Allien, Auguste
Biographie
Né vers 1799 à Montpellier (Hérault). Ancien militaire, devenu marchand de vins fins. Peu avant la révolution, son magasin du passage Colbert fut entièrement dévasté dans un incendie. Il ne put sauver ni marchandises ni mobilier, et, n’étant pas assuré, se trouva entièrement ruiné. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Absent de Paris, il ne put répondre à une lettre que lui avait adressée, le 4 février 1831, la Commission des récompenses nationales. En 1831, il entreprit ses démarches auprès de cette même commission. Le détail de la conduite qu’il tint pendant les combats était ainsi rapporté, dans deux lettres différentes qu’il fit parvenir à la Commission, et dont nous livrons la synthèse suivante : « Le 27, je me suis porté chez les armuriers pour faire distribuer des armes au peuple. Le 28, rue d’Enghien n° 4, sachant qu’il y avait des caisses d’armes, je les ai défoncées à coups de marteau, en ai tiré environ cinq cents fusils, que j’ai fait distribuer et ai distribué moi-même au peuple. […]. De là, chez l’arquebusier, rue Montmartre n° 27, où ils trouvèrent des balles et de la poudre. [Je suggérai] l’idée de la barricade de cette rue, passage du Saumon, mit le premier la main à l’œuvre, soutint le feu de l’ennemi et le força à la retraite. […]. Le 29, je me suis rendu au poste de la rue Jean-Jacques Rousseau, l’ai désarmé et ai distribué également les armes au peuple. Devenu chef d’un peloton de six à douze hommes, je me rendis de là dans la rue de Richelieu et me postai avec ma troupe dans la maison n° 38 et ne cessai de faire feu sur les gardes royaux retranchés dans la maison du chapelier [voir Moizard] au coin de la rue de Rohan. Fatigué des lenteurs de cette espèce de siège, j’engageai mes braves camarades à me suivre. Nous nous précipitâmes alors dans la maison occupée par la garde, nous parvînmes aux étages qu’ils occupaient et nous les forçâmes à nous livrer leurs armes. Nous nous rendîmes ensuite maîtres d’une pièce de canon braquée rue Saint-Honoré. Nous nous rendîmes de là aux Tuileries pour empêcher le pillage et maintenir l’ordre. J’ai fait partie du cortège du général Lafayette lorsqu’il se rendit à la préfecture. Il me donna, un moment après, huit hommes pour me poster au journal du Moniteur et y passer la nuit et protéger l’imprimerie. Notre présence étant devenue inutile, nous retournâmes près du général. Il m’envoya au Louvre, en remplacement du colonel du 50e, appelé ailleurs pour arrêter le pillage. J’ai fait partie de l’expédition de Rambouillet, fut désigné par le général Pajol pour escorter les diamants de la couronne. » Il joignait à ses lettres la copie de très nombreux certificats, ainsi établis : « Je, soussigné, Pierre Espagnac (voir Espagnac, Pierre ?), déclare avoir été avec le pétitionnaire le 29 juillet dernier au poste de la rue Jean-Jacques Rousseau et qu’il a fait rendre le poste, dont il nous a distribué les armes. » « Je, soussigné, Lemercier, déclare avoir été avec le pétitionnaire au poste de la rue Jean-Jacques Rousseau, dont il nous a distribué les armes. » Signé : Lemercier (ou Le Mercier), demeurant 7, passage du Grand-Cerf ; Pesquy (voir Pesquy, Marc, Antoine, Joseph), étudiant en droit, demeurant 8, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. « Je déclare avoir vu M. Allien prendre les armes, la semaine à jamais mémorable de 1830. » Signé ; Tassat, demeurant 20, passage du Saumon. « Je certifie que le sieur Allien est venu prendre chez moi des armes et des munitions le 28 juillet. » Signé : Plombdeur, demeurant 25, rue des Fossés-Montmartre. « Je certifie avoir été avec M. Allien à Rambouillet et l’avoir vu