Willhelm, Jacques, Joseph
Biographie
Chaudronnier. Il combattit, armé, le 29 juillet dans la rue Saint-Honoré et sur la place du Palais-Royal. Vers 15 heures, dans un engagement avec les troupes de la garde royale, rue de Rivoli en face de la rue Saint-Nicaise, il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine. Il fut relevé et porté contre le mur du château des Tuileries, du côté de la rue de Rivoli ; il expira peu après. Une nouvelle fusillade de la garde royale obligeant les combattants à se disperser, ceux-ci perdirent son corps de vue. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Le certificat suivant constatait sa disparition : « Nous, soussignés, propriétaires et marchands patentés, certifions à qui il appartiendra que le mari de la femme Willhelm, Jacques, Joseph, demeurant à Paris, rue de la Mortellerie n° 47, n’a point à notre connaissance reparu à son domicile depuis le 29 juillet dernier, jour où il est sorti de chez lui pour aller défendre avec tous nos braves les droits et les intérêts de la nation. » Signé, le 9 août 1830 : Cancalon ; Contour ; Genet ; Berthier ; Bonnet, principal locataire. Le 26 août 1830, devant le commissaire de police du quartier de l’Hôtel de ville, comparurent : Couthon, Antoine (voir ce nom), coiffeur, demeurant 64, quai des Orme ; Saintjean, Louis (voir ce nom), chiffonnier, demeurant 42, rue de la Mortellerie ; Leroy, Louis, Gabriel (voir ce nom), tourneur en cuivre, demeurant 5, rue de Paris à Belleville. Ils déclarèrent que le 29 juillet ils avaient vu Willhelm, Jacques, Joseph « armé et se battre avec eux contre la garde royale et les Suisses dans la rue Saint-Honoré et sur la place du Palais-Royal contre la rue Saint-Thomas-du-Louvre ; que s’étant ensuite séparés, ils ne l’ont plus revu et n’ont pu savoir ce qu’il était devenu depuis cette époque, ce qui leur a fait présumer qu’il a péri ». Le 31 août 1830, devant le commissaire de police du quartier de l’Hôtel de ville, comparut Legendre, Ferdinand (voir Legendre, François), né à Carentan (Manche), employé chez Me Cabit, huissier 14, rue de la Lanterne et fit la déclaration que « le 29 juillet dernier, environ vers les 3 heures après-midi, se battant avec le sieur Willhelm, Jacques, Joseph, qu’il a bien connu pour être le sieur Willhelm, chaudronnier, demeurant rue de la Mortellerie n° 47, celui-ci a été atteint d’une balle à la poitrine, au coup de laquelle il est tombé ; qu’on l’a relevé et porté contre le mur du château des Tuileries, côté de la rue de Rivoli, où ils se trouvaient alors, en face de la rue Saint-Nicaise dans un engagement avec les troupes de la garde royale ; qu’à la suite du coup et peut-être dix minutes après ledit Willhelm a expiré ; qu’il l’a perdu de vue, ayant été obligé de prendre la fuite ». Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Berthier, Nicolas, marchand de vin, demeurant 26, rue de la Mortellerie ; Gueniot, Charles, Jean, marchand de vin, demeurant 58, quai des Ormes ; Genet, Charles (voir ce nom), demeurant 30, rue de la Mortellerie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Willhelm, Jacques, Joseph et savoir qu’il avait « été tué dans les affaires qui ont eu lieu dans les journées de juillet dernier ; que le 29 dudit mois ils ont vu dans les environs du Louvre un cadavre qu’ils ont reconnu pour être le sien ; qu’il avait plusieurs blessures sur le corps et la figure entièrement cicatrisées ; qu’étant venus à son domicile pour en faire part à son épouse et étant retournés sur les lieux où ils l’avaient vu ils ont eu occasion de se convaincre qu’il avait été enlevé ». Il laissait une veuve, Guillaume, Thérèse, Marguerite, née le 19 février 1783 à Paris, qui reçut de la commission de son arrondissement un premier secours de vingt francs puis un autre de quinze francs le 26 août, un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de trente francs en septembre de la Commission de son arrondissement et un secours de trente francs le 29 septembre aussi de la Commission de son arrondissement. Son décès fut déclaré par jugement du 31 mai du tribunal de première instance de Paris et transmis le 11 juin suivant à la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Genet, Charles (voir ce nom), Berthier, Nicolas, marchand de vin, demeurant 26, rue de la Mortellerie, et Gueniot, Charles, Jean, marchand de vin, demeurant 58, quai des Ormes, témoignant qu’il a été « tué dans une des affaires qui ont eu lieu dans les journées de juillet dernier, que le 29 dudit mois, ils avaient vu dans les environs du Louvre un cadavre, qu’il avaient reconnu pour être le sien, qu’il avait plusieurs blessures sur le corps et la figure entièrement cicatrisée, qu’étant venus à son domicile pour en faire part à son épouse et étant retourné sur les lieux où ils l’avaient vu, ils avaient eu occasion de se convaincre qu’il avait été enlevé. » La veuve fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordé (sous le nom de veuve Wilhelm, née Guillaume, Thérèse, Marguerite) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 47, rue de la Mortellerie ; sa veuve, toujours 47, rue de la Mortellerie en 1831. Le nom de Willhelm (J.-J. Willhelm) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 69 ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 15 juin 1831 du parquet du tribunal de première instance de Paris ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.