Wilhelm, Unger
Biographie
Né le 27 août 1816. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « Wilhelm, Unger, âgé de quatorze ans au 27 août 1830, adressé par M. le général Lafayette à M. le général Fabvier (voir ce nom), membre de la Commission des récompenses nationales, interrogé par je jury du (ancien) Ier arrondissement, convoqué par le bureau de M. Betou (voir Bétou, Edouard, François), rue des Beaux-Arts, expose à la Commission des réclamations présidée par M. Frey de Neuville (voir ce nom) les faits suivants, de la véracité desquels il ne fournit d’autres preuves que la promesse de récidive dans les mêmes cas advenant. Sorti de son collège, boulevard des Amandiers (le numéro est brûlé sur le manuscrit), pour se joindre aux braves Parisiens, un homme qui venait d’être blessé dans une rixe à la barrière Ménilmontant (le 27 juillet), lui céda son pistolet. Traversant Paris pour se procurer des munitions, il travailla à la barricade de la rue du Mail, près la place des Victoires. Arrivé jusqu’à la rue du Bac, un homme fondant des balles dans la rue leur en compta soixante. Il chercha en vain à se procurer de la poudre chez divers marchands : on la leur avait ôtée. Il se décida alors à retourner à Ménilmontant pour en demander à M. Pape, épicier, qu’il savait en avoir et, lui montrant son pistolet et ses balles, il le décida à partager avec lui sa trop petite provision (certificat de M. Pape ci-joint). Le 28, armé et muni, il se rendit par le Pont-Neuf au pont d’Arcole, au moment où on débusquait les quelques hommes de la ligne cachés derrière les bureaux de paye. Arrivés sur la place de Grève, protégés par les deux canons qu’on venait de tourner de face, nous nous munîmes des cartouches des Suisses étendus sur la place. Wilhelm, Unger combattit jusqu’à la prise définitive de l’Hôtel de ville et retournant alors chez lui il travailla encore à monter des pavés sur la porte Saint-Martin et s’y trouva au moment où six cuirassiers échappés de la porte Saint-Denis furent écrasés par le déluge de pavés ; deux ou trois purent à peine échapper jusqu’au bout de la rue. Le 29, il se rendit à 10 heures, par le Pont-au-Change, au groupe qui se formait rue Dauphine pour marcher sur le Louvre par le Pont-Neuf, un homme rembourré d’armes de toute espèce tout en vêtement fut accueilli de coups parce qu’il les vendait et on se les partagea. Wilhelm, Unger arriva à la grille du Louvre, au moment où le brave jeune homme qui les y avait conduits recevait la décoration d’un Suisse qui la défendait en lui disant : “Tiens, tu es plus digne que moi de la porter.” » Joint à son dossier, cette lettre en date du 3 août 1831, adressée à la femme Unger née Bouvier : « Je me rappelle très bien, madame, d’avoir envoyé à la Commission des récompenses la réclamation de votre fils. Elle fut adressée au président du comité, le général Fabvier. Je n’ai aucune part aux délibérations de cette Commission et n’ai pu que lui transmettre ce dont vous aviez bien voulu me charger. Vous aurez sans doute des nouvelles de vos papiers, en vous adressant aux personnes qui sont, m’a-t-on dit, chargées de recevoir les réclamations. Agréez, je vous prie, mes vœux pour tout ce qui intéresse le petit-fils de mon ancien collègue, ainsi que l’assurance de ma considération. » Signé : Lafayette (voir ce nom). Et le certificat suivant : « Je certifie avoir donné à M. Wilhelm, Unger un quart de poudre fine, le 27 juillet 1830, que j’avais pour mon utilité, attendu qu’il était déjà muni d’un pistolet et soixante balles, qu’il me fit voir. Le connaissant de la pension du boulevard des Amandiers, voulant faire usage de son arme, je me suis privé de cette poudre pour lui donner. » Signé, à Ménilmontant le 30 juin 1831 : Pape, épicier, demeurant 24, rue de Ménilmontant. Il demeurait 44, rue de Chaillot en 1831. Archives de la préfecture de police AA 417.