Ygonnel, François

Biographie


Ancien militaire au 20e régiment d’infanterie de ligne, devenu marchand de ferraille près de l’église de l’Abbaye aux Bois, rue de Sèvres, il sollicita en août 1831 et auprès du duc d’Orléans, la décoration de Juillet, qu’il méritait « aussi bien qu’un autre », selon lui. Il s’était présenté à la Commission des récompenses nationales et il avait été, expliquait-il, « bien étonné que la personne chargée de cette mission me dit qu’il était bien fâché, qu’il savait bien que j’avais des droits à ma demande mais que le travail était terminé et qu’il n’avait pas envie de le recommencer, qu’il fallut que me m’y prisse plus tôt ». Il récapitulait ainsi sa participation aux événements : « […] Ayant deux enfants et ma femme prête d’accoucher. Lorsque M. [illisible] me dit si je voulais le suivre, que nous irions défendre nos frères, je lui répondis que j’étais prêt. Nous partions à quatre de notre quartier, ayant perdu un de nos camarades [le domestique de la pension de M. de Lanoue ou Delamare ?, rue du Montparnasse, N.D.A], nous résolûmes de retourner dans notre quartier, pour voir ce qui se passait et garder nos barrières, de crainte que les Suisses d’Orléans n’arrivent par là. Nous n’étions pas sitôt arrivés que nous commencions à dépaver le bout de notre rue et, ayant arrêté deux voitures chargées de pain que l’on faisait passer aux troupes, […] nous avons dételé les chevaux et formé des barricades avec les voitures. Ensuite, les ouvriers de M. Laffitte sont venus à notre secours et nous avons continué à abattre les arbres et retiré les pavés tout au long du boulevard, depuis la rue du Montparnasse jusqu’à la barrière d’Enfer. Une charpente m’est tombée sur un pied et m’a écrasé un doigt. Nos barricades faites, j’ai été avec mon conducteur à la prise de la caserne des Suisses ; après la prise de ladite caserne, nous nous sommes rendus à notre poste et nous en avons fait le service, sans bouger un seul instant jusqu’au 7 août. […] J’ai transporté des victimes sur mon dos dans le cimetière, parce que les voitures ne pouvaient pas passer par la porte, à cause d’une barricade. » Il citait à l’appui de sa demande la liste des témoins suivante, qui pouvaient attester de sa participation aux combats : les commis de la barrière du Montparnasse ; le chef de la barrière du Maine ; Andras (voir Andras Dumontoire), lieutenant-colonel, demeurant 10, rue du Montparnasse ; Martinet (voir Martinet, Antoine), sergent, demeurant à la barrière du Montparnasse ; Guérin, marchand de vin la barrière du Montparnasse ; Richefeu, marchand de vins à la barrière Montparnasse ; Choq, marchand de vin la barrière du Montparnasse ; Cuzet, marchand de vin la barrière du Montparnasse ; Morise, marchand de vin la barrière du Montparnasse ; Balat, marchand de vin la barrière du Montparnasse ; Lorion, menuisier, demeurant 8, rue du Montparnasse (le numéro n’est pas sûr) ; Fi..., épicier, demeurant 12, rue du Montparnasse (le numéro n’est pas sûr) ; Alainaud illisible, distillateur, demeurant 12, rue du Montparnasse ; Boudenet, propriétaire, demeurant 12, rue du Montparnasse ; Brout illisible, propriétaire, demeurant 12, rue du Montparnasse ; Latouche, forgeron chez Laffitte ; Auvelle, forgeron chez Laffitte ; Bruel, maître chaudronnier, demeurant rue du Foin-Saint-Jacques ; Devay illsible, portier du cimetière, qui pouvait prouver qu’il avait transporté des victimes sur son dos dans le cimetière, parce que les voitures ne pouvaient pas passer à cause des barricades. Il demeurait 10, rue du Montparnasse près de la barrière en 1830. Archives nationales F/1dIII/78.

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