuileries […]. » En 1831, marié, sa femme enceinte, devant plusieurs termes de son loyer, « sans ouvrage depuis ses blessures de Juillet, obligé de se défaire peu à peu de ce qu’il possédait, pour subvenir aux premiers besoins », selon son propriétaire, il sollicita des secours. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. Il était l’un des décorés de Juillet signataires de la lettre, rédigée le 27 juillet 1831, afin de faire obtenir la décoration de Juillet pour Mannÿ François, et ainsi rédigée : « Dans les journées mémorables du mois de juillet 1830, au moment où tout bon Français se présenta pour requérir une liberté due à la grande nation (sic), nous avons reconnu le zèle, le courage du sieur Mannÿ, François, ex-militaire, qui constamment au milieu de nous, depuis le faubourg Saint-Antoine, où il demeurait alors, nous a constamment suivis et fait ses efforts pour réaliser le grand œuvre des Français ; soit dans la journée du 27 juillet sur la place de Saint-Antoine et l’Hôtel de ville, la prise du pont d’Arcole, comme le 28 au Palais-Royal (sic), et la rue Saint-Honoré (sic) et le 29 à l’investissement (sic) du Louvre et château des Tuileries […]. » » Si le désintéressement seul de Mannÿ, François l’avait empêché, selon ces décorés, de faire les démarches nécessaires devant la Commission des récompenses nationales, ils demandaient pour lui cette décoration que eux-mêmes portaient et dont ils le jugeaient digne. En 1831, il était caporal au 65e (ou 66e de ligne in Archives nationales F/1dIII/39) de ligne. En 1838, le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père de trois enfants, dont un en nourrice. […] Il est ébéniste et associé de son frère. Les deux Wiesser ont repris l’établissement de leur père, décédé, moyennant une pension qu’ils font à leur mère. Indépendamment de son état d’ébéniste, le pétitionnaire occupe, depuis trois ans, une place de gardien au marché Saint-Martin. Bien qu’il ait cette double ressource, on le dit être dans une position malheureuse par suite d’une maladie grave et longue qui l’a mis dans l’impossibilité de travailler. Les renseignements recueillis sur la conduite et la moralité du sieur Wiesser sont en sa faveur. » En 1839, père de huit enfants, dont deux restant à charge, ayant sa mère, veuve, à charge depuis 1838, carabinier à la 1re compagnie du 4e bataillon de la IXe légion de la garde nationale, il sollicita un secours, précisant qu’il s’était « toujours conduit d’une manière irréprochable tant dans les rangs de la garde nationale dont je fais partie depuis sept ans, où j’ai fait preuve de dévouement dans les affaires de juin [1832] et d’avril [1834]. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839. En 1840, il joignait sans doute à une demande de secours le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Wiesser, Louis a sauvé la vie à ma fille, Pauline Dansmon, âgée de dix-sept ans et demi, étant grosse de quatre mois ; qu’il l’a retirée du canal Saint-Martin, où elle s’était jetée par désespoir, le 25 novembre 1840. Lui ayant voulu lui donner vingt francs que je possédais, il me les refusa, me demandant une blouse pour se sécher, ayant froid. Il me la rapporta après six jours de maladie qu’il avait eue à cause du froid. Je le remercie de son beau courage. » Signé, le 4 décembre 1840 : Dansmon, Jean, demeurant 12, rue Bichat. Suivait la signature de Berger, propriétaire à Bercy, qui certifiait les faits. En 1842, les renseignements le présentaient comme non nécessiteux et ayant une bonne moralité. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1844. En 1845, gardien du marché de la place Maubert, il sollicita un secours. En 1847, ayant perdu sa place de gardien du marché de la place Maubert, souffrant de commotion et d’une luxation du gros orteil droit, résultant d’une chute depuis une échelle, il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1849, précisant qu’il avait combattu dans les rangs de la garde nationale pendant les journées de juin 1848, notamment à l’Hôtel de ville et à la prise du petit pont de l’Hôtel-Dieu, il sollicita un secours. En 1850, il se disait « ex-pensionnaire de la caisse particulière de Sa Majesté », locataire de deux boutiques au 12, rue du Carrousel, et 22, rue du Carrousel, et sollicitait de pouvoir occuper la boutique du 16, rue du Carrousel. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1850, les renseignements pris sur son compte rapportaient : « […] Habite, place du Carrousel n° 12, une petite boutique de cent quatre-vingts francs de location annuelle et s’occupe de raccommodage mais il a peu d’ouvrage et sa position est précaire. Tous ses effets sont engagés au mont-de-piété. Cet individu a à sa charge un petit garçon. Sa femme l’a quitté pour aller vivre avec un autre homme. Le sieur Wiesser est représenté comme un ami de l’ordre. » Il reçut un secours de soixante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1851, ses boutiques étant fermées pour cause de démolition, il sollicita un secours. Il reçut un secours de soixante-quinze francs et deux secours de soixante francs en 1851. En 1852, la police renseignait sur son compte qu’il était marié, père d’un jeune enfant et se trouvait « dans une grande misère », ajoutant qu’il tenait une bonne conduite et était digne d’intérêt. Il reçut un secours de soixante francs en 1852. Il demeurait 95, rue de Charenton, une chambre, de 1829 à 1831 ; 8, rue Neuve-Saint-Gilles en 1836-1838 ; 52, rue des Amandiers à la chaussée de Ménilmontant en 1838 ; 51, rue de la Fontaine-au-Roi en 1842 ; 80, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1845 ; 26, rue des Bernardins ou 18, rue des Bernardins en 1849 ; 12, rue du Carrousel en 1850-1851 ; 11, rue Saint-André-des-Arts en 1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Mannÿ, François ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Many ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Wiesser, Louis), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 87 (sous le nom de Wiesser, Louis), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Wiesser, Louis), idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188 (sous le nom de Wiesser, Louis), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Wiesser, Louis), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Wiesser, Louis) ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Benoist, Jean-Marie.

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