Yvan, Alexandre

Biographie


Né vers 1790 en Pologne. Ancien militaire polonais, ayant servi dans les armées françaises de 1808 à 1814, resté à Paris et devenu journalier. Il fut légèrement blessé. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut un total de cent vingt-cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom d’Ivan, Alexandre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831. En 1834, sans travail, il sollicita des secours. Le préfet de la Seine donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Gardien des travaux publics et était employé en dernier lieu au pont du Carrousel. Père de quatre enfants en bas âge, cet homme est réellement malheureux et d’une très bonne conduite. Le secours qu’il sollicite est le montant des indemnités payées aux décorés de Juillet aux fêtes anniversaires de 1833 et 1834, qu’il prétend n’avoir pas reçues. Il paraît digne de la bienveillance de l’administration. » Le préfet de police par contre apporta les informations suivantes : « […] Nommé par la ville gardien concierge du Marché au charbon, avec un traitement annuel de huit cents francs. Ce service étant devenu inutile, ses fonctions ont cessé depuis quelque temps, mais on lui a conservé le logement dans l’emplacement de ce marché. Aujourd’hui, il est employé au pont du Louvre, où il gagne, dit-on, cinq francs et cinquante centimes par jour. Sa femme est occupée deux jours par semaine au Marché aux chevaux, moyennant un salaire de sept à huit francs ; ils n’ont pas d’enfant [un autre rapport le dit père de quatre enfants, N.D.A.]. Yvan, âgé de quarante-cinq ans, est un homme fort valide. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1834. En 1836, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est âgé de cinquante-cinq ans (sic), marié et il a quatre enfants à sa charge. Il n’a point d’état ; quelquefois il est employé comme gardien de travaux. Sa position est des plus malheureuses et, en raison de sa bonne conduite, il paraît réellement digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1837, la même administration recueillait sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Yvan est logé gratis dans un local appartenant à la Ville, rue de la Roquette n° 38, […] a cinq enfants en bas âge à sa charge […], sans ouvrage depuis le commencement de l’hiver […] lorsqu’il travaille comme manœuvre il ne gagne qu’un franc cinquante par jour. […] Paraît réellement digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. En 1839, il sollicitait un « emploi proportionné à ses facultés et à ses besoins afin de pouvoir élever ses infortunés enfants dans l’honneur et les bons principes qui ont toujours couronné ses actions » et un nouveau secours : « […] Père d’une nombreuse famille, dont trois encore en bas âge, ne pouvant, pour causes de blessures et d’infirmités survenues par suite des fatigues de la guerre qu’il a éprouvées sous le règne de l’Empereur, se livrer à aucuns travaux ni remplir aucune fonction que celle de gardien d’établissement public […] se trouve réduit aujourd’hui au plus affreux dénuement, ayant perdu tous les moyens d’existence par suite des malheurs imprévus qui l’ont contraint à engager toutes ses hardes et effets mobiliers pour subvenir en partie aux besoins de sa malheureuse famille. Les cris de ses jeunes enfants, excités aujourd’hui par la faim et qu’il ne peut, malgré tous ses efforts, apaiser que momentanément et au moyen d’un faible salaire que reçoit son épouse, employée comme gardienne des lieux publics et qui n’est que de soixante-quinze centimes par jour, à diviser entre toute sa famille, étant la seule occupée en ce moment, le forcent à vous rappeler aux actions courageuses par lesquelles il s’est signalé aux affaires de juillet 1830 et qui lui ont valu la décoration qui brille aujourd’hui avec honneur sur sa poitrine couverte de cicatrices afin que votre bienveillante autorité répande sur lui et sa misérable famille les secours qu’elle inspire en ce moment et duquel il se croit digne […] » Cette année-là, la préfecture de police donna les renseignements suivants sur son compte : « […] Il a cinq enfants, dont deux à sa charge. Sa femme gagne de quinze à vingt sous par jour. Pour lui, il est actuellement employé comme gardien de travaux et reçoit deux francs cinquante par jour. Sa position est assez précaire, attendu que la blessure qu’il a reçue ne lui permet pas de se livrer à d’autres occupations. Il jouit d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut un secours de vingt francs le 17 janvier 1839, vingt francs le 16 juillet 1839, un secours de trente francs et un autre de vingt-cinq en 1840, un secours de quarante francs en 1841. En 1842, il était toujours garde de nuit dans les ateliers de travaux publics ; la police recueillait toujours sur son compte de « bons renseignements » et le jugeait « digne d’intérêt ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846, un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq