Aulard fils, Pierre

Biographie


Né le 10 novembre 1801 à Paris, fils d’Aulard, Louis, Joseph, autre combattant de Juillet décoré. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons avoir vu de nos croisées au 1er étage donnant sur la rue Neuve-Saint-Denis au coin du carré Saint-Martin, le sieur Aulard, Pierre (recouvert d’un pantalon blanc et d’une redingote idem et casquette de loutre) soutenir, lui seul, le feu de l’ex-garde placée à la porte Saint-Martin, des coins de la rue Neuve-Saint-Denis et de celle Sainte-Apolline, depuis 1 heure de relevée jusqu’à 8 heures du soir, pendant lequel intervalle nous avons été témoins de son courage et de son adresse car chaque coup de fusil qu’il tirait faisait tomber un soutien du parjure et, nous l’avouons, à peine avait-il tiré, ne réfléchissant pas que les malheureux soldats n’étaient que les victimes des traîtres, l’élan patriotique nous faisait applaudir à leur mort. Nous le disons avec plaisir, c’est lui c’est Aulard, lui seul, qui a fait battre en retraite le camp de l’ex-garde placé entre la porte Saint-Denis et celle Saint-Martin. C’est donc à lui que nous devons une partie de notre gloire parisienne et de notre liberté. Aussi Gloire ! Honneur à Aulard !!! » Signé : Mennesson, L. demeurant 5, rue Sainte-Apolline ; Piougre, chaudronnier, demeurant 6, rue Neuve-Saint-Denis ; Berqunion ; Mathé, menuisier, demeurant 7, rue Neuve-Saint-Denis ; Devisse, demeurant 8, rue Neuve-Saint-Denis ; Fontolive, maître peintre, demeurant 5, rue Neuve-Saint-Denis ; Goupil, demeurant 4, rue Neuve-Saint-Denis ; Bouvier (bonnetier ? pannetier ?), demeurant 2, rue Neuve-Saint-Denis ; Saurel, demeurant 1, rue Neuve-Saint-Denis ; Cosset, demeurant 2, rue Sainte-Apolline ; Delforges ; Amette, limonadier, demeurant 4, rue Neuve-Saint-Denis ; Aulbœuf, Charles, demeurant 2, rue Sainte-Apolline ; Texier, demeurant 7, rue Sainte-Apolline ; Fouret, ancien huissier, demeurant 5, rue Neuve-Saint-Denis. Zimmer (voir Zimmer, Joseph), colonel chef d’état-major, lui délivra, 12 août 1830, le certificat suivant : « Je certifie que M. Aulard, qui a montré le plus beau zèle et le plus grand dévouement pour la cause nationale, a été attaché à l’état-major général de Paris le 29 juillet 1830 jusqu’à ce jour. » Un autre certificat était ainsi rédigé le concernant : « Je, soussigné, certifie que le nommé Aulard est un de ceux qui sont entrés les premiers dans le Palais-Royal, qu’il s’est porté du côté des appartements du duc de Chartres, que son unique occupation (sic) a été d’empêcher qu’on y commît des excès, qu’il a contribué à sauver la vie à plusieurs gardes royaux, cachés dans la loge du portier Mériel et que ce dernier lui-même n’a dû son salut qu’au courage d’Aulard, qui s’est mis devant le fusil dirigé sur lui. » Signé : Bonneau, conservateur du Palais-Royal ; Mériel, portier. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Son père, Aulard, Louis, Joseph, quand il tenta de faire valoir ses droits à la Croix de Juillet et non à la seule médaille qu’il avait reçue, présenta le certificat suivant, dans lequel le nom et la participation aux combats de son fils étaient mentionnés ; « Nous, soussignés, certifions que les sieurs Louis, Joseph Olard, ancien militaire, âgé de cinquante-cinq ans ; Pierre Aulard, son fils, ex-sous-officier au 2e chasseurs à cheval ; Jean, Antoine Deshayes, son gendre, ancien militaire et sous-chef aux constructions des armées et Jean, Antoine Deshayes, son petit-fils, âgé de quinze ans, se sont montrés dévoués à la cause nationale et n’ont pas quitté les armes pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet et que le sieur Deshayes a été blessé à côté du sieur Olard, son beau-père dans la journée du 29 à l’attaque du Louvre. » Signé le 9 août 1830 : Patin, propriétaire, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 20, rue Beaubourg ; Mery, marchand de vin, demeurant 13, rue Beaubourg ; Tournaillon, perruquier, demeurant 15, rue Beaubourg ; Panière Boucher, présent aux Tuileries le 29 juillet ; Chappuis, demeurant 77, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Bisson illisible, ex-officier de l’ex-garde impériale, demeurant 14e division à l’hôtel des Invalides ; Zimmer (voir Zimmer, Joseph), colonel chef d’état-major. En 1830, il fut nommé major commandant le 1er régiment de tirailleurs belges. Il adressa, en mars 1848, la lettre suivante à devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « Le soussigné Pierre Aulard, officier supérieur au service belge a l’honneur de vous exposer que depuis les services qu’il a rendus à la France en 1830 aux journées de Juillet, comme vous le verrez par les pièces ci-jointes, il croit avoir mérité la récompense qu’il sollicite : c’est d’être rappelé dans sa patrie et d’y être confirmé dans son grade. Dix-huit ans d’exil passés à l’étranger pour la cause républicaine !! Dix-huit ans d’humiliations et de dégoûts sont des considérants qui doivent militer en sa faveur. La position que la Belgique, ingrate, vient de prendre par ses armements hostiles envers la France lui font un devoir et un honneur d’offrir son épée à sa patrie. Il ose espérer que sa demande, toute patriotique et républicaine, sera prise en considération. » Il fut convoqué pour le 25 septembre 1848 devant la Commission des récompenses nationales mais ne se présenta pas. Il fut de nouveau convoqué pour le 2 octobre suivant ; la lettre de convocation fut retournée parce qu’inconnu à l’adresse indiquée du 11, rue Croix-des-Petits-Champs. Il était décoré de l’ordre militaire belge. Il demeurait 20, rue Beaubourg (30, rue Beaubourg mais par erreur in Archives de Paris VD6 371 n° 3 et Archives de Paris VD6 3) en 1830 ; 11, rue Croix-des-Petits-Champs en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 370 ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Olard, Louis, Joseph.

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