Albas, Augustin
Biographie
Né le 18 août 1786 à Sainte-Marie-Cappel (Nord). Militaire depuis le 9 octobre 1806, ayant participé aux campagnes de l’Océan et à celle d’Espagne de 1806 à 1813, il fut atteint de cinq blessures en Espagne ; licencié à la fin de l’Empire, il reprit du service dans la garde royale, qu’il quitta le 16 mars 1822. Il était cordonnier en 1848. Il fut atteint à la tempe, le 24 février 1848 à la porte Saint-Denis sur le boulevard du Temple (sic), d’une balle en ricochet, qui lui laissa une plaie contuse, il fut aussi blessé d’une capsule en cuivre, qui pénétra dans les chairs et causa une tumeur et, enfin, il fut atteint de contusions à la jambe en escaladant une barricade, à cause de pavés qui s’écroulèrent. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin de faire valoir ses droits à une récompense nationale. Dans sa lettre, il avançait avoir combattu pendant la révolution de Juillet ; cette lettre était ainsi rédigée : « La surdité dont je suis atteint est si forte que pour vous épargner, dans la difficulté de vous faire entendre, j’ai cherché à prévenir une partie de vos questions. Je suis un ancien soldat de l’Empire, criblé de blessures, dans la partie gauche, et réformé par changement de gouvernement. J’ai repris du service sous les Bourbons, dans la garde royale, d’où je fus libéré le 16 mars 1822. J’ai huit campagnes. J’ai combattu héroïquement dans les journées de juillet 1830 et, me croyant dédommagé par la conviction d’avoir rempli mon devoir, je n’ai point demandé de récompense, quoique blessé. En février 1848, j’ai oublié ma vieillesse de mes soixante-deux ans, mes blessures et mes infirmités graves, j’ai pris les armes et combattu pour la délivrance de la patrie ; l’un des premiers, j’entrai aux Tuileries, où j’enlevais un drapeau, que je remis à un officier de la garde nationale. J’ai été aussi blessé dans les journées de février 1848, d’une balle en ricochet à la tête, d’une capsule à la main gauche qui était renfermée dans la blessure, dont la guérison n’eut lieu qu’après trois mois qu’elle fut extraite. Plus, j’ai eu des contusions très fortes aux jambes, causées par des chutes réitérées sur les barricades de février […]. » Un certificat médical, signé du docteur Nicolas, A., attestait que Albas souffrait « d’une plaie contuse à la tempe gauche résultant du choc d’une balle au ricochet reçue le 24 février à la porte Saint-Denis, sur le boulevard du Temple ». Son dossier fut ouvert à la Commission sous le nom de Albas ou Elbas, Augustin. En mars 1848, cordonnier sans ouvrage, éloigné des ateliers nationaux en raison de son âge, sans ressources, complétement sourd et souffrant de plus de douleurs de poitrine chroniques, il sollicitait des secours. Il reçut un secours de vingt-cinq francs le 5 août à la mairie, un secours de vingt francs le 9 août, un secours de vingt francs le 16 août, un secours de vingt-cinq francs le 23 août, un secours de vingt-cinq francs le 30 août, un secours de vingt francs le 5 septembre, un secours de vingt francs le 12 septembre, un secours de cinquante francs le 14 octobre, un secours de vingt francs à la mairie du (ancien) XIe arrondissement, un secours de trente francs le 8 novembre, soit un total de deux cent cinquante francs. Il reçut un secours de quinze francs le 23 février 1849 à l’Hôtel de ville. Le 25 octobre 1848, il fut admis à l’hôpital de La Pitié pour une congestion cérébrale. Le 7 février 1849, Lamoureux, son propriétaire du 165, rue de Vaugirard, lui délivrait le certificat suivant : « Je certifie que le citoyen Alban [sic] est un honnête homme et un bon mari, que tout le temps qu’il a resté chez moi il s’est très bien comporté. Il n’en n’est pas moins qu’il me doit trente francs de loyer. » En 1849, il était inscrit au bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement. En 1850, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Célibataire, il vit seul dans une chambre sous les combles, rue des Brodeurs n° 14, et couche sur un mauvais grabat, sans couverture. Ouvrier savetier sans ouvrage, sa position inspire la commisération. Il est digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850. En 1851, une note de l’administration le disait « accablé d’infirmités et dans une misère profonde. De plus il est sourd. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1851. En 1852, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Le nommé Albas est un vieux soldat de l’Empire, célibataire, âgé de soixante-huit ans, jouissant d’une excellente réputation, très dévoué au prince-président, dont il parle continuellement avec beaucoup d’enthousiasme. Il est sourd. Il n’a pas d’ouvrage. Il est cordonnier. Il est dans une extrême misère. Il loge dans un galetas, sous un escalier, qu’il paie six francs par trimestre, il doit deux termes à son propriétaire, dont il ne peut s’acquitter, n’ayant même pas pour subvenir à son existence. Albas a de bons antécédents. Ses voisins disent beaucoup de bien de lui. Il est tout à fait digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, souffrant d’asthme chronique et de cathare, sans aucunes ressources, il sollicitait des secours. Il reçut un secours de cinquante francs en 1855, un secours de cinquante francs en 1856, un secours de cinquante francs en 1857, un secours de cinquante francs en 1858, un secours de cinquante francs en 1859, un secours de cinquante francs en 1860, un secours de cinquante francs en 1861, un secours de cinquante francs en 1862. En 1863, le cabinet du préfet de police rapportait à son sujet : « […] Ne subvient que très difficilement à ses besoins journaliers et se trouve dans l’impossibilité absolue de se procurer des ressources par le travail. Un secours lui viendrait fort à propos en aide en ce moment. Il jouit d’une bonne réputation sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1863, un secours de cinquante francs en 1864, un secours de cinquante francs en 1865, un secours de cinquante francs en 1866. Il était médaillé de Sainte-Hélène. Il demeurait 165, rue de Vaugirard de 1845 à 1848, dans la maison de Lamoureux ; 117, rue de Vaugirard (ancienne série) en 1848 ; 14 bis, rue de la Verrerie en 1848 ; 14, rue des Brodeurs en 1849-1850 ; 14, avenue de Breteuil chez Mme Christal, épicière en 1850-1852 ; 70, rue Vaneau en 1851 (in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 208-209 ) ; 10, rue Saint-Jean au Gros-Caillou en 1855 ; 165, rue de Vaugirard, chez M. Mercier, épicier, en 1857-1858 ; 1, passage Saint-Dominique dans le faubourg Saint-Germain en 1860 ; 165, rue de Vaugirard, chez M. Mercier, épicier et marchand de vins en 1861-1866. Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 ; Archives de la préfecture de police AA 370.