se distinguer dans plusieurs postes de Paris. » Signé : Billiard ou Billard, marchand tapissier, demeurant 27, rue Coquillière ou 27, rue Jean-Jacques Rousseau. « Je certifie avoir été avec M. Allien au poste de la rue Jean-Jacques Rousseau, le 29 juillet. » Signé : Scherer fils, tapissier, demeurant 59, rue Saint-Antoine. Je certifie avoir été au poste de la rue Jean-Jacques Rousseau avec M. Allien, le 29 juillet. » Signé : Grenan ou Grenau, demeurant 13, rue de l’Echaudé. « J’atteste que le pétitionnaire est entré chez moi un des premiers, le 29 juillet. » Signé, le 15 septembre 1830 : Moizard (voir ce nom), chapelier, au coin de la rue de Rohan. « Je certifie que j’ai vu le pétitionnaire dans plusieurs endroits, combattre les troupes royales. » Signé Sward ou Waid, demeurant 60, passage Saumon. « J’atteste avoir rencontré plusieurs fois dans la journée du 29 juillet Allien au milieu des combattants. » Signé : Lapeyre, demeurant 20, passage Saumon. « J’atteste que le pétitionnaire s’est conduit dans les trois mémorables journées en véritable soldat français, se portant partout où besoin était et faisant feu toujours un des premiers pour nous encourager. » Signé, le 30 juillet 1830 : Barthélemy, bijoutier, demeurant 112, Palais-Royal. « J’atteste avoir été avec le pétitionnaire rue Jean-Jacques-Rousseau le 29 juillet, où il nous a distribué des armes. » Signé : David, demeurant 22, rue Beaurepaire. « Sur les renseignements que j’ai obtenus sur M. Allien, ancien militaire, chevalier de la Légion d’honneur (il n’est pas dans la base Leonore), chasseur dans ma compagnie, je crois devoir attester la vérité de ce qu’il dit avoir fait et qui se trouve attesté par des témoins oculaires. » Signé : Nidinger-Lecompte, lieutenant à la 1re compagnie du 1er bataillon de la IIIe légion de la garde nationale. « Je certifie que M. Allien est venu le 29 désarmer le poste de la rue Jean-Jacques-Rousseau et qu’il a distribué les armes. » Signé : Vieux, concierge de la poste. « Je certifie que M. Allien est venu à l’administration du Moniteur dans la journée du 29 juillet, porter les ordres du général Lafayette. » Signé : Guisard ou Guizard, chef de l’imprimerie. « J’atteste que le pétitionnaire a figuré dans les rangs des combattants pendant les journées mémorables. » Signé : Paulhaud ou Paulhan, lieutenant dans la IIIe légion de la garde nationale, demeurant 22, rue Beaurepaire. « J’atteste que M. Allien a vaillamment combattu dans les trois mémorables journées. » Signé : Decreps, capitaine dans la IIIe légion de la garde nationale, demeurant 3, rue du Petit-Carreau. « Je certifie que M. Allien est venu le 29 juillet et qu’il a fait fuir les gardes royaux. » Signé : Bullié (sans doute concierge, N.D.A), demeurant 8, rue Richelieu. Allien sollicita un débit de poudre de chasse et de tabac à Paris. En 1831, il était chasseur dans la garde nationale et père « d’une nombreuse famille ». Il lui fut répondu que sa demande était présentée trop tardivement et que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés. Il apostilla la demande faite par Guibert, Jean, Guillaume auprès de la Commission des Réclamants, pour faire valoir ses droits, attestant que Guibert était venu avec lui, le 29 juillet, désarmer le poste de la rue Jean-Jacques-Rousseau. Il demeurait passage du Saumon en 1830 ; 108, rue Montorgueil en 1830-1831 puis 9, rue Croix-des-Petits-Champs en 1831 ; 11, rue de la Bibliothèque en 1831. Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 13 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/42 ; Archives de la préfecture de police AA 370 ; Archives de la préfecture de AA 391 in dossier Guibert, Jean, Guillaume.