Ytasse
Biographie
Marchand drapier. Se plaignant d’avoir été oublié dans le travail de la Commission des récompenses nationales, il adressa la lettre suivante à cette dernière, en rappelant la participation qu’il avait prise aux combats des trois journées de Juillet : « […] Le 28 dans la matinée, l’on m’a vu combattre dans les rues de la Monnaie et Bétizy contre le 15e et, vers le soir, fraterniser un des premiers avec ceux qui rendirent les armes. Le 29 dès le matin, je me rendis à la barricade que l’on avait élevée rue de l’Arbre-Sec. Dès qu’un renfort de braves commandés par des élèves de l’Ecole polytechnique en eut pris possession, je me dirigeai vers le Louvre, suivi d’une grande multitude. Aussitôt qu’il fut en notre pouvoir, je m’avançai avec la masse sur les Tuileries. Parvenu sous l’arcade de triomphe, mes munitions se trouvèrent épuisées. Sur le conseil de jeunes élèves qui nous commandaient, je pousse la grille qui nous fermait l’entrée, nous entrons environ une douzaine des plus hardis et plus de dix minutes s’écoulent avant que la foule n’ose nous suivre. J’étais placé sous le vestibule du grand escalier, veillant au bon ordre, lorsqu’un homme de distinction, couvert d’une redingote, coiffé d’une casquette à colbac, ayant les favoris rouges vint, après avoir observé mes actions, me tendre la main et me promit, en me félicitant, de me faire connaître au général. Comptant sur sa parole, je n’ai fait aucune réclamation mais le temps qui s’est écoulé jusqu’ici ne me donne que trop à penser que j’ai été oublié. En conséquence, j’ose vous exposer d’une manière brève le récit de mes actions, en attendant qu’une entrevue avec vous me permette de vous les raconter plus au long et selon l’exacte vérité. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. En 1830, il était caporal de la IVe légion de la garde nationale. Il apostilla la demande de décoration présentée par Hardouin, Michel (voir ce nom). Il signa un certificat en faveur de Joarhit, Pierre (voir ce nom), pour attester la conduite de ce dernier pendant les combats de Juillet. Il signa le certificat suivant en faveur de Glaudot, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, habitants de la rue Tirechappe à Paris, certifions que le sieur Glaudot, Jean-Baptiste, décatisseur, demeurant même rue n° 10, ancien garde national, s’est distingué dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, en prenant les armes et volant au secours de la patrie en danger. Il est un de ceux qui ont fait feu sur les Suisses et pris le Louvre. Pendant ces mémorables journées, il n’a pas discontinué de se montrer bon soldat et fidèle garde national. Il s’est battu avec une intrépidité et un courage héroïques. Malgré ses grandes fatigues, il n’a point quitté son arme que le 30 suivant. Dans la nuit du 29 au 30, il s’est joint à la compagnie de la rue des Bourdonnais pour faire patrouille et maintenir l’ordre, le repos et la tranquillité du peuple. Son vœu, son désir et son opinion ont toujours été manifestés publiquement pour l’élévation au trône de Sa Majesté Louis-Philippe Ier, duc d’Orléans. » Il demeurait 10, rue Tirechappe en 1830. Archives de Paris VD6 277 in dossier Glaudot, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Hardouin, Michel, idem in dossier Joarhit, Pierre ; Archives de Paris VD6 281 n° 1.