en 1847. En juillet 1848, il sollicita « comme père de famille […] le secours qui lui a été accordé annuellement depuis 1830 ». Sa femme mourut du choléra en 1849, laissant trois enfants dont le dernier n’avait pas sept ans (mais il dit deux enfants en 1850 : un de quatorze et un de sept ans). En 1849, la police rapportait sur son compte : « […] Gardien des latrines publiques […], veuf et père de trois enfants à sa charge. […] Ce pétitionnaire, qui n’a que soixante centimes par jour pour subsister et faire vivre les siens, est des plus malheureux. Sa position, eu égard aux bons renseignements recueillis sur son compte, est digne du plus vif intérêt. » Vers 1850, il se plaignait de n’avoir pas touché les sept cent vingt francs annuels qu’il eût dû percevoir par an (soit au total quatre mille trois cent vingt francs), comme concierge à la Roquette. Il assurait n’avoir pas pu s’empêcher de saluer l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte en se réunissant avec d’autres pour crier Vive Louis-Napoléon Bonaparte ! En 1850, « ne pouvant travailler par rapport à ses infirmités et réduit à un traitement insuffisant de seize sols par jour, […] après avoir mangé et mouillé de ses larmes pour dix sols par jour de pain de munition pour lui et pour ses deux enfants, il ne lui reste presque plus rien pour payer son loyer », il sollicitait un secours. Il reçut un secours en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, deux secours de cinquante francs en 1853, à titre de médaillé de Juillet. En 1854, gardien de nuit pour les travaux publics, « dans un état de misère complet », il sollicita un secours. En 1856, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Yvan est gardien de bâtiments en construction. Il passe trois nuits par semaine et gagne un franc soixante-quinze par nuit. Pendant vingt-deux ans, Yvan a été gardien d’un magasin de charbons appartenant au gouvernement, sur le quai Saint-Paul. En outre, il était surveillant des latrines publiques qui se trouvent également sur le quai Saint-Paul. Cet emploi lui avait été donné par M. le préfet de la Seine. Il a été destitué de ses fonctions en 1848, la salubrité s’en est emparé. Yvan est âgé de soixante-treize ans, il est veuf, il a deux enfants mais il ne sait pas où ils sont. Depuis quelques jours il demeure rue Regrattier, où il est logé par charité. Il a demeuré précédemment rue Saint-Louis-en-l’Ile n° 67, où il est resté cinq ans. Il était dans un garni et payait dix francs par mois. Yvan a servi sous l’Empire de 1808 à 1814. Il a fait la campagne de Russie et est médaillé de juillet 1830. Cet homme n’est pas heureux, il touche des secours du bureau de bienfaisance, il a des infirmités qui l’empêchent de se livrer à un travail fatigant. Les renseignements recueillis sont en sa faveur. Il dit avoir touché quarante francs l’année dernière. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, en 1856 et en 1857. En 1858, on recueillait les renseignements suivants sur son compte : « […] Il a été longtemps employé comme gardien des travaux de Paris et, par suite de l’affaiblissement de sa santé, il a obtenu d’entrer aux Incurables le 2 novembre 1857. Le sieur Yvan est toujours malade et ses bons antécédents lui donnent des titres à un témoignage de bienveillant intérêt. » Vers 1862, il sollicitait un secours, dépeignant ainsi les conditions qui lui avaient été faites : « Moi ancien militaire, réduit pour vivre à solliciter une maison de secours, je m’adressai à mon administrateur de bienfaisance ; il m’a envoyé à Villers-Cotterêts. Je l’ai accepté, ne sachant pas qu’elle était cette maison. Mais ce n’est pas un refuge pour y finir sa vieillesse, c’est une véritable prison de vagabonds et mendiants et ne crois pas avoir mérité ce châtiment pour m’envoyer en pareil lieu. Je suis vieux, il est vrai (soixante-douze ans) mais je n’ai pas cru avoir commis un [autre] crime que de vieillir et d’avoir mérité de la société. S’y j’y fusse resté, je serais en peu de temps mort et je ne pense pas que ce fut le vœu de mon administrateur […]. » Il reçut deux secours de quarante francs en 1858. Il ne savait pas signer. Il demeurait à Clichy en 1830-1831 ; à Bercy jusqu’en 1833 ; 58, rue de la Roquette en 1834-1837 ; 14, quai des Célestins en 1839-1848 ; 34, quai des Célestins en 1849 ; 14, quai des Célestins en 1850 ; 10, rue des Nonandières en 1851-1852 ; 38, rue et île Saint-Louis en 1853-1854 ; 5, rue Regratier dans l’île Saint-Louis en 1856 ; 8, rue des Récollets à l’hospice des Incurables dans le faubourg Saint-Martin en 1858 ; à l’hospice de Villers-Cotterêts puis 38, rue et île Saint-Louis vers 1762. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Notin ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives nationales F/15/3796-3797 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853.